■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ |
|
■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ |
PORTRAIT DE DEBORAH (KARA) UNGER Il faut être vraiment très fort pour avoir remarqué Deborah Unger dans cette daube insondable nommée Highlander 3 : The sorcerer d'Andrew Morahan (1994). Jouant les potiches uniquement destinées à satisfaire le repos du guerrier (en l'occurrence l'immortel -et très chiant- Duncan MacLeod), on ne gardait d'elle qu'un regard triste, destiné à rejoindre le grand enfer des actrices utilitaires du cinéma d'ac-tion : l'ANPE. Deborah Unger, née en 1966 à Victoria, au Canada, apparaissait pourtant déjà dans des films depuis1990. Préalablement, elle partit en Australie faire ses classes au sein du prestigieux National Institute of Dramatic Art et devint la première actrice du continent américain à y entrer. Dès 1989, elle apparaissait dans un téléfilm aux côtés de Nicole Kidman puis enchaîna divers rôles, toujours en Australie, avant sa première participation dans un film américain en 1992 (Whispers in the Dark/Intimes confessions de Christopher Crowe). Après une série (Hotel Room de David Lynch), un téléfilm (States of Emergency de Leslie Linka Glatter) et le triste Highlander III, le film suivant auquel elle participa fut Crying Freeman de Christophe Gans (1995). Pas la peine, néanmoins, de la chercher au générique, elle ne s'y trouve pas. elle fut embauchée par le cinéaste pour doubler en anglais l'héroïne, Julie Condra, visiblement déficiente. Le personnage de Emu O'Hara étant essentiellement présent dans l'action par l'intermédiaire de sa voix -elle compte l'histoire en off- il n'est pas idiot de prétendre qu'il fut composé grâce aux deux actrices, l'une devant satisfaire l'œil du spectateur, l'autre son oreille. Avec sa voix grave, sensuelle et profondément mystérieuse, Deborah Unger nous fit rompre les os. Choix de génie, David Cronenberg l'employa en 1996 dans son phénoménal Crash. Incarnant Catherine Ballard, Deborah Unger se mit au diapason du casting, poussant l'underplaying dans ses derniers retranchements bressoniens : regard vide, voix monocorde, jeu a-psychologique. Racontant une sodomie dans un style pornographique mais sur un ton d'une froideur glaçante ou subissant les assauts sexuels de Vaughan (Ellias Koteas) avec un détachement troublant, elle y était tout simplement fantasmatiquement fabuleuse. Quelques mois plus tard, à Deauville, nous la croisâmes à nouveau (nommée désormais Deborah KARA Unger) dans un film indépendant américain attachant : No Way Home de Buddy Giovinazzo. Elle y incarnait un strip-teaseuse (mal) mariée et basait encore son jeu sur une plastique diaboliquement belle et un détachement à la frontière de la fascination et de l'inquiétude (les deux étant de toute manière inextricablement liées). tout en étant absolument parfaite, il était légitime de s'interroger sur ses capacités de comédienne. Cette distance frappante qu'elle apposait à tous ses personnages était-elle le produit d'une véritable composition ou masquait-elle une pauvreté de jeu ? Les deux, visiblement, mais avoir un répertoire limité n'a jamais été une tare. Clint Eastwood ou Sylvester Stallone, deux acteurs pourtant fabuleux, le savent bien. L'aura se dégageant d'un corps d'acteur est autrement plus importante. Or, Deborah Kara Unger dégage un magnétisme considérable. La retrouver dans The Game de David Fincher fut donc une joie sans contrepartie. Bien que nantie d'un second rôle relativement limité (en gros, la femme fatale), elle imposa pour la première fois un humour salvateur et une décontraction réjouissante. Depuis, elle incarne des rôles de plus en plus divers, permettant à son physique comparable à celui des actrices hollywoodiennes des années quarante, d'explorer de film en film tout le spectre de son talent. Tout le mystère de Deborah (Kara) Unger se trouve peut-être bien dans son nom même : le prénom, Deborah, cristallise une beauté blonde, parfaite mais glacée. Unger -Hunger- désigne un mangeur, un prédateur. Son nom évoque, à lui seul, le combat entre Eros et Thanatos. Avec sa plastique parfaite lézardée par ce visage mélancolique et cette voix d'outre-tombe, Deborah Kara Unger incarne magnifiquement, par son seul être, cette dualité vertigineuse entre la pulsion de vie et la pulsion de mort. Nicolas Rioult
retour sur la filmographie de David Cronenberg. Découvrez ou retournez sur la filmographie de Deborah Kara Unger. Retour sur l'article consacré à Crash.
|
■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ |
|
■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ Copyright © 2004 - Tous droits réservés : Siteducinephile@aol.com
quelques sites pour poursuivre la route www.filmdeculte.com Hkcinemagic http://analysefilmique.free.fr www.revue-eclipses.com Écrans pour Nuits Blanches
|