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MICHAEL
JACKSON et ses CLIPS Parlons
de Michael Jackson autoproclamé "roi de la pop", artiste génial et mégalomane
sans égal. L'impasse sera faite sur les divers démêlés publics ou
professionnels (certains torchons s'en chargent sans égard) car nous allons nous
intéresser bien entendu à l'image que "l'artiste" s'est créé, ainsi
qu'à celle qu'il
reçoit de lui-même par l'intermédiaire de ses clips (disponibles sous peu en deux
dvd). Incontestablement, Michael Jackson a
toujours su se mettre en scène d'une façon inimitable. Son tracé de
pas arrières, le fameux moonwalker, est la signature gestuelle la plus connue au
monde. Affublé d'un pantalon noir trop court, de chaussettes blanches, parfois
d'un chapeau, Jackson s'est lui-même dessiné comme pantin identifiable, être
désarticulé dans des figures chorégraphiques proches du music hall. Il n'a
jamais varié en 20 ans, preuve lors d'un de ses dernier clips, l'entraînant
"You rock my world". Les modes, les courants musicaux ont eu beau
changer, le corps de Jackson est resté le même, précis, contrôlé (excepté
sa couleur de peau, "Black or White" ?). Il traverse le temps avec une
force propre à toute icône. Maniaque du contrôle, de son image,
l'invariabilité de son corps a pourtant subi un changement et pas des
moindres, son visage. Lui qui n'avait pas peur d'afficher sa parfaite photogénie
dans de très longs clips (Thriller près de 18 minutes, Bad 12 minutes
et mis de plus en
scène par Scorsese), s'est peu à peu réfugié vers l'abstraction (les
contours nous échappent) aussi bien dans sa vie privée qu'à l'écran. Celui que
l'on pensait cerné tel une surface lisse est devenu une curiosité qui n'ose
plus s'exhiber sans courir les foudres d'une "odieuse" presse people.
"Man in the mirror" était l'un de ses titres, ose t'il encore s'y
confronter ? Son visage exprime dorénavant tout le malentendu de l'homme resté
trop longtemps incompris. Celle d'un artiste fatigué, traqué, maladif,
qui aimerait se substituer à un autre lui-même qu'il ne sera jamais. Son
dernier album "Invincible" a fait un flop (pourtant toujours à mille
lieux de la prod actuelle !). Dans "You rock my world", sa figure est
sans cesse cachée par le chapeau (ombre retouchée) comme si voir son simple corps suffisait (il bouge, il est),
son portrait devenant un objet honteux. La caméra risquerait-elle de lui voler encore un peu de son intimité.
"You are not alone", clamait-il à ses fans par l'intermèdiaire d'une
chanson ou toujours et encore "i love you". Jackson s'est ultra protégé
au point justement de se retrouver seul, se piégeant. Personne n'arrive à sa
démesure, sauf lui-même. C'est peut être cela qu'il a essayé de réinventer
au fur et à mesure afin de recevoir la même preuve d'attention en retour. Mais
le sourire se fait dorénavant plus rare, il ne reste que le visage d'un homme
hanté par ses démons, le regarder dans les yeux (si possible) c'est en saisir
sa profonde dépression. (le
15.07.2003, Cédric Gentaz)
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