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ORDO 
France, 2004, de Laurence Ferreira Barbosa, avec Roschdy Zem, Marie-josée Croze, Marie-france Pisier, Yves Jacques, Scali Delpeyrat, Hélène Patarot...
Pitch : Ordo Tupikos, la trentaine, s'est engagé dans la marine. Il mène volontairement une vie paisible et retirée du monde. Un jour des compagnons de régiment voient une photographie de lui dans un magazine people. Il y est présenté comme le premier mari de Louise Sandoli, une jeune star du cinéma français. Si Ordo se rappelle d'Estelle, une fille qu'il avait épousée quand elle avait seize ans, il ne la reconnaît pas dans la comédienne. Il décide donc de prendre des congés pour enquêter. Il se rend à Paris et cherche à contacter Louise via son agent. Rapidement, elle l'invite à la rejoindre dans le sud, où elle tourne un film...

 

Hors d'eau

    Et pourtant, tout avait bien commencé. Pour nous du moins, spectateurs, puisque le narrateur et protagoniste du quatrième film de Laurence Ferreira Barbosa (après Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnels, J'ai horreur de l'amour et La vie moderne), Ordo (Roschdy Zem qui écrase d'un revers de manche tout le reste du casting) entamait avec une fougue déraisonnée son récit, passant en revue les différents déboires de sa vie passée (multiples mariages calamiteux, errance professionnelle) avant de se poser dans la carrière de marin. Cette longue séquence d'ouverture, menée tambour battant, laissait présager une adaptation originale du roman de Donald E. Westlake. Mais un long passage à vide (l'ellipse du récit) surgit alors, renvoyant Ordo à plonger dans le souvenir de sa vie passée en dilatant l'instant présent ; apprenant en tombant sur un magazine pour pré-ménopausée, post-divorcée ou militaire frustré que son ancienne épouse, prénommée Estelle, s'avérait aujourd'hui être Louise Sandoni, actrice de cinéma aussi creuse que star, il désire connaître le fin mot sur cette identité et prend une permission pour éclaircir l'affaire.

    Comme un bateau abandonné par la mer, le film commence alors à sombrer ou à filer un mauvais coton. L'on pénètre dans la vie "cinématographiée" de Louise Sandoni et à la rencontre, côté coulisses, de ses amis et collègues de plateau, tous aussi faux que courtisans. Ferreira Barbosa s'empêtre autour de la question identitaire à travers l'interrogation d'Ordo : qui suis-je si quelqu'une que j'ai aimée a tant changé ? Prouvant qu'Estelle et Louise sont bien la même personne, la réalisatrice s'amuse pourtant à choisir deux actrices différentes. La patience d'Ordo fait long feu et conduit le spectateur à s'impatienter.

    Tenté au départ d'endosser le costume d'un autre lui-même pour se mettre au niveau de la transformation d'Estelle en Louise, Ordo se départit facilement du mauvais scénario auquel il ne peut accepter de participer. Il s'en va mais ne laisse aucune trace sur ceux qu'il a rencontrés (le petit monde parisianiste incarné par l'équipe du tournage où se rend régulièrement Louise). En bref, dans un monde creux ou marin et malgré sa vie rocambolesque (première séquence qui restera le sommet du film), Ordo n'existe pas, pas plus que son ancien amour devenu l'objet à photographier et à afficher en celluloïd. 

    Désireuse de s'appuyer sur le thème du (faux) changement et par la même occasion sur le retour du refoulé, Ferreira Barbosa réalise un film hybride (l'alliance Franco-portugo-canadienne est manifeste dans le générique) qui ressemble davantage à celui d'un homme qu'à la main ou au regard d'une femme pourtant habituellement souvent plus fine. Lorsque en fin de parcours, Ordo s'en retourne en mer, le spectateur avale, lui, la dernière tasse. Michel Marques

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches