CINÉMA

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SLEEPY HOLLOW
1999, U.S.A., de Tim Burton, avec Johnny Depp, Christina Ricci, Miranda Richardson, Michael Gambon, Casper Van Dien, Christopher Walken, Jeffrey Jones, Michael Gough, Lisa Marie...
Pitch : A New York en 1799, Ichabod Crane, jeune détective à l'esprit très cartésien, est envoyé par ses supérieurs à Sleepy Hollow, petit village hollandais dans lequel trois personnes viennent d'être décapitées. Selon ses habitants, le coupable serait le fantôme du cruel Cavalier Hessois qui fut lui-même décapité jadis...

 

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement...

    Huitième long métrage de Tim Burton, Sleepy Hollow, La Légende du Cavalier Sans Tête s'inscrit dans cette nostalgie d'un cinéma lointain qui a fait et fait encore le bonheur de très nombreux cinéphiles. En réalisant ce film, Burton exauce enfin un vieux rêve : après l'accueil mitigé de Mars Attacks (1996) puis l'abandon au bout d'un an du projet cher à son coeur de Superman Reborn, le scénario de Sleepy Hollow lui permit de s'attaquer au film d'horreur baroque, nourri d'une passion sans bornes pour les mythes de Frankenstein et de Dracula, les Bela Lugosi, Boris Karloff, Vincent Price son idole, bref le cinéma fantastique "à l'ancienne". Côté cinéastes, c'est l'italien Mario Bava qui semble avoir le plus influencé Burton pour ce film, particulièrement La Maschera del Demonio (Le Masque du Démon, 1960) avec la troublante Barbara Steele. 

    Tout le mérite du cinéaste avec cette adaptation d'une nouvelle de Washington Irving (publiée en 1820) est d'avoir monté le film entièrement selon ses vœux, sans se laisser démonter par la machine hollywoodienne et son moule à faire des films d'épouvante qui rapportent. Mais tout en jouant les nostalgiques, références et clins d'œil à l'appui (l'apparition de Christopher Lee en président du tribunal envoyant Ichabod à Sleepy Hollow, ou encore Michael Gough en notaire, lui qui fut la vedette de The Horrors of the Black Museum/Crime au Musée des Horreurs d'Arthur Crabtree en 1959 avant de devenir le majordome des Batman), Tim Burton poursuit sa thématique personnelle des contes de fées dans ce qu'ils peuvent contenir de plus sombre et de terrifiant derrière la beauté et la douceur. Il offre ainsi à son acteur fétiche Johnny Depp (déjà présent dans le conte cruel Edward Scissorhands/Edward aux mains d'argent et en cinéaste sous-estimé dans Ed Wood) le rôle d'un détective plutôt froid, à l'esprit très rationnel et logique, traumatisé par le souvenir de sa mère torturée à mort par son père alors qu'elle était soupçonnée de sorcellerie, et qui va pourtant se retrouver face à l'incroyable en tentant d'expliquer une série de meurtres (notez une autre apparition clin d'œil, celle de Martin Landau jouant une victime dans la première scène, et qui incarnait dans Ed Wood le rôle de... Bela Lugosi !). 

    Le cauchemar apparaît sous les traits du fantôme du Cavalier Sans Tête que joue Christopher Walken (excellent avec ou sans tête), ressorti d'entre les morts pour récupérer sa tête quitte à en faire tomber quelques unes, ce qui n'a pas l'air de le gêner du tout... En tout cas, voilà de quoi dresser les cheveux sur la tête des villageois de Sleepy Hollow et d'Ichabod lui-même, qui devra bien se résoudre à remettre en cause sa vision très cartésienne des choses, surtout après sa rencontre avec la jeune ensorceleuse Katrina Van Tassel, à laquelle Christina Ricci prête son charme singulier et mystérieux, et dont la personnalité contraste joliment avec celle d'Ichabod. Avec Sleepy Hollow, Tim Burton superpose dans des décors superbes et très kitsch la féerie, l'horreur et aussi l'humour propre au genre, mais à petites doses (le personnage d'Ichabod empêtré le plus sérieusement du monde dans ses techniques "modernes" d'enquête prête parfois au ridicule) et malgré le danger que présentait un tel scénario, le film évite en permanence de sombrer dans la parodie aux yeux du spectateur. Une épreuve difficile mais par conséquent réussie pour Tim Burton, qui nous offre plus qu'un simple hommage en se hissant au niveau de ses plus illustres prédécesseurs tout en conservant son identité. Emmanuel Coll

filmographie de Tim Burton

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

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