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A KNIGHT'S TALE (CHEVALIER)
Métal hurlant Plan d’ensemble : juchée sur des estrades, une foule animée attend la joute qui doit opposer deux chevaliers. L’action se passe au quatorzième siècle. Rien de bien surprenant, si ce n’est que la foule en question entonne le " We will rock you " de Queen (sic). Cette séquence générique de A Knight’s Tale (Chevalier) laissait présager une démarche de bon aloi : utiliser un cadre, un genres passés (le film de chevalerie) pour mieux parler au présent d’une figure : celle du sportif. L’anachronisme sonore, perceptible dans les dialogues et une B.O. où s’entrecroisent Bowie et AC/DC, aurait valeur d’indice, voire de mise en garde par rapport à la trame à venir. William Thatcher (Heath Ledger), promu chevalier, serait l’exemple type du jeune espoir œuvrant dans un sport populaire Outre-atlantique comme le football américain, auquel l’armure fait songer. L’équation nécessaire au succès ? Talent + caractère. Mais aussi la présence d’une équipe personnalisée. Les seconds couteaux de A Knight’s Tale renverraient alors à des figures plus contemporaines : soit les écuyers à l’entraîneur, le poète (Paul Bettany) à l’agent sportif et la forgeronne Kate (Laure Fraser) à l’indispensable sponsor. Cette analogie n’est creusée (hélas qu’à une fin comique) que dans une courte scène où Kate remet à Thatcher une cuirasse révolutionnaire. Elle souligne qu’elle lui a inscrite sa touche personnelle... qui n’est autre que le logo de la marque Nike ! Malheureusement, la référence au monde sportif reste trop allusive et, en ce sens, A Knight’s Tale rejoint le décevant Gladiator de Ridley Scott. Le problème majeur du film de Brian Helgeland est qu’il délaisse sa vision anachronique du Moyen-âge pour adopter les rebondissements hollywoodiens les plus calculés. Sans surprise, A Knight’s Tale reprend une construction en trois actes et alterne joutes et intermèdes humoristiques. L’itinéraire de Thatcher – entraînement, victoire, conquête de sa belle et d’un titre – ne se différencie pas de celui de dizaine de héros qui ont fait les beaux jours d’Hollywood, il suffit de se rappeler des réussites de Michael Curtiz. S’il faut vite revenir à une structure aussi convenue, pourquoi chercher à se distancier par l’ajout d’éléments décalés (le rock, les références contemporaines) ? De fait, A Knight’s Tale prend un tour plus plaisant lorsqu’il introduit le thème de l’amour courtois, où le mâle bourru doit se plier aux exigences de sa dame pour s’en faire aimer. Ici, refus de se battre puis nécessité de vaincre tous ses adversaires ; ce qui provoque la perplexité du protagoniste principal. Mais l’idée est abandonnée à mi-chemin, succombant encore à l’humour. Sur le plan visuel, il faudra cependant louer le travail des décorateurs Dominic Smithers et Jiri Zucek. Ils restituent avec acuité la topographie des terrains de combat, recréent les villes françaises et un Londres impressionnant lorsque les héros débarquent en Angleterre, sous fond de " The Boys are Back in Town " du groupe Thin Lizzy. Ces décors travaillent bien pour un film dont on ne sait jamais s’il pêche par excès ou par manque d’ambition. Gautier Denneulin
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