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Les superstars du nanar en
action ! (1ère partie)
En matière de films d'action
"bas de gamme", les chaînes de télévision non cryptées comme TF1,
France 2 ou M6 n'hésitent pas à s'offrir fréquemment les services de quelques
piliers du genre pour combler une deuxième partie de soirée ou même parfois
pour la case du 20h50. Charles Bronson, Chuck Norris, Jean-Claude Van Damme ou
Steven Seagal figurent parmi les plus illustres représentants aux États-Unis
du "nanar" dans le domaine du policier ou de l'aventure durant les années
80 et 90. Ce qui compte dans ces œuvres à budget modeste n'est sûrement pas
l'intrigue ultra banale ficelée par de pseudos scénaristes (de la lutte contre
des trafiquants de drogue à l'habituelle -mais toujours efficace- vengeance
personnelle), alors les scènes d'action se doivent d'être rondement menées à
renfort de fusillades et/ou de combats d'arts martiaux afin que le public peu
exigeant y trouve un agréable divertissement. Mais ce n'est pas tout: le
charisme du héros et la plastique de sa partenaire comptent pour beaucoup et là,
il faut bien avouer que le résultat n'est pas toujours à la hauteur (pour le
personnage masculin en particulier). Au final, on trouve des films souvent voués
à l'échec en salles mais qui parviennent à conquérir un nombre important de
spectateurs pendant leur seconde vie en vidéo et à la télévision. Les plus médiocres
d'entre eux sont d'ailleurs directement exploités en vidéo... Voici donc un
petit échantillon des "gueules" les plus familières rencontrées sur
le petit écran, à commencer par Bronson et Norris.
Le patriarche de cette famille de durs à cuire du nanar, qui officie souvent en
fin de soirée le dimanche sur TF1, n'est autre que Charles Bronson, né en 1920
et dont la longue carrière au cinéma débuta en 1951. D'abord obscur second
(ou troisième) rôle de westerns, il décrocha en 1958 le rôle principal d'une
série B célèbre de Roger Corman, Machine Gun Kelly (Mitraillette
Kelly), puis des personnages remarqués dans des classiques comme The
Magnificent Seven (Les sept mercenaires) et The
Great Escape (La grande évasion) de John Sturges, C'era
una volta il West (Il était une fois dans l'Ouest) de
Sergio Leone. Bronson devint enfin une vedette en Europe avec Adieu l'ami
de Jean Herman et Le passager de la pluie de René Clément. Il va
étendre sa nouvelle notoriété aux États-Unis et s'imposer avec Death
Wish (Un justicier dans la ville) de Michael Winner (1974)
où il incarne Paul Kersey, un simple architecte qui, après le viol de sa fille
et le meurtre de sa femme par trois loubards, décide de faire lui même le
travail de la police de manière expéditive. La morale contestable du film ne
l'empêche pas de remporter un immense succès au box-office. Charles Bronson
est alors l'une des dix vedettes les plus populaires aux États-Unis et poursuit
une carrière honorable et plutôt variée, du moins jusqu'en 1981, année où
il ne résiste pas à reprendre le rôle de Kersey dans le médiocre Death
Wish 2, pourtant toujours signé Michael Winner. Dès lors, établi dans
des trames sans surprise contenant ce qu'il faut d'action et de violence,
l'acteur ne sort plus du registre limité de justicier monolithique et dépourvu
de sensibilité dans lequel son public aime le voir mais qui ne lui laisse plus
l'occasion d'exploiter son réel talent. Policier en lutte contre un tueur fou
dans l'excessivement violent Ten to Midnight (Le justicier
de minuit) du vétéran Jack Lee Thompson (le réalisateur de The
Guns of Navarone/Les canons de Navarone tout de même !),
tueur à la retraite chargé d'assassiner un médecin fou (The Evil That
Men Do/L'enfer de la violence du même Lee Thompson),
garde du corps de la femme du Président américain (Assassination/Protection
rapprochée de Peter Hunt), policier en lutte contre une femme
psychopate (Murphy's Law/La loi de Murphy de Lee
Thompson) ou journaliste enquêtant sur un crime odieux (Messenger of
Death/Le messager de la mort de... Lee Thompson une
nouvelle fois), tout y est prétexte à user de la gâchette pour Bronson qui se
prête au jeu sans déplaisir apparent malgré le manque d'épaisseur de ses
personnages et des scénarii faiblards... Son âge plutôt avancé et la
disparition de sa femme Jill Ireland le font prendre ses distances avec les séries
B à partir de 1990 et sa prestation à contre-emploi dans The Indian
Runner de Sean Penn (1991) laisse présager un intéressant changement
de cap... Malheureusement, son dernier film en date se nomme... Death Wish
5 : The Face of Death (Le justicier : l'ultime combat)
d'Alan A. Goldstein en 1994, cinquième (et dispensable) aventure de l'inépuisable
Paul Kersey. Depuis, Charles Bronson, quasi à la retraite, a néanmoins tourné
une sympathique mini série, Family Cops, dans laquelle il joue le
patriarche d'une famille de... flics évidemment ! On ne se refait pas...
Dans la même catégorie de films d'action à petit budget, mais à la carrière
peu comparable avec celle de Bronson (qui eut tout de même le mérite de
tourner dans des films de qualité...), on trouve Chuck Norris qui fait les
beaux dimanches après midi de TF1 avec la série à succès Walker Texas
Ranger mais aussi parfois le dimanche soir très tard grâce à la
rediffusion des nombreux nanars cinématographiques du barbu expert en arts
martiaux. Né en 1940, il remporta nombre de tournois et fut entre autres sacré
Champion du Monde de Karaté dans la catégorie mi-lourds de 1968 à 1974 sans
jamais être battu. En 1969, nommé "Combattant de l'Année" par le
magazine spécialisé Black Belt ("ceinture noire"),
Chuck Norris débute au cinéma dans The Wrecking Crew (Matt
Helm règle son "conte") de Phil Karlson et, parait-il, aurait
balancé involontairement un sérieux coup à son partenaire Dean Martin et
l'aurait projeté contre le mur (le plus mauvais souvenir de tournage de Chuck...).
Ami de Bruce Lee, il tourne avec lui et sous sa direction Meng long
guojiang (La fureur du dragon) en 1973, resté célèbre
pour le duel final dans les ruines du Colisée. La suite est moins brillante:
peu disposé à faire la course aux Oscars, il se laisse entraîner dans des
films d'aventures souvent bien piètres ne présentant comme seul argument
commercial que la célébrité de Chuck venue des arts martiaux. Vétéran de la
guerre du Viêt-Nam dans Good Guys Wear Black (Le Commando
des Tigres Noirs) de Ted Post (1978) ou dans la trilogie des sous-Rambo Missing
in Action (Portés disparus 1, 2, 3 de 1984 à 1988, signés
respectivement Joseph Zito, Lance Hool et Aaron Norris, son fils), champion de
karaté vengeant sa femme assassinée dans The Octagon (La
fureur du juste) d'Eric Karson (1980), shérif en lutte contre un
monstre criminel dans Silent Rage (Horreur dans la ville)
de Michael Miller (1982), Texas Ranger (déjà !) face à David Carradine dans Lone
Wolf McQuade (Œil pour œil) de Steve Carver (1983) ou
policier dont la fille est kidnappée dans Code of Silence (Sale
temps pour un flic) d'Andrew Davis (1985), certains de ses films
rencontrent tout de même un certain succès qui lui permet avec l'honnête The
Delta Force de Menahem Golan (1986) de réunir à ses côtés des
pointures comme Lee Marvin, George Kennedy, Shelley Winters ou Hanna Schygulla.
Chuck Norris participera à la première des nombreuses suites bâclées du
film, réalisée par Aaron Norris en 1989 (Delta Force 2: Operation
Stranglehold), ainsi qu'à d'autres gros navets tels Firewalker (Le
temple d'or) de Jack Lee Thompson (encore lui !) en 1987 ou Top
Dog à nouveau réalisé par le fiston de Chuck (1996) où il tente en
vain de renouer avec le succès des tandems flic bourru/chien futé au cinéma.
La série Walker Texas Ranger arrive donc à point nommé en 1993
avec le succès qu'on lui connaît et dont le tournage se poursuit jusqu'en
2001. Mais pour un éventuel retour au cinéma de Chuck, cela s'avère bien périlleux.
En attendant, consolez-vous si vous possédez les chaînes du satellite, en
visionnant la pub (hilarante) de l'acteur pour un appareil de musculation, ça
vaut quand même le détour...
Rendez-vous pour la suite de cet hommage aux rois du nanar dans le film
d'action avec Jean-Claude Van Damme et Steven Seagal, également très présents
sur le petit écran et à l'honneur dans la 2ème partie de cet article... Emmanuel
Coll
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