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THE TERMINAL (LE TERMINAL)
Life is waiting
L'incroyable faculté avec laquelle l'évocation
du simple nom de Steven Spielberg suffit à ranimer les vieilles
rengaines, les sempiternelles raccourcis prompts à dispenser serments et
litanies, est édifiant. Ce serait oublier un peu vite les dernières oeuvres livrées par le
maître : A.I.
dont le terme de chef-d'œuvre ne suffit plus, Minority
Report, film d'anticipation chimérique maladif qui a déjà
fait école (I Robot)
et Catch Me If You
Can, comédie classieuse à la Howard Hawks imprégnée
fortement d'un vécu personnel. Un triptyque qui avait permis au cinéaste de
s'aventurer sur un passionnant territoire d'exploration mais qui vient
de subir un revers de médaille prévisible pour ceux qui se contenteront de
s'arrêter devant la surface naïve et "bonbon" du film.
The Terminal
doit être vu comme une fable humaniste légère d'un microcosme
communautaire, en droite ligne de celle de Franck Capra. Une
respiration dans la carrière de Spielberg. Transposition avouée mais
habile de l'histoire d'un réfugié iranien ayant vécu de nombreuses années
à l'aéroport de Roissy, le film peut se poser comme l'antithèse parfaite de
Catch Me If You Can,
puisque ici les autorités ne cherchent jamais à attraper quelqu'un mais à
le garder captif. Le terminal devient alors un passage de transit, lieu
de repli se suffisant à lui-même, avec ses peines et ses aspirations.
S'installe ensuite un espace de ludicité entre Viktor (Tom Hanks) et
Frank (Stanley Tucci), le directeur en chef de la police de l'aéroport qui ne
cessera d'observer ses moindres faits et gestes à travers ses écrans de contrôle
(ce qui nous renvoie d'un coup à une certaine télé réalité) !
Le côté romantique, servant à travailler le thème moteur de l'œuvre par
vagues, apparaît en filigrane
avec la belle Catherine Zeta Jones (pour ceux qui en doutait encore, Spielberg
sait incroyablement mettre ses acteurs en valeur), hôtesse de l'air qui ne
cesse de courir après un amour illusoire, espérant un coup de fil
depuis 15 ans. Viktor poireaute neuf mois avant de pouvoir enfin découvrir New
York et tenir la promesse faite à son père (on sent une attache
personnelle du metteur en scène lorsque l'on sait l'influence qu'a eu son patriarche
sur sa construction intime). Lorsqu'il arrive devant le jazz man, ce dernier
lui demande d'attendre poliment la fin du concert, ne se doutant pas que
l'attente dure depuis près d'un an pour une simple signature. Moins naïf
et charmeur qu'on veut bien le laisser croire (faux happy end), The
Terminal est tout simplement une parabole douce amère sur un certain
sens de la vie. Comme le dit l'affiche américaine du film, "life is waiting". Tu l'as dit Spielby. Cédric
Gentaz
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