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YEOJAN-NEUN NAMJA-UI MIRAE-DA (LA FEMME EST L'AVENIR DE L'HOMME)
La circulation des signes A la fin de Turning Gate, Hong Sang-soo nous abandonnait au seuil de la fameuse porte tournante qui hantait son film et son protagoniste. C'est également devant une porte (celle d'un jardin permettant d'accéder à une maison) que l'intrigue de La femme est l'avenir de l'homme commence. Le raccord est donc patent. Deux amis s'y retrouvent. L'un (Munho) vit dans la maison et est professeur en université, l'autre (Hunjoon) s'en revient des États-Unis où il est devenu cinéaste, même s'il ne semble encore avoir réalisé aucun film. Munho n'accorde pas à son prétendu ami l'accès à la maison. Les bases de leur relation nous sont donc établies, elles conserveront durant toute l'intrigue ce rapport de lutte et d'échange. Munho et Hunjoon coucheront d'ailleurs avec la même femme sans s'imposer davantage l'un que l'autre. Hong Sang-soo filme l'exercice des relations sexuelles exactement comme il l'avait fait dans Turning Gate. En faisant l'amour, les membres de ses couples n'échangent rien mais soulignent leur égoïsme et solitude, l'un allant difficilement sans l'autre. La femme est l'avenir de l'homme développe un échange pervers. Lorsqu'au début du film, Hunjoon apprend de la bouche de celle qui semble être sa petite amie qu'elle a été violée avec un semblant d'acceptation, il va procéder à ce qui pourrait s'apparenter à une cérémonie. Tout d'abord en lui lavant le corps, le sexe en particulier, puis en lui faisant (besogneusement) l'amour pour "la purifier". Peu de temps après, c'est son ami, Munho, qui couchera avec elle. La mise en scène et le montage temporel (plusieurs flash back) mélangeront finalement les rôle des deux personnages. L'un prend la place de l'autre tant psychologiquement que dans la place des plans. L'avant et l'après ne font qu'un. Cinématographiquement parlant, Hong Sang-soo sanctifie ce va-et-vient par l'utilisation de panoramiques systématiques. La grande leçon du metteur en scène se joue dans ses cadres. Après un premier panoramique, Hong Sang-soo s'ingénie à occuper l'espace de son plan tant par ses personnages que par leur parole. Dans un deuxième temps, le travail consiste à vider le cadre, le débarrasser de sa substance afin d'aboutir à l'impossibilité de toute relation constructive. Un dernier panoramique ferme généralement la marche, refermant le cercle sur lui-même. Avec le même soin, le réalisateur a narrativement recours à l'utilisation d'objets ou la circulation de signes pour atteindre le signifiant. Il avait déjà pratiqué la chose en faisant circuler une phrase ("Même si c'est difficile d'être humain, essayons de ne pas devenir des monstres), tel un leitmotiv, dans Hong Sang-soo a vraiment la maîtrise de ces éléments porteurs de sens. Il ne lui reste finalement plus qu'à faire l'effort de nous raconter des histoires intéressantes puisqu'il tourne à nouveau avec La femme est l'avenir de l'homme en rond. Quant à ses références occidentales et principalement françaises (voir cette fois le titre du film), elles vont finir par passer pour un snobisme de trop. Ses références musicales procèdent du même défaut. Hong Sang-soo ne peut-il s'affirmer comme un réalisateur coréen ? C'est tout de même le moins que l'on puisse attendre de lui ! Michel Marques
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