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THE DAY AFTER TOMORROW (LE JOUR D'APRÈS) En pleine tempête Roland Emmerich n'est pas un réalisateur particulièrement apprécié au sein de la rédaction. D'origine allemande, il réussit sa percée aux États-Unis en se coltinant au cas "Jean Claude Van Damme" (limite un passage obligé) avec l'honnête série B Universal Soldier. En 1994, il signe son meilleur fleuron de science fiction avec Kurt Russell, Stargate la porte des étoiles. Mais voilà qu'un an plus tard, la belle promesse vole en éclat devant Independance Day. Écrit à quatre mains avec son compère Dean Devlin, ID4 est la grosse boursouflure beauf et réac' que l'on sait. Avec son président partant botter le derrière des aliens dans son F16, le film est lamentablement prolixe dans son discours demandant à toutes les nations de se réunir sous la bannière étoilée le jour de leur indépendance. Ce qui débouche sur un produit "fast food", ouvrant la perspective d'un cinéma uniforme et poli à la mondialisation. Mais le père Roland ne s'est pas arrêté à cette
pantalonnade. Godzilla est en effet véritablement son plus gros projet honteux. Remake à peine camouflé du
Monde Perdu de Steven Spielberg, Emmerich va piller un mythe fondateur du
cinéma japonais, créé par Inoshiro Honda en 1954, et trahir l'essence même du monstre, sa raison d'être.
Emmerich n'aura décidément pas compris que Godzilla
représentait, à l'époque de sa sortie, la peur de la bombe l'atomique, l'extériorisation d'un traumatisme de toute un peuple ("les géants de feu" qui
s'abattirent sur Hiroshima et Nagasaki en 1945). Film catastrophe aux poncifs balisés (prévention - désastre - sauvetage), la mise en scène est en mode automatique, reproduisant des échelles de cadre ad nausem (plan large - mouvement circulaire), que ce soit lorsque des tsunamis engouffrent New York ou des cyclones détruisent le cœur de Los Angeles. L'image envahie par le numérique à outrance est dévitalisée (grain absent, fadeur photographique). Dès sa séquence d'ouverture sur un iceberg prêt à rompre, le rendu fait clinquant, presque une démo technique - clinique. Pour combler son film entre ses moments de bravoure, Emmerich filme ses personnages sans audace, mais sans paresse non plus. A défaut de trouver du vrai rentre-dedans (on nous avait promis une oeuvre contestataire !!!!!!!!!!), la bonne conscience libérale reste intacte (dady à la rescousse et hop au bercail). Le revirement final du vice président remerciant les pays du tiers-monde d'avoir ouvert leurs frontières aux populations du Nord est un brin utopiste. On perd ainsi en efficacité narrative ce qu'on a gagne en gauchisme... dans le cas d'Emmerich, ce n'est déjà pas une mince affaire. Sans rigoler, The Day After Tomorrow est le rejeton le plus inoffensif de son auteur, tout en étant le plus engagé politiquement, ici sur le problème du réchauffement de l'environnement (limite Ushuaïa Nature). Un cri d'alarme noyé dans un blockbuster estival calibré (c'est sûr, ce n'est pas du Miyazaki) vaudra toujours mieux qu'un track propagandiste imposé. Cédric Gentaz
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