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GHOST DOG - THE WAY OF THE SAMURAI (GHOST DOG, LA VOIE DU SAMOURAI)
U.S.A., 1999, de Jim Jarmusch, avec Forest Whitaker, John Tormey, Cliff Gorman, Henry Silva, Isaach de Bankolé, Tricia Vessey...
Pitch: Ghost Dog, un tueur à gages efficace et secret travaillant pour la pègre, est engagé afin d'abattre un truand qui avait cherché à séduire la fille du mafioso Vargo. Celle-ci ayant assisté à l'exécution, Vargo, furieux, ordonne alors à ses hommes d'éliminer Ghost Dog et s'adresse particulièrement à Louie, l'un des rares à le connaître et à l'avoir déjà approché...

 

Mystérieux et attachant 

    Des errances plutôt désabusées, mais toujours agrémentées d'une bonne dose de dérision, la carrière du cinéaste américain Jim Jarmusch en offre beaucoup, influencée depuis le début par son parrain cinématographique, Wim Wenders, et qui compte quelques œuvres fascinantes comme Stranger in Paradise (1984), Down by Law (1986) ou le western crépusculaire Dead Man (1995). Avec Ghost Dog - The Way of the Samuraï, présenté à Cannes en 1999, il emportait une nouvelle fois l'adhésion en s'attaquant cette fois-ci au domaine du polar. A l'origine du succès se trouve avant tout un personnage auquel on s'attache dès le début, celui de Ghost Dog, tueur professionnel pour gagner de quoi vivre, demeurant à l'écart du monde dans une bien modeste cabane nichée sur le toit d'un immeuble, et avec pour seuls compagnons des pigeons voyageurs et des livres parmi lesquels le Hagakure, l'ancien code des samouraïs qui dicte en permanence chacun de ses actes (on peut en lire d'ailleurs des passages tout au long du film). 

    Sous les traits du massif et charismatique Forest Whitaker, Ghost Dog est solitaire, calme, discret et méticuleux dans son travail, assez semblable en cela à Léon dans le film de Luc Besson (1994). Dans son univers en marge de la société, peu d'amis trouvent leur place hormis Raymond, le marchand de glaces qu'il estime beaucoup même s'il ne parle pas la même langue que lui... Ajoutons une fillette aimant lire tout comme lui, ainsi que Louie, un homme de main de la mafia qui lui avait prêté main forte des années plus tôt au cours d'une agression; Ghost Dog lui est depuis redevable et, au nom du code des samouraïs, ne peut se résoudre à le tuer même si Louie a été envoyé par ses chefs pour le liquider... Cette galerie de personnages hauts en couleur s'allonge de pittoresques gangsters qui tendent irrésistiblement vers l'autodérision. L'humour est en effet loin d'être négligé dans Ghost Dog, voir la scène où trois des mafieux interrogent Louie pour en savoir plus sur le mystérieux tueur à gages, et où la conversation dérive des pigeons aux indiens en passant par le rap... Une mention spéciale à Henry Silva, acteur au regard plutôt effrayant et spécialisé depuis ses débuts dans les personnages de truands (notamment dans Johnny Cool/La Revanche du Sicilien de William Asher en 1963), ici savoureux dans le rôle de Vargo, le mafioso impassible et peu loquace, très friand de vieux dessins animés... 

    Participent également à l'insolite les scènes entre Ghost Dog et Raymond, deux personnages qui s'apprécient et communiquent sans jamais se comprendre... Mais hors de question de glisser vers la parodie, et les scènes de fusillade rappellent qu'il s'agit bien d'un film d'action centré sur un homme seul affrontant vaillamment la pègre lancée à ses trousses et qui jusqu'au bout met un point d'honneur à défendre les valeurs profondément ancrées dans son esprit. Le comique cède alors la place à la violence des affrontements et à l'émotion, tempérées par de longues et paisibles ballades bercées par les mélodies de RZA (leader du groupe Wu-Tang Clan, ça vous dit quelque chose?). Les références du cinéaste vont du Samouraï de Jean-Pierre Melville (1967) à La Marque du Tueur de Seijun Suzuki (1966) sans oublier un clin d'œil obligé à Kurosawa à travers le livre que Ghost Dog prête à la petite fille : Rashomon... Une œuvre pleine de poésie qui nous séduit et nous captive sans l'appui d'effets spéciaux, simplement aidée en cela par une bonne histoire, un metteur en scène plus que compétent et des acteurs de talent pour la servir. Emmanuel Coll

 

en savoir plus sur Jim Jarmusch : sa bio-filmographie 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

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