CINÉMA

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THE PHANTOM OF THE OPERA (LE FANTÔME DE L'OPÉRA)
U.S.A., 2004, de Joel Schumacher, avec Gerard Butker, Emmy Rossum, Patrick Wilson, Miranda Richardson, Minnie Driver, Ciaran Hinds...
Pitch : Depuis qu'elle réside à l'Opéra, chaque nuit, la jeune Christine entend la voix d'un ange mystérieux qui l'a choisie pour muse. Ce fantôme, un génie musical défiguré qui vit reclus dans les souterrains labyrinthiques de l'édifice, est aussi protecteur avec elle que redoutable avec tous ceux qui s'opposent à sa volonté. Un soir, parce que la diva en titre a été victime d'un étrange accident, Christine la remplace et son talent se révèle devant une foule enthousiaste. Sous le charme, le Vicomte Raoul de Chagny tombe éperdument amoureux d'elle. Entre les deux jeunes gens naît une idylle, ce que le fantôme ne supporte pas...
 
 

La menace fantôme

 
    Les dernières comédies musicales assénées sur les écrans n'ont pas trouvé grâce aux yeux de notre rédaction. En 2001, Baz Luhrmann avait accouché de son bâtard Moulin Rouge, fer de lance de l'école MTV, long clip dégénéré assourdissant. Deux ans plus tard, ce ne fut guère mieux avec le nauséabond et oscarisé (les membres de l'académie doivent avoir du purin dans les yeux) Chicago de Rob Marshall, tambouille fade et mondaine au nombrilisme affiché. 
 
    C'est reparti en ce début d'année 2005 avec du lourd. Joël Schumacher, responsable il n'y a pas si longtemps d'un Phone Game bien puant, s'est associé à Andrew Lloyd Weber afin d'adapter la fameuse pièce de Brodway, Le Fantôme de l'opéra, d'après l’œuvre de Gaston Leroux. Un projet que Schumacher nourrissait accessoirement depuis 15 ans. Le metteur en scène était surtout intéressé par le côté fleur bleu de la chose et en rien horrifique. 
 
    Si le résultat ne démérite pas en comparaison des deux étrons cités plus haut, il faut reconnaître que la légendaire pachydermie de son auteur a encore frappé. Plus que tout, c'est sa construction narrative piège qui fait défaut (une quasi unité de lieu, un espace-temps très mal géré). Le fantôme de l'opéra est un music-hall plus qu'un film, non parlé, mais chanté d'un bout à l'autre, qui en atténue ses plus beaux atouts (pas de mystère, de chausse-trappe propre à son environnement). L'on se confronte à un marasme cacophonique continu où l'auditoire aura bien du mal à produire du sens, tant la répétition des situations et des « lyrics » est de mise, au point d'en diluer tout effet émotionnel.
 
    Pourtant magnifiquement photographié, d'une façon romantique (la loge de l'héroïne, la chapelle) mais aussi gothique (le cimetière, la caverne), le film de Schumacher ne trouve hélas jamais de trouée pour oxygéner son récit, laisser vivre ses personnages en dehors des planches. La présence du fantôme n'est ainsi pas ressenti comme vrai danger potentiel car trop élipsé. Symptomatique des maux de son réalisateur, Le fantôme de l'opéra voudrait être ce grand film costumé tragique, il reste pourtant dans l'ombre de ses prétentions. Pris en tenaille entre un manque évident de risques, parfois pantouflard et sans relief, telle la séquence sur le toit, le film flirtent une fois n'est pas coutume avec les travers emphatiques et pénibles de Schumacher (lors du bal costumé ou de l'explosion de l'opéra). Sincère désillusion au final qui inspire plus la pitié que le dégoût ou l'émerveillement. Cédric Gentaz
 

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches