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La 36° chambre de Shaolin

LA 36ème CHAMBRE DE SHAOLIN, RETOUR A LA 36ème CHAMBRE, LES DISCIPLES DE LA 36ème CHAMBRE
HongKong, 1978, 1980, 1985, de Liu Chia Liang, Avec Gordon Liu, Lo Lieh, Wilson Tong, Wang Lung-wei, Hsiao Hou...
Pitch : Face à l’oppression du peuple chinois par les Mandchous, le jeune étudiant Liu Yu-Te rejoint la résistance, jusqu’au jour où son activité est découverte, entraînant le massacre de sa famille et ses amis. Traqué par l’ennemi, Liu décide de rejoindre le temple de Shaolin dans le but d’y apprendre le kung fu. C’est avec difficulté qu’il se fait accepter par les moines qui, d’ordinaire, refusent de communiquer leur art aux laïcs. Rebaptisé San Te, le jeune rebelle entame un parcours initiatique qui passera par une série d’épreuves se déroulant dans 35 chambres…

 

"Un des meilleurs films de kung fu de tous les temps" (Quentin Tarantino)

    Louons d'abord la rigueur éditoriale de Wild Side qui va dénicher, avec un enthousiasme non feint, des perles inconnues de tous horizons, sans ce soucier du manque de profits à en tirer, désireux avant tout de combler quelques aficionados et cinéphiles ; bon, bien entendu, ces gentils messieurs ne bossent pas pour des cacahuètes ! Bonus intéressants, packing carton certes mais classieux, livret d'expert introductif et documenté passionnant. De Samuel Fuller (coffret Shock Corridor/Naked Kiss), à Fritz Lang (Le secret derrière la porte + box 5 dvd concernant Le Tigre du Bengale/Le tombeau Hindou), sans oublier celui dédié à Akira Kurosawa, ressuscitant des chambaras crépusculaires (Goyokin, Le sabre du mal) ou remettant sur le devant de la scène des réalisateurs déconsidérés comme Anthony Mann, la politique essentielle de cette petite maison n'est dorénavant plus à prouver.

    Profitant sûrement de l'éclosion curieuse qu'a engendré la vision de Kill Bill (Vol 1 ou Vol 2) sur des masses de spectateurs pour ses influences, Wild Side édite aujourd'hui un coffret d'exception pour sa rareté et sa richesse, constitué de 4 disques : trilogie La 36ème chambre de Shaolin + bonus. Le fameux Shaw scope qui ouvrait Kill Bill Vol. 1 n'était rien d'autre qu'un emprunt - hommage au célèbre et mythique studio Shaw Brothers, indissociable de l'histoire du cinéma hongkongais. Des milliers d'œuvres produites dont la plupart sont des wu xan pian (film de capes et d'épées) dont Chang Cheh reste son représentant le plus connu en occident avec le non moins célèbre La rage du tigre (The new one armed swordsman), considéré comme la quintessence éblouissante du film de sabre par Christophe Gans et Quentin Tarantino... rien de moins !
 
    Mais le kung fu pian n'est pas en reste car un certain Liu Chia Liang, véritable maître martial et arrière petit fils du légendaire Wong Fei Hung (oui, celui là même dont Tsui Hark a tracé les aventures dans les Il était une fois en Chine) va bientôt marquer une génération entière en voulant porter à l'écran en 1978 l'enseignement secret et peu connu des moines shaolins. Jusqu'à présent, Liu Chia Liang avait travaillé en étroite collaboration sur les chorégraphies commandées des productions de Chang Cheh. Il prit aussi son envol artistique en rendant hommage à Wong Fei Hung sur Le combat des maîtres. Enfin, il souhaita traiter d'une autre figure chinoise historique, le moine San Te. Bien entendu, le scénario ne suit pas avec fidélité la vie du véritable San Te. Ce qui comptait pour Liu Chia Liang était de transmettre les vertus martiales du kung fu, faire comprendre l'importance de l'engagement spirituel et tous les sacrifices qui en découlent. 

    Dans La 36eme chambre de Shaolin, c'est Gordon Liu (Liu Chia Hui de son vrai nom, frère adoptif du metteur en scène) qui fait ses débuts devant la caméra, imposant avec félinité et détermination le personnage. Aux USA, une poignée d'élus l'ont découvert dans une copie pan-scannée of course et dégueulasse sous le titre de Master Killer, ce qui vallu à Gordon Liu d'être connu là-bas sous ce pseudonyme amusant. L'action prend place pendant l'oppression du peuple chinois par les Mandchous, ce contexte politique étant une base-tremplin à toutes sortes d'affrontements (armés ou aux poings), bien que l'intérêt principal du cinéaste réside dans l'enseignement rigide du monastère Shaolin. Se forger le corps, l'esprit, les sens, l'entraînement anthologique couvre au moins les trois quarts du métrage et n'est jamais redondant, bien au contraire.
 
    Au fil de la vision de La 36eme chambre de Shaolin, le culte inébranlable qu'entretient le film continue de s'exercer avec une belle sérénité. Simple plaisir du revisionnage ou de la découverte, le charme agit dans les deux cas. La modestie des budgets est conservée par l'image tv et se trouve compensée par l'énergie dépensée. Malgré l'effet kitch qui l'atteint parfois, la valeur jouissive n'en demeure pas moins augmentée, aboutissant à de "l'immédiatement consommable". 

    Sa suite, Retour à la 36eme chambre (1980), reflète une évolution précoce vers la kung fu comédie, comme Jackie Chan saura l'instaurer au plan internationale bien des années plus tard. La technique hallucinante de l'échafaudage développée par Liu Chia Liang et Gordon Liu vaut cependant déjà ici à elle seule l'investissement. 

    Enfin le dernier, Les disciples de la 36ème chambre (1985), reprend une trame similaire au premier opus, guidé par l'interprète Hsiao Hou, dans un rôle de jeune rebelle horripilant qui gâche au demeurant pas mal ce troisième volet, pouvant de ce fait être considéré comme le plus faible de tous. La chose est bien dommage car le gigantesque affrontement final - véritable feu d'artifice - met en scène Liu Chia Liang lui-même. 

    Quant au 4ème disque, il est entièrement consacré aux bonus sur la Shaw Brothers, avec des images de tournages et pas mal d'intervenants. C'est du carburant "bis", sans ajout, ni conservateur, une trilogie fait avec panache et humilité qui donne envie de tirer des coups de tatanes et mandales à tout va. On ne va donc pas s'en priver. Cédric Gentaz

 

 

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