|
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
| |

THE PUNISHER
U.S.A., 2003, de Jonathan Hensleigh, avec Tom Jane, John Travolta, Rebecca Romijn-Stamos, Laura Harring, Samantha Mathis, Will Patton...
Pitch : Frank Castle, agent du FBI, décide de prendre sa retraite après une ultime mission. Lors de cette dernière infiltration, le fils de Howard Saint, magnat de la pègre à Miami, est tué. Saint est persuadé que Castle est responsable de la mort de son fils : il tue toute la famille de ce dernier lors d’une réunion privée. Seul Frank en sort vivant. Ivre de vengeance à son tour, Castle devient le Punisher. Il organise sa propre contre-vendetta. Mais Castle conservera t-il son âme et sa santé mentale ? Peut-être doit-il penser à reconstruire sa vie...
Tu tires ou tu causes ?
Jonathan Hensleigh, scénariste versatile
aussi brillant (le gigantesque Die Hard 3 de John McTiernan) que beauf
(Armageddon
de Michael Bay), a enfin pu réaliser, à force de supplier haut et fort, son premier
long métrage. Alors qu'il avait vu la réalisation de Hulk lui
passer de peu sous le nez, il s'est immédiatement ateler à la transposition d'un autre comics Marvel,
The Punisher. En ce moment, on le
sait, les supers héros font recette au cinéma. Jugez plutôt de l'excellent Spider-Man de Sam Raimi (suite prévue le 14 juillet chez
nous), au franchement dégelasse Daredevil, en passant par les
X-Men
timidement lancés par Bryan Singer. Hensleigh avait alors promit un vrai polar
nerveux, dans la continuité des origines comics du héros Frank Castle. Dans l'Amérique
reaganienne des années 80 prônant l'autodéfense, The Punisher
prend d'assaut le
sommet des hits. L'ultra libéralisme qui se répand à l'époque, comme les
paroles du bon Dieu, trouve un écho particulier au sein de la série où notre
vengeur explose dans le tas sans état d'âme (enfin si, mais lui, bien entendu,
c'est le gentil torturé dans l'affaire) les dealers, les mafiosi, la petite
délinquance... en bref, pas de distinction, justice est faite radicalement.
On en attendait pas moins du film, un gros morceau réac',
moralement sale, mais jusqu'au-booutiste dans la veine rageuse et hard boiled
du matériel d'origine. A vrai dire, on aurait fait l'impasse sur les tenants
fachisants (ridiculement absurde aujourd'hui, quoique avec le gouvernement US actuel
!), pour ce concentrer sur la psyché de ce maniaque de la chasse à l'homme imperturbable,
du Charles Bronson puissance 10. Cependant, Hensleigh a lamentablement tout foutu en
l'air. Pire, il construit sciemment ou en connaissance de cause un produit bien
propre (adieu l'extrémisme jouissif de la bd), feignant et démago, pour être
sûr de
ne choquer personne. On se demande encore comment The Punisher
a pu se goinfrer une interdiction aux moins de 16 ans en France, tellement la salle était
morte de rire durant la moitié de la projection. Ceux qui paient leur billet en pensant voir
un justicier, dessoudé du gangsters comme d'autres font des strikes au bowling,
peuvent poliment l'avoir profond dans l'os. Frank Castle, "il tire pas, il
cause". Bon, chez Tarantino, ça parlemente aussi avec entrain mais avec une classe
dandy inébranlable, sans perdre de vue le fil conducteur, la vengeance bordel !
The Punisher a mieux à faire que
de vider des cartouches, il
se saoule les trois quarts du temps au whisky, met en place des combines "cour
de récré" pour retourner les méchants entre eux. Il va bouffer chez ses voisins
side kicks (3 quand même, au-delà de la moyenne rompus à ce genre de
production), se fait chanter une p'tite chanson dans un fast food miteux, éparpille
du fric blanchi en centre ville pour énerver un John Travolta bien crispé de
peur qu'une de ses mèches folles lui passe devant les yeux. C'est un vrai soap
bien emmerdant ! Notre dose d'actions méchantes est ici virtuelle, inexistante, évaporée entre les
coupes de charcutiers bourrées de faux raccords inacceptables sur un blockbuster
si consensuel qu'il a forcement dû passer l'épreuve crash des screentests.
Hensleigh surligne grassement par deux fois qu'il tente d'emballer un western
moderne (face à son sujet, à côté de la plaque) et ce n'est véritablement
que sur le dernier plan du film que le vrai Punisher commence, prêt dorénavant
à botter le cul d'écervelé à tour de bras. Comme le héros se l'avoue enfin
à lui même : "Frank Castle est mort, je suis maintenant le Punisher."
Dommage que cet éclair de lucidité se pointe après deux heures de calvaire et
de nabab. Cédric Gentaz
| |
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
|