CINÉMA

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THE BOURNE IDENTITY (LA MÉMOIRE DANS LA PEAU)
U.S.A., 2001, de Doug Liman, avec Matt Damon, Franka Potente, Chris Cooper, Clive Owen, Brian Cox, Adewale Akinnuoye-Agbaje...
Pitch : La mer trimbale un corps inanimé à quelques kilomètres au sud de Marseille. L’Aventura, un petit bateau de pêche, le repère et le hisse à bord. L’homme est inanimé et deux balles ont perforé son dos. Il se réveille sans avoir la moindre notion de son identité, de ses activités antérieures et des circonstances dans lesquelles il a été blessé et jeté à la mer. Le temps passe et l’individu se surprend à parler couramment plusieurs langues, à posséder d’étonnantes capacités d’observation et à maîtriser parfaitement les techniques de close-combat. D’où lui viennent ces dons mystérieux, quel est son passé ? Sitôt débarqué, l’inconnu part à la recherche de son identité, suivi à la trace par une mystérieuse organisation...

 

Spy kid

    S’il contourne les postulats post onzeseptembresques, The Bourne Identity (La Mémoire dans la Peau) condense en deux heures tous les tics high tech qui ont imposé la nouvelle donne dans le cinéma d’action, de Mission : Impossible à Matrix. L’emprunt apparaîtrait presque le stimulant d’un film qui bâtit un pont entre ficelles éprouvées du récit d’espionnage et télescopage moderne. Dégraissé à l’extrême, son synopsis se superpose à celui de The Long Kiss Goodnight (Au revoir à jamais, 1996), à la marge près que Doug Liman en offre la version ludique et masculinisée.

   Trêve de remarques : toute cette armada n’entache en rien le plaisir procuré par The Bourne Identity, plaisir explicable qui n’a rien d’un (heureux) accident. Le précédent long métrage de Liman GO (1999), assez sous-évalué, s’immisçait déjà dans un genre tout aussi référencé : le film d’adolescents. Au final, dix minutes de joie gratuite, qui consolidaient une excellente carte de visite déposée dans la boîte des studios. Le savoir-faire était probant lors d’une course poursuite en voiture (reprise et amplifiée de manière magistrale dans The Bourne Identity) même si la croyance n’opérait qu’à moitié.
   Catapulté à la tête d’une production plus lourde, Liman tourne avec soin et fraîcheur, au mépris de l’unique vraisemblance. Étant donné les trous d’une histoire racontée par morcellements (puisque le protagoniste, amnésique, ignore son passé), on ne peut croire qu’en l’action, abordée comme un jeu de piste et de rôle (d’où les plans en caméra subjective). The Bourne Identity se déroule avec le sentiment constant de la découverte : d’un héros, d’une ville, de figures clichées mais amenées sans lourdeur. Le personnage de Liman, en quête de souvenir et d’identité, constate lui même ses prouesses physiques et, à un degré annexe, son aptitude à se fondre dans un climat de suspicion paranoïaque. Comme si un étudiant américain, séjournant à Paris, réalisait son statut de super-espion à la solde de la CIA.

   Dans le rôle titre, Matt Damon devient le Tom Cruise de Mission : Impossible. La rapidité, l’exactitude gestuelle et corporelle sont indispensables pour investir un lieu, en sortir et, souvent, le détruire. Tous les sites sont montrés pour leur apport fictionnel mais aussi pour leur photogénie, parce qu’ils font cinéma. L’agent Bourne s’y faufilera sans mal. La spontanéité rendrait la chose inédite, emportant l’ensemble dans une excitante boulimie de cinéma. Gautier Denneulin

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches