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YAMINA BENGUIGUI
Le Site du Cinéphile : Quand et comment avez-vous décidé de réaliser Inch'Allah dimanche ? Yamina Benguigui : Avant de faire Mémoires d'immigrés, j'avais envie de faire une fiction. Réaliser Mémoires devenait assez urgent, donc je l'ai fait en plusieurs volets et pendant le montage des mères, j'avais l'impression qu'elles me faisaient passer un message. Elles me parlaient toutes de leur arrivée, elles avaient toutes des souvenirs très précis de la paire de chaussures, du froid. Elles sont toutes arrivées à Marseille, il faisait noir, d'où l'idée du nuage avant d'arriver à Saint-Quentin : un voile s'était posé sur elles. Elles ne se connaissaient pas mais pourtant elles me racontaient la même chose, elles me parlaient toutes surtout du déracinement, de la violence de partir. Et je me suis dit que mon prochain film serait l'histoire d'une de ses femmes, et qu'elle serait une héroïne, c'était important, je ne voulais pas en faire quelqu'un de soumis. Elle va mener un combat sur deux cent mètres, elle va prendre son destin en main dans la souffrance, dans la douleur. Mais même quand elle prend des coups, je ne l'ai pas défigurée, il y avait à chaque fois cette dignité.
LSDC : Ce film est surtout un hommage rendu au courage de toutes ces femmes… Yamina Benguigui : Oui, bien sûr. C'est avant tout un hommage à nos mères, au fait de quitter son pays, sa famille. Autant les pères avaient une fonction dans la société, les enfants avaient une visibilité dans les années 1980 dans la mesure où ils allaient à l'école, autant dans le cas des mères c'est un gâchis total et on ne les a pas vues. Même nous, on les a vues comme des mamas, on les a vues fatiguées mais on ne les a jamais perçues comme des femmes et je me suis dit qu'il fallait leur rendre hommage. Mais à l'instar des actrices italiennes - je parlais hier de Sofia LOREN ou des films d'Ettore SCOLA - elles souffrent aussi, c'est dur mais on s'identifie à elles, on a envie de partir avec elles.
LSDC : Mais c'est un film de femmes… Yamina Benguigui : Oui, c'est un hommage à nos mères mais aussi à toutes les femmes. A toutes les femmes déracinées. Quelqu'un qui a quitté Auch pour aller vivre à Paris aura toujours une fêlure, parce que le déplacement n'est pas évident, sauf si c'est un choix, mais dans le fait de suivre quelqu'un, il y a une fêlure que vous traînez toute une vie. Mais c'est vrai que dans l'histoire singulière de Zouina, j'espère qu'il y a une histoire universelle aussi bien sur l'exil que sur les femmes. Mais ce n'est pas un film féministe, c'est vraiment le portrait de femmes autour, on sent le décalage entre certaines femmes dans la société française, la solitude aussi mais finalement il y a un soutien.
LSDC : On voit beaucoup de femmes dans ce film - les hommes sont absents ou ils ne font que passer – qui vivent toutes une sorte d'enfermement. La voisine est enfermée dans son jardin de la même façon que Zouina dans sa quête de la famille algérienne, et cet enfermement empêche qu'elles se rencontrent alors qu'elles auraient des choses à se dire. Yamina Benguigui : C'est de la peur. C'est pour ça que j'ai vraiment fait très attention, à aucun moment je n'ai voulu montrer des personnes racistes, pour moi ça n'existe pas. Quand on dit que les enfants ne sont pas racistes, je considère que les adultes ne le sont pas non plus. C'est la peur et la méconnaissance de l'autre qui engendrent le racisme : l'autre arrive, on sort les griffes. Des deux côtés on ne fait pas d'efforts, d'un côté chez Zouina c'est la souffrance. Quand la belle-mère crache par terre, j'ai voulu montrer aussi une femme qui ose affronter mais au lieu de se parler, de communiquer tout simplement, c'est l'affrontement et le choc des cultures se produit à des moments très infimes. Mais la violence monte très vite, quand Zouina passe au dessus du jardin et qu'elle l'étrangle, on sent que tout peut aller très vite, on sent bien que les excès et les actes racistes peuvent arriver. Avec Nicole, on sent en arrière-plan le bouleversement du féminisme, une société française qui est en train d'évoluer (la pilule, l'avortement) c'est quand même énorme. Ce qui est possible à Paris ou à New York, ne l'est pas cent kilomètres plus loin.
