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LEGEND
OF ZU
Chine,
2001, de Tsui Hark, avec Ekin Cheng, Louis Koo, Cecilia Cheung, Zhang Ziyi, Samo
Hung...
Pitch : Diverses sectes martiales occupent la région magique de Zu. King
Sky est l'unique disciple du clamp Kun Lun, et tombe amoureux de son maître
Dawn. Mais cette dernière est tuée par la démoniaque Insomnia lorsqu'elle détruit
les montagnes de Kun Lun. King Sky attend pendant 200 ans et rencontre Enigma
qui est la réincarnation de Dawn, et retombe amoureux d'elle. Pendant ce temps
Insomnia prépare le Blood Clouds afin de détruire Zu. Il s'associe alors à
Red élève de Withebrows du clan Omei, afin d'affronter l'ennemie.
Le dernier empereur
Avant toute chose, cela doit être dit
clairement, Tsui Hark est le plus grand réalisateur hong kongais en activité.
Un homme mégalomane qui a contribué à redéfinir complètement le cinéma
chinois des années 80 - 90 en transcendant plusieurs fois le wu xan pian à
l'agonie (L'auberge du dragon, The Blade), en redorant le blason
des opéras chinois flamboyant et mélodramatique (The Lovers, Green
Snake), ne cachant pas son côté anar (L'enfer des armes), ou révisionniste
sur sa terre natale, grâce à la renommé international de la saga des Il était
une fois en Chine qui fera découvrir Jet Li. Après le culte du premier Zu, Les
guerriers de la montagne magique (1984, influence considérable sur des tribus
de cinéphile occidentaux dont un certain Georges Lucas), ce dernier créer sa
propre compagnie de production - distribution la Film Workshop qui verra la
naissance d'une nouvelle vague de cinéaste dont il est le chef de file, et ou
des artistes comme John Woo s'émanciperont sous sa gouverne au sein du studio.
Mais là ou John Woo aura réussi son intégration à Hollywood, il était
impossible à un homme comme Tsui Hark avide de contrôle de se plier aux
exigences d'exécutifs lui demandant de faire ses preuves alors qu'il a plus de
20 films au compteur et près de 25 ans de carrière à son actif. Le résultat
on le connaît, deux films avec Van Damme, Double Team, assez navrant, et Knock
off reussite démiurge très sous-estimé. Dans le même temps, Matrix
sort les écrans et fait découvrir tout une sous culture des arts martiaux
(combats câblés, acrobaties aériennes etc...) chorégraphié par un Yuen Woo
Ping expatrié, genre avant méprisé et aujourd'hui glorifié. Ang Lee démocratise
encore tout ça avec l'académique Tigre et Dragon, renforcent l'influence
majeur du Wu xan pian. En attendant Tsui Hark rentre en Chine avec la rage au
ventre. Alors que les figures de style qu'il a lui même créer sont aujourd'hui
copiés, que les icônes qu'il a contribués à établir sont au top de la
reconnaissance mondiale, que l'occident s'est ouvert en partie sur le cinéma d'extrême
orient, tout le monde ignore superbement le maître fou à qui on le doit en
parti. Preuve, pendant son exil, le cinéma hong kongais traverse une grave
crise créative et économique, voyant tous ses trésors cachés fuirent à
l'ouest. Hark retourne alors chez lui et il n'est vraiment pas content. Et avec
la rétrocession de Hong Kong, plusieurs nouvelles figures se sont imposés dont
Andrew Lau et son hypertrophié Stormriders.
Dans un premier temps il signe un polar apocalyptique et
prophétique. Son nom : Time and Tide, dans la continuité expérimentale
de Knock off il ne s'agit plus ici de dominer l'espace mais d'en
abolire ses limites par le biais d'une mise en scène hyper active, traversant
toute les matières ou paroi. Le récit sature et ne s'arrête jamais, tout est
mouvement, que ce soit un corps ou de simples paroles. Il ne compte pas en resté
là, assistant à une projection de Le menace fantôme de George Lucas, Hark
comprend que la révolution numérique lui permettra enfin de mettre en scène
ses rêves les plus fous, dont celui de donner une suite indirect au premier Zu
qui au fur et à mesure des années à perdu de sa superbe, pour ne pas dire
s'est ringardisé même. Soucieux de bien faire, le grand mamamushi s'entoure de
valeurs montantes tel Ekin Cheng, Cecilia Cheung et Zhang Ziyi, il demande aussi
à Yuen Woo Ping de revenir en Chine le temps de chorégraphier tout ça.
Courant 2001 la production est en route. Le travail de post production sera long
car le film est constitué à 90% d'effet infographique. Le résultat, après
une attente insoutenable, est à la hauteur de l'évènement, Legend of Zu est
du jamais vu sur un écran. Tsui Hark filme les dieux dans leurs demeures célestes
s'affrontant lors de combats homériques. Un age reculé de la Chine antique,
bourré de mythologie diverses, de multi religions et philosophie qui maintienne
l'univers en un tout (le Yin et Yang). Des divinités se questionnant sur
l'amour face au sens du devoir et l'engagement, la destinée. Le récit
s'articule autour de 3 grands axes : création, chaos, résurrection. Ca
fait à peine cinq minutes que le film à commencer que l'on voit le visage de
Dawn (Cecilia Cheung) partir en morceau après l'attaque surprise d'Insomnia.
