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I CONFESS (LA LOI DU SILENCE)
Mais que feriez-vous à sa place ? S'inspirant d'une pièce française de Paul Anthelme, Nos deux consciences (1902), I Confess d'Alfred Hitchcock aborde un sujet bien épineux: jusqu'où un prêtre doit-il garder secrète une confession ? Pour le père Logan joué par Montgomery Clift, le silence s'impose en toutes circonstances, même lorsqu'une personne lui avoue un crime dont il est très vite accusé. En effet, quelques éléments de l'enquête (la soutane que portait le meurtrier et retrouvée chez Logan, le mobile fourni malgré elle par Rose Grandfort, sa fiancée avant qu'il ne devienne prêtre) s'ajoutant au silence troublant et persistant du prêtre font rapidement de Logan le suspect numéro un de la police. A l'instar des deux films du maître déjà présentés dans ce cycle, Strangers on a Train (L'inconnu du Nord Express) et The Wrong Man (Le faux coupable), Hitchcock mettait donc en avant le thème du "transfert de culpabilité" avec, dans le cas présent, un problème de crédibilité auquel il se heurta : le principe certes fondamental du secret de la confession ne s'applique qu'aux catholiques et donc une personne étrangère à cette religion peut avoir du mal à comprendre l'attitude du père Logan qui ne se défend pas face aux accusations dont il fait l'objet et qui est donc prêt à se sacrifier pour l'assassin, ainsi perdre son honneur voire sa vie. Chacun des trois acteurs principaux ne tourna que ce film sous la direction d'Hitchcock: Montgomery Clift, jugé "trop sombre" par le cinéaste, représenta pourtant un bon choix pour le rôle du prêtre muet, passif et tourmenté, rappelant par son attitude le personnage de Balestrero joué par Henry Fonda dans The Wrong Man. L'actrice Anne Baxter, qui personnifie avec conviction Rose, fut choisie de préférence aux deux Suédoises successivement proposées par Hitchcock, Anita Bjork et Ingrid Bergman, dont la vie privée défrayait alors la chronique. Quant au remarquable Karl Malden, que l'on sait habile à jouer des personnages de brutes, il campe ici avec retenue et humanité un inspecteur de police, vingt ans avant la célèbre série The Streets of San Francisco (Les rues de San Francisco) dont il allait devenir la vedette. Entre drame, intrigue policière et histoire d'amour, I Confess reste une oeuvre mineure mais très sympathique de la carrière d'Alfred Hitchcock qui se permit comme à chaque fois une apparition clin d'œil dans les premières secondes du film, en haut d'un escalier qui ferait selon la légende... trente-neuf marches ! Emmanuel Coll
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