LSDC : C'est amusant dans le film, elles écoutent toutes les deux Le jeu des mille francs ou Ménie Grégoire et il suffirait de peu, qu'elles se parlent, que Zouina passe au-dessus de sa peur (car en plus elle parle français) pour peut-être devenir amies… Yamina Benguigui : Encore une fois c'est la méconnaissance de l'autre. Vous vous souvenez de E.T., ce n'est pas loin de ça : quand le gamin s'approche de E.T, il devient affreux, il hurle, l'autre recule, alors que dans Inch'Allah dimanche, il y a des éléments qui fédèrent, Zouina entend exactement ce qu'entend sa voisine, elle ne décrypte pas de la même façon mais elles sont sur la même longueur d'ondes. Mais je pense que, les hommes politiques français ont fait d'énormes erreurs. Débarquer des femmes sans préparation, ce n'est pas possible. On peut faire bouger des Espagnoles, des Italiennes et encore… Mais là, la culture, les traditions sont totalement différentes, même la notion, d'espace est différente. La cour dans les pays maghrébins est un lieu de vie important, on cuisine, on lave, on jette de l'eau mais on ne met pas de fleurs et ça on ne leur a pas expliqué. Ne serait-ce par exemple que d'ouvrir les paquets, de ne pas vivre en transit comme ça, ce n'est pas grand chose et on a raté ça avec les mères.
LSDC : On l'a raté parce qu'il y a eu un mépris pour ces gens, on les a fait venir en France sans se soucier de leur futur, pensant qu'ils allaient rentrer dans leur pays, alors que c'était ignorer l'être humain dans sa personne. Les dirigeants français n'ont même pas imaginé que les enfants allaient naître en France et donc qu'ils seraient français… Yamina Benguigui : A l'époque de Mémoires d'immigrés, j'ai interrogé des conseillers de Giscard d'Estaing au sujet du regroupement familial, en leur demandant de m'expliquer pourquoi ils avaient interdit pendant vingt ans à des hommes de ramener leur famille, alors que - dans le cas de l'Algérie par exemple - ce sont des Français depuis cent trente-deux ans ! Après on s'étonne que l'Algérie ait fait sa révolution, après ça, après le dix-sept octobre, ils sont français, c'est un département comme la Corse. Il y avait trois départements, Alger, Oran et Tizi Ouzou, mais eux n'étaient pas comme les autres citoyens, ils étaient considérés comme des sous-citoyens parce qu'ils n'avaient pas le droit de vivre avec leur femme et leurs enfants. La seule fois où cela s'est passé dans l'humanité, je mets la Shoah à part, c'est pendant la période de l'esclavage. Il y a eu deux moments, l'esclavage et cette période où les hommes politiques français ont dit "on n'a besoin que d'hommes". Et on a nié leur sexualité, leurs émotions, leur humanité. Alors, ils se mariaient là-bas mais une fois revenus en France, ils étaient pris en main par le patronat français, ils habitaient en périphérie des villes, dans des bidonvilles, des cités de transit, des hôtels-dortoirs. Donc il n' y avait aucun contact avec la population française, et de temps en temps on faisait venir des prostituées et ça durait trois minutes. Avec leur pudeur ce n'est pas possible. C'est pour cela que je dis que la violence d'Ahmed est propre à la France - enfin aux hommes qui ont vécu en France - mais elle n'est pas aussi violente dans les pays d'origine, parce qu'il y a un autre épanouissement, il y a des codes, l'homme ne va pas être dans une violence de tous les jours. Ce que je voulais montrer avec la violence d'Ahmed, c'est la violence de l'extérieur. Et ce côté caché, ne pas se faire remarquer, la peur de l'expulsion, l'épée de Damoclès au dessus de nos têtes. Pendant très longtemps, j'ai cru que le facteur pouvait nous expulser parce qu'il avait un képi. Petite, je pensais que l'autorité c'était ça. Ils avaient toute autorité sur nous, et cette peur a duré longtemps. Au moment de l'arrêt de l'immigration, il y a deux millions de Maghrébins en France et le gouvernement français va arrêter de signer des contrats avec les pays d'origine. Donc, la France décide de les garder, de faire venir les familles, de cette façon, les devises ne sortent plus. Et il y avait l'idée - qu'on ne pourrait inventer dans aucun scénario rocambolesque - que si on faisait venir Mohamed et Aïcha, ils faisaient des enfants et donc ils fabriquaient de la main d'œuvre à domicile. C'est écrit noir sur blanc, c'est dans les archives! Et le conseiller de Giscard me dit " Mais on n'avait pas pensé à l'école". Et donc, les sept enfants n'ont pas pris la place de balayeur de leurs parents. Donc cela va bien au-delà du racisme, on est dans une machine, c'est quand même les années soixante dix, ce n'est pas loin…Donc le mot intégration vient quand ?
LSDC : On a parlé du rôle de la mère, mais il y a aussi la belle–mère, c'est un ogre… Yamina Benguigui : Je la voulais comme ça. J'ai cherché pendant longtemps le personnage de la belle-mère. Elle fait une performance extraordinaire parce qu'elle est analphabète et tout ce qu'elle dit est du texte. Dans sa colère, elle a un tempérament, c'est une actrice. C'était la dernière du casting, elle a eu deux gestes qui m'ont plu. On a fait des essais à Paris avec Fejria DELIBA, il fallait qu'elle en impose physiquement pour qu'elle soit crédible, il ne fallait pas qu'elle soit tassée. Elle a de l'allure, il fallait qu'elle soit reine-mère. Après, il a fallu qu'elle retienne le texte et on a fait un gros travail avec elle. Au début, on lui a mis une oreillette mais ensuite ça ne marchait plus, ça a été un cauchemar pour l'ingénieur du son.
LSDC : Mais elle est très violente… Yamina Benguigui : Encore une fois c'est une violence qui vient d'ailleurs, quand elle parle des colons qui la frappaient, c'était il y a dix ans à peine. Les familles algériennes donnaient les petites filles de dix ans pour faire le ménage chez les colons en échange d'une cahute, de la paille et d'un peu de nourriture. C'est pour ça, quand dans les années 50, on est venu recruter les gens en Algérie ou ailleurs pour la France, on leur parlait de salaires qui n'existaient pas chez les colons, je parle des grandes familles, les familles agricoles etc. Donc elle a eu ce genre de vie, après on imagine qu'elle a été mariée, écrasée puis elle a eu son fils et c'est l'homme de sa vie. Et quelque part, elle lui fait payer. Sur le bateau, elle a eu des phrases violentes, c'est un peu à cause de Zouina qu'elle part car son fils la fait venir pour qu'elle surveille la maison. Il y a cet aspect aussi, ils vont arriver au milieu d'une culture occidentale et il fallait gérer, donc elle a les clés, le sucre etc. Elle a ses codes à elle. De plus, elle empêche toute intimité entre Zouina et Ahmed, quand il joue de la guitare il y a ces petits regards entre eux très importants et quand elle est sur son lit et qu'elle pleure il le voit bien mais il est coincé. Que peut-il faire?
