
Le METROPOLIS nouveau est arrivé !
On vous l'a dit et on vous le répétera
jusqu'à vous faire crier
grâce, le cinéma d'animation japonais est un genre majeur dont le renouveau et l'étendue
de son influence se font
dorénavant sentir dans le monde entier. Alex Proyas avoue sans aucun problème avoir largement pioché dans
Akira de Katsuhiro Otomo pour son Dark City, les Wackowski brothers
avoir plagié sans vergogne près de
la moitié de l'intrigue de Ghost in the Shell de Mamoru Oshii pour leur
Matrix, et même les studios Disney ont reconnu dernièrement (non sans gêne)
s'être inspirés de l'incroyable fluidité des mouvements des personnages des films de Hayao Myiazaki
(Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké....). Le 21ème siècle
cinématographique devrait donc voir débouler d'autres chef-d'œuvres animés japonais, tétanisant de nouveau fans all the world, agissant sur le subconscient, changeant la perception du
cinéma live et ce, pas plus tard que maintenant. Depuis quelque temps, le génial et exigeant réalisateur Katsuhiro Otomo s'était plutôt fait discret, se heurtant à des problèmes de financement sur sa dernière
production, Steam Boy. Il faut dire que les distributeurs encore frileux
pour nous balancer des dessins animés nippons en salle (si l'on excepte la merde de
Pokemon) ne nous laissent pas vraiment le choix et nous obligent
donc à nous rabattre sur d'autres supports (vidéo, DVD, mangas...) afin de pouvoir suivre
sa carrière. Beaucoup de mangaka le connaissent seulement pour son phénoménal
Akira, ce qui est bien représentatif du manque de sérieux et de communication encore portés à l'industrie animée japonaise dans notre beau pays. Ainsi, son fameux
Memories (1995), reste toujours inédit chez nous (snif !). Mais bon sang, que faudra t'il dire ou faire de plus pour pouvoir enfin le visionner sur un écran ciné ? Que c'est une oeuvre
majeure, que James Cameron et Georges Lucas en possèdent tous deux une copie vhs pirate sous-titrée chez eux.
Bref, se retrouvant coincé budgétairement en pleine production de son SteamBoy,
Otomo se tourne vers Rin Taro (Albator, Galaxy
Express999) afin de produire et scénariser son prochain long métrage.
Il s'agit de l'adaptation d'un manga du regretté Osamu Tezuka (Astro Boy,
Le roi Léo). Véritable maître du manga moderne, Tezuka
avait dessiné en 1949 une bd rendant hommage au cultissime Metropolis
de Fritz Lang. C'est cette oeuvre que Otomo et Rin Taro ont en tête d'adapter.
Afin d'être assurés de ne subir aucune limite à leur vision gigantesque, Rin
Taro et Otomo décident de mélanger l'animation traditionnelle (pour les
protagonistes) aux images de synthèse (pour les décors énormes). Mieux, Rin
Taro ancien élève du grand maître Tezuka, s'impose comme pari de retrouver le
style inimitable et reconnaissable entre mille de son mentor. Aux vues des deux
bandes annonces actuellement visibles, le but semble être pleinement atteint,
comme si le Tezuka des années 50 était revenu à la vie. L'histoire se situe
dans le futur, au sein de Metropolis, une gigantesque mégapole divisée en
plusieurs couches sociales où les plus riches vivent en haut de grands
immeubles (Ziggurat) et les plus démunies et androïdes en sous sol divisés en
2 zones (une zone pour les humains et une zone pour les machines). La population
et les robots multiplient les révoltes, le nihilisme régnant dans les rues. Le
Docteur Charles Lawton travaille d'arrache-pied sur la création d'un être doté
d'une intelligence artificielle à l'apparence humaine, commandé par Duke Red
(le propriétaire de Ziggurat), afin de remplacer sa fille Tima décédée. Le
dr Lawton termine donc le robot mais finit par découvrir que Duke Red n'a pas
seulement fait construire le cyborg pour remplacer sa défunte fille mais à placer
en elle un pouvoir qui lui permettrait d'asservir le monde. Il s'enfuit alors
avec sa création, le petit robot Tima, mais est rattrapé dans sa fuite et tué.
Tima se retrouve alors orpheline au sein de cette dangereuse société et finit
par comprendre sa nature artificielle. Le Marduck Party (organisation puissante
de Duke Red) cherche alors à la récupérer mais un chasseur de robots appelé
Rock se lance à ses trousses (qui est en fait le fils adoptif de Duke Red et
qui, par jalousie, va tout faire pour éliminer Tima). Elle finit par rencontrer
un jeune garçon, nommé Kenichi, qui va lui apprendre que l'espèce humaine est
aussi capable d'aimer. Tima et Kenichi vont ainsi se lier d'amitié et ouvrir
leur cœur l'un à l'autre. Elle finira par comprendre qu'elle est la seule
personne à pouvoir faire cesser les différences sociales existantes et réconcilier
les machines et les hommes. Les deux bandes annonces visibles sont d'une beauté
et sensibilité renversantes, l'architecture des décors est impressionnante (mélange
habile de 3D et d'animation traditionnelle), le mecha designer a fait du bon
boulot, évidemment on sent que le scénario d'Otomo a été très travaillé,
qu'il sera multitextuel, aussi bien fable humaine que réflexion philosophique.
Les films mettant en scène des cités gigantesques sont souvent faits pour
mettre en valeur l'humain au sein d'une société écrasante, afin de mieux en révéler
sa nature. Le design des personnages a subi une attention toute particulière,
comme nous l'avions dit plus haut, il fallait retrouver le style Tezuka des
années 50
; c'est totalement réussi, même mieux, il y a par exemple des différences
subtiles entre le corps de Tima tout en longueur et très fin, ou celui de
Kenichi à la morphologie, plus épaisse. La b.o. est constituée de jazz post
moderne, avant de reprendre des sonorités plus classiques et se termine par
l'envoûtante chanson "There will never be good bye",
pendant que la ville cède à une destructuration apocalyptique. Du grand art !
Sur le site officiel en japonais : www.metropolis-movie.com,
un certain James Cameron, fan incorrigible de jap'animation, a déjà livré son
avis sur Metropolis : "Les images de ce film resteront
gravées en vous à jamais. Mes Félicitations à Mr Rin Taro pour ce chef-d'œuvre
!" A t'on vraiment besoin d'en rajouter, pour vous convaincre de la qualité
du produit ? Metropolis est une merveille ! Une merveille
sortie au Japon en juin 2001, sans date de sortie prévue pour le moment en
France (on suivra l'affaire avec grand intérêt). Messieurs les distributeurs,
vous savez ce qu'il vous reste à faire, à vos chéquiers ! Cédric Gentaz
NB
: L'adresse du site officiel japonais s'est transformée en site officiel américain,
vous pourrez donc apprendre plein de choses sur les personnages et l'histoire,
trouver des photos, les trailers téléchargables (même en haute résolution),
un fond d'écran et des infos sur toute l'équipe créative du film. On vient
aussi d'apprendre que Metropolis pourrait être distribué courant
2002 en France. Alors, si c'est pas une bonne nouvelle ça !
www.metropolis-movie.com.
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