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OMOHIDE POROPORO (ONLY YESTERDAY/SOUVENIRS GOUTTE A GOUTTE)
Il faudra que cela soit reconnu une fois pour toute, Hayao Miyazaki n'est pas le seul génie à oeuvrer au sein du studio Ghibli. Superbement ignoré ou relégué derrière l'ombre du sensaï, les films d'Isao Takahata n'ont reçu les honneurs d'une distribution en salle qu'une seule fois en France dans un circuit restreint. C'était pour Le tombeau des lucioles en juin 1996. Pour tous ceux qui ont été touchés (difficile de ne pas avoir la gorge serrée) par ce poème funèbre, plaidoyer sans concession sur le combat de la vie en temps de guerre à travers le calvaire de deux enfants affamés, il est impossible de ne pas considérer son cinéma avec préciosité.
Car, contrairement à son collègue binaire
(Miyazaki), point de ciel ouvert transformé en poussière d'étoiles, de
ballets aériens gracieux portant vers l'infini. Le style Takahata est ancré
sur la terre ferme, se coltinant sans cesse à la réalité sociale d'une
époque (à l'exception de ses productions pré Ghibli dont le Horus, Prince du soleil - 1968 -
qui fut distribué en salle par Wild Side en début d'année). Ainsi, rarement
un dessin animé n'avait paru aussi juste dans l'expression de ses personnages.
Il faut voir la petite Setsuko se mettre à pleurer lorsqu'elle comprend que sa
mère ne survivra pas à ses blessures ; la précision de la gestuelle est
naturelle, les trais fins et s'il arrive à Takahata d'insérer des moments
oniriques qui arrachent subitement au réel, l'ensemble atteint au cœur de
l'humain une certaine idée de "la vérité de l'art". Contrastant avec beaucoup de précautions la civilisation et la campagne, Takahata creuse en filigrane le retour à des valeurs simples et enrichissantes, loin du stress des grandes villes. Sa nostalgie est moins lyrique et exacerbée que chez Miyazaki, mais introspective, se superposant en filigrane, telle des papillons apparaissant au détour d'un plan. A la veille du départ, Taeko fait une confession à Toshio dans l'habitacle de la voiture. La fragilité cristalline de leur relation naissante se rétrécit tout comme l'espace. Alors qu'arrive le moment du retour vers Tokyo, Taeko monte dans le train et se laisse porter une dernière fois par ses souvenirs. Cette séquence qui conclue Only Yesterday, est fusionnée au générique de fin avec la chanson The rose traduite en japonais par Takahata. Inoubliable final touchant droit au cœur, où vient se confondre, présent, passé et futur. Ce portrait de femme est un chef-d'œuvre intime, donnant l'impression d'avoir découvert et partagé avec candeur un très beau jardin secret. Cédric Gentaz
N'ayant fait l'objet d'aucune distribution en France, Only yesterday n'est disponible qu'en dvd zone 2 japonais, sous titré anglais, dans toutes les bonnes boutiques d'import. Image et son nickel, n'attendez plus pour découvrir cet écrin de sensibilité.
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