LSDC : C'est un film qui parle de choses plutôt graves mais qui ne manque pas d'humour, par exemple l'accent de la vendeuse qui est plutôt amusant… Yamina Benguigui : Oui, c'est assez incroyable. J'ai fait un casting à Paris pour le rôle de l'épicière et à chaque fois que je parlais de Saint-Quentin tout le monde pensait à Saint-Quentin en Yvelines. Elle est la seule à avoir pensé à Saint-Quentin dans l'Aisne, puisqu'elle est née dans cette ville et a commencé à me parler avec l'accent (Yamina BENGUIGUI parle avec un fort accent du Nord !). Les commerçants sont des personnages qui m'ont marqué, je suis toujours mal à l'aise dans une boulangerie, ils parlent toujours plus fort "alors ça sera une baguette aujourd'hui" (dit très fort avec toujours l'accent du Nord). Ca hurle, et c'est ce que je voulais dans le film quand Zouina entre pour la première fois dans l'épicerie. Comme si tout le monde devait être au courant, savoir comment se font les choses. En Algérie, quand tu vas choisir ta viande d'abord c'est de l'agneau, tu choisis des morceaux, tu touches, là il faut tout un lexique, le jarret, le machin, le truc, alors Zouina est perdue. Mais en même temps, c'est une nouvelle cliente alors on lui ouvre un compte car l'épicière est sympathique. J'avais fait plusieurs scènes avec l'épicière, avec des produits qui n'avaient rien à voir, de l'Harpic, etc. Mais la volonté de faire de l'humour est venue dès le début, il est impensable pour moi de faire un film noir parce que je vais parler de quelque chose de grave, j'adore les films italiens, anglais Les virtuoses, Billy Elliot ou Fish and Chips. Et c'est quelque chose que les télévisions ne comprennent pas. Ce film a été refusé partout, il n'y a que Canal Plus comme d'habitude qui s'est lancé dans le projet. Les chaînes ne voulaient pas de ce traitement, elles ne comprenaient pas pourquoi j'amenais cette dimension humoristique, elles voulaient une tragédie. Mais c'était trop compliqué à faire pour moi, en général c'est trop casse-gueule. Il est impensable pour moi de parler de choses graves sans humour mais c'est ce qui donne de le force au film. Je crois que c'est un film très optimiste. Je crois énormément à la mémoire commune, je m'inscris dans cette société, j'ai envie de raconter des histoires qui vous parlent aussi, même si ça parle arabe, même si c'est dans un quartier picard. Je n'ai pas l'impression depuis que je montre le film, que les Français se sentent étrangers. Ils se sentent impliqués, peut-être pas du côté des Donze (les voisins) mais du côté de Zouina.
LSDC : Pour vous Inch'Allah dimanche est-il un complément ou un autre point de vue sur les mères par rapport à Mémoires d'immigrés ? Yamina Benguigui : C'est un complément. Dans Mémoires d'immigrés le volet sur les mères était une présentation. Si je prends les dix mères dans Mémoires d'immigrés je peux faire dix films, leur vécu est incroyable. J'ai l'anecdote d'une femme à qui sa mère avait donné dans une enveloppe une photo. Au cas où les choses se passeraient mal en France, sa fille n'avait qu'à poster l'enveloppe et sa mère viendrait aussitôt. Au bout de six mois, ça n'allait pas du tout, elle se tapait la tête contre les murs, c'était horrible. Elle est allée seule poster la lettre. Puis elle a attendu un an, deux ans, tous les jours elle attendait, la photo était le signal, elle savait qu'on allait frapper et qu'on viendrait la chercher. Elle a sombré dans une dépression assez grave et un jour une assistante sociale est venue, s'est occupée d'elle, l'a emmenée à l'hôpital. Et cette femme lui a parlé de la lettre - elle n'en avait parlé à personne, surtout pas à son mari - et lui a montré l'endroit où elle avait mis la lettre et c'était une benne à ordures… Voilà pourquoi je parle de destin. La fiction est géniale pour ces histoires, dans le documentaire il ne reste que des témoignages. Mais pour moi il y avait l'envie d'en faire une héroïne.
LSDC : Mais traitez-vous de l'immigration maghrébine ou des immigrations ? Parce qu'en France, il y a beaucoup d'enfants d'immigrés espagnols ou italiens qui n'ont jamais trop entendu parler de tout ça. Il y une valeur universelle… Yamina Benguigui : C'est toujours à partir d'une histoire singulière que l'on peut aller vers l'universel. Dans Inch'Allah dimanche, Zouina peut être Grecque ou Arménienne mais c'est bien de pouvoir parler d'une communauté. Mais dans le film toutes les références sont là pour pouvoir parler de l'aspect universel. J'ai toujours dit que Mémoires d'immigrés ne s'adressait pas simplement aux Maghrébins, quand on voit le langage des hommes politiques, on sent bien qu'ils parlent de toutes les immigrations. On a traité les hommes de la même manière, c'était avant tout des bras, je crois qu'il y a eu vraiment beaucoup d'humiliations et parler de la dignité s'adresse à l'humanité. Le travail de mémoire est capital, c'est le grand problème de la France et c'est pour ça que je le fais. Je crois qu'il faut pouvoir écrire des histoires, faire des documentaires mais aussi faire des fictions. Le cinéma a ce rôle-là, c'est un vecteur important pour la mémoire. C'est un film qui parle aussi du monde rural, Zouina a quitté un village où l'on connaît tout le monde, et quand elle arrive en ville et demande la famille Bouira, elle va droit devant elle parce que le monde rural fonctionne comme ça. Le monde occidental c'est l'anonymat total, c'est un choc et c'est universel. Je crois aussi qu'on a à écrire cette histoire, on doit parler de notre mémoire ensemble. Alors évidemment, j'ai fait Mémoires d'immigrés, Bertrand TAVERNIER a fait La guerre sans nom et on lui a reproché de ne pas avoir fait parler les Algériens. Il a dit que c'était aux Algériens d'écrire leur histoire, et c'est vrai. Une fois qu'on aura fait cela, on fera des films ensemble mais on connaît la difficulté de nos parents, de nos grands-parents, toutes nations confondues, à parler. Dans Mémoires d'immigrés, c'est une génération qui va partir et ils n'ont pas raconté.
LSDC : Et vous, en tant que femme, en tant que cinéaste ne vous sentez-vous pas un peu seule face à ce sujet ? Yamina Benguigui : Quand je vois les films de Moufida TLATLI, j'aime beaucoup son cinéma mais je le regarde comme je regarde les films italiens. Moi, je m'inscris dans le cinéma de l'immigration et ça c'est assez nouveau, en tout cas je le revendique et je crois qu'on est plusieurs dans ce cas-là : il y a Bourlem GUERDJOU, Rachid BOUCHAREB et Mehdi CHAREF. Ce que je raconte s'inscrit ici, dans cette société mais cela parle d'une composante de la société française. Je n'ai pas envie d'aller chercher mon inspiration ailleurs, je suis née à Lille, j'ai vécu en Picardie, mes références, mes odeurs, mes sensations c'est plutôt le ciel gris, c'est ce qui me parle. Je ne vais pas aller faire de l'exotisme, faire une épopée sauvage dans les montagnes algériennes, je ne connais pas. Nous faisons partie de la première génération des cinéastes de l'immigration, nos parents n'avaient pas accès à la culture, à part Kateb YACINE - qui n'était pas un immigré dans le sens immigration du travail - il n'y en avait pas, surtout des cinéastes. Les gens étaient dans le quotidien, poussés par la nécessité de vivre pour gagner quatre francs et repartir, toute la culture est complètement "out". A aucun moment, même pour les enfants, les parents n'ont imaginé qu'un jour Azouz BEGAG serait écrivain en commençant à écrire sur le bidonville. Je ne sais pas combien on est de femmes.
LSDC : La musique tient une place très importante dans vos films, comment travaillez-vous avec la musique? Yamina Benguigui : J'avais déjà la bande-son dans la tête avant de faire le film. C'est très important pour moi de travailler avec de la musique et le son d'Idir est un peu comme pour le film Le lauréat, cette musique écrite par Simon and Garfunkel n'est pas forcément dans l'époque mais il y a un son pour ce film. Pour moi, Idir c'est à la fois des mélodies et des paroles qui parlent de l'exil, du déracinement mais c'est la mélodie qui l'emporte. Elle est douce et emporte Zouina. Et puis il y avait l'idée que la musique du générique de fin soit une voix de femme et Souad MASSI dit dans cette chanson "Raconte, raconte-moi des histoires, quand j'étais petite, n'oublie pas, parle-moi de la mémoire".
Interview réalisée pour l'émission de radio 35 MILLIMÈTRES à Auch lors du festival Ciné 32, le 20 Octobre 2001 par Angéline Vidili et Frédéric Billion. Corrections et mise en forme par Emeline Rivoire. bio-filmographie de Yamina Benguigui
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