Une portion au départ, puis son ensemble se désintègre sous les yeux de son
amant impuissant King Sky (Ekin Cheng), c'est beau et tragique. Et ce n'est que
le début...
Des scènes de cet acabit Legend of Zu en
contient des dizaines. Des moines bouddhistes empêchent le Blood Cloods de
s'emparer des corps des héros, avant qu'un saisissant zoom arrière pulvérise
en éclat les 3 montagnes, une petite fée perd une aile et un gardien amoureux
lui en confectionne une autre avec un pétale de fleur. Une idée à la seconde,
un rythme effreiné, une fusion moléculaire inter - média entre le manga, la
culture populaire chinoise, et les jeux vidéos. Hark ne cherche pas ici à se détacher
de ses esthétiques influentes (aucune recherche photo réaliste), il les intègre
complètement à la picturalité formelle de l'entreprise. L'impression soudaine
d'assister à une espèce de sacrement, de revenir à la pureté primaire d'une
naissance, celle du cinéma, et de tout emporter pour faire la révolution en
passant. Un maelström de couleurs et d'énergie, grand flux tendu ou plus rien
n'arrête l'œil, il infiltre chaque particule mouvante et voit tout
(l'affrontement contre les phantoms troopers se déplacent à la vitesse de la
lumière est anthologique). Il ne s'agit plus ici de savoir comme gérer
l'espace, mais d'en abolire ses limites et repères, puisque nous sommes à ciel
ouvert. Grâce au numérique la caméra accompagne les déplacements aériens de
ses gardiens sacrés lors d'actions que l'on pensait impossible à réaliser.
Dompter l'apesanteur est un trompe l'œil, s'orienter en est la clé. L'objectif
effectue des séries de zooms combinés à des rotations diverses impensables,
des panos et des changement d'axes d'une fulgurance inouïs. Entrelacent les
histoires personnels d'une multitude de personnages (au moins 7), sa démesure
dans tous les domaines en font une oeuvre d'heroïc fantasy majeur, condensé en
1h45 bigger than life. Une véritable renaissance créative pour Tsui Hark qui
emporte son médium vers des sphères inédites, de peintures transcendant la relative
simplicité apparente de son récit (lutte bien/mal) alors qu'il est bien plus. Débarrassé
du second degré du premier, ce second opus est traité avec un sérieux inébranlable,
sur le sens du devoir, l'amitié, la résurrection, le lien fétichiste entre le
sabre et l'âme (c'est l'épée qui définit qui l'on est, indissociable de
l'identité, du souvenir) ainsi que l'amour, celui qui hante, possède. Dans une
scène Thunder (Patrick Tam) descendu sur Terre met à l'abri sa bien aimé dans
une grotte, la fille d'un général joué par Zhang Ziyi. Malgré la force de
leurs attachement, chacun à sa tache à accomplir. Faire abstraction de ses
sentiments afin de sauver l'autre et les siens, c'est là le véritable pouvoir
qui déplace des montagnes (imagé à cet instant précis et soutenu par un
score épique grisant de Ricky Ho). Hark à lui déplacer l'univers, son envers
et son endroit, nos sens n'en ressorte pas indemne, l'œil hypnotiser à
traverser un ensemble, l'infini. On a cru que le cinéma du nouveau siècle
était né à l'ouest, tout faux ! Legend of Zu est une date, né
d'un visionnaire toujours incompris et peu reconnu du grand public. Tsui Hark à
depuis donner une suite à Black Mask, filmant cette fois ci des
catcheurs mutants sur un script de Julien Carbon et Laurent Courtiaud (ancien rédacteur
de Mad Movies), résultat parait il édifiant, un espèce de gros fuck à
la Columbia (société co productrice) qui a tellement honte de l'objet qu'il
est sortie direct to vidéo. Un fou qu'on voit dit, un fou... Cédric Gentaz
Cédric GENTAZ
Legend of Zu est pour le moment sans date de sortie aux mains du studio
Europa. Seul et unique moyen de le découvrir, se précipiter sur le dvd import
all zone, disponible sur le site www.cinemasie.com,
au prix cadeau de 19.50 euros. Le film est en vost anglais, avis aux amateurs.
Enfin le trailer concocté par Miramax est toujours dispo malgré la disparition
du site officiel (toujours non distribué aux USA), voici le lien afin de vous
faire une idée : http://www.apple.com/trailers/miramax/zu_warriors.html,
c'est sur que tout de suite c'est autre chose que Tigre et Dragon ou le Hero
anesthesique de Zhang Yimou.
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