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DON'T SAY A WORD (PAS UN MOT)
U.S.A., 2001, de Gary Fleder, avec Michael Douglas, Sean Bean, Brittany Murphy, Famke Janssen, Oliver Platt...
Pitch : Psychiatre new-yorkais réputé, le Dr Nathan Conrad est prié un soir de voir Elisabeth Burrows, une jeune internée, rescapée d'événements où se mêlent violences inexpliquées, stigmates de mauvais soins et erreurs de diagnostic. Plus tard, il découvre que sa petite fille de huit ans a été kidnappée par des gangsters sans scrupules. S'il veut la récupérer saine et sauve, Nathan doit s'arranger pour extirper un nombre à six chiffres de l'esprit dérangé d'Elisabeth. Mais celle-ci ne veut rien dire à personne.

 

Et la psychanalyse... bordel !

    " La vraisemblance, déclarait en substance Hitchcock, je lui tords le cou ". C’est à cette phrase du grand Alfred, et à plusieurs de ses chefs-d'œuvre, que les commanditaires de Don’t Say a Word (Pas un mot) ont dû songer. Le film repose sur le principe de l’échange ; s’il veut revoir sa fille vivante, le docteur Nathan Conrad (Michael Douglas) doit, en une journée, découvrir une combinaison enfouie dans l’esprit torturé d’une patiente et livrer le code aux très méchants kidnappeurs.

    Dans la dernière partie, les personnages se retrouvent dans un cimetière pour percer un cercueil. Cet épisode résume bien  Don’t Say a Word qui, à bien des égards, ressemble à un pillage de tombes éhonté. Le postulat de base constitue un décalque de L’homme qui en savait trop. Puis, tour à tour, le film va s’inspirer de Fenêtre sur cour - les héros se voient surveillés en permanence, la femme de Conrad (Famke Janssen, sous-utilisée) a une jambe dans le plâtre - de La nuit du chasseur (l’idée de la poupée comme cachette idéale) et de M. le maudit (le ballon, symbole de l’enfant en danger). Rien que ça ! Le tout baignant dans une ambiance hivernale inquiétante, héritière d’Ennemi d’état, sur laquelle se greffe une utilisation immodérée du téléphone portable.

    Tous ces emprunts ne seraient a priori guère répréhensibles si la production témoignait d’une certaine modestie. Or, elle est alourdie par l’intrusion de la psychanalyse.  Don’t Say a Word introduit un traitement psychanalytique pour le moins grossier : au cours de la chasse poursuite, la patiente, aidée du docteur Conrad, devra revenir sur les lieux d’un traumatisme passé, mettant en relief l’effacement de la figure paternelle tant chérie, pour se remémorer la fameuse combinaison qui est le point de départ du drame. Devant cette thérapie express mâtinée de thriller sans suspense, le cinéaste Gary Fleder paraît plus paniqué que ses personnages. Il multiplie les recadrages tape-à-l'œil, les ralentis inutiles, les flash backs avec photo granuleuse.

    Les ressorts du script ne sont suivis que par une enquêtrice, authentique deus ex machina, qui viendra – on ne sait pas trop comment – sauver le gentil médecin. A l’approche du climax, le vilain de Don’t Say a Word déclare : " Vous imaginez ce qui va arriver si c’est encore des conneries ! " (sic). Mais, résigné, on n’imagine plus rien, attendant avec sagesse le happy end de rigueur. Gautier Denneulin  

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches