CINÉMA

FILMS TV SÉRIES TV NANARS DOSSIERS BRÈVES de comtoir
                         INTERVIEWS DVD AUTOPSIE ABÉCÉDAIRE RÉDACTION PAGE d'ACCUEIL

■   ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■  

 

C'ERA UNA VOLTA IL WEST (IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST)
Italie, 1969, de Sergio Leone, avec Henry Fonda, Claudia Cardinale, Charles Bronson, Jason Robards, Gabriele Ferzetti, Lionel Stander, Jack Elam, Woody Strode, Frank Wolff, Keenan Wynn...
Pitch : Un homme mystérieux jouant de l'harmonica abat trois tueurs qui l'attendaient dans une gare. Il est à la recherche d'un tueur professionnel du nom de Frank qui travaille pour le compte d'un homme d'affaires peu scrupuleux...

Petite musique de mort

    L'italien Sergio Leone (1929-1989) est à la fois le réalisateur le plus célèbre associé au "western-spaghetti" et aussi celui qui a vraiment lancé ce genre à la mode au milieu des années 60. Il avait débuté pendant les grandes années du péplum avant de tourner en Espagne en 1964 Per un pugno di dollari (Pour une poignée de dollars), premier grand western à l'italienne interprété par le débutant Clint Eastwood en "homme sans nom". Après Per qualche dollari in piu (Et pour quelques dollars de plus) et Il buono, il brutto, il cattivo (Le bon, la brute et le truand), Leone signait en 1968 l'une des plus grandes réussites du western avec C'era una volta il West, superbe fresque de près de trois heures où le génie de la mise en scène s'allie à des acteurs inoubliables et à la musique d'Ennio Morricone.

    Outre le fait qu'il fut associé à des réalisateurs italiens (Sergio Corbucci, Duccio Tessari, Tonino Valerii, Sergio Sollima, Damiano Damiani et dans un registre plutôt comique, E.B. Clucher, associé au duo Terence Hill/Bud Spencer), le "western-spaghetti" se caractérisait dans les années 60 et 70 par une violence exacerbée ainsi que des personnages éloignés du mythe de l'Ouest et de ses héros à l'intégrité indéniable, du type de ceux incarnés par John Wayne aux États-Unis. La popularité de Leone due à ses premiers films lui permit, moyens financiers aidant, de mener de véritables superproductions, ainsi, peut-être injustement, il reste le cinéaste associé au "western-spaghetti", les autres étant assez oubliés malgré quelques manifestations (le festival d'Amiens fin 2001 où étaient présents Valerii et Sollima). Avec C'era una volta il West, l'Ouest classique paraît bien loin : ici le pseudo-héros (plutôt un anti-héros) n'est pas un justicier mais un mystérieux hors-la-loi (Charles Bronson) venu traquer un tueur sadique (Henry Fonda) par vengeance personnelle. Si Henry Fonda est remarquable dans le film, il ne faut pas oublier qu'il était depuis plus de trente ans l'incarnation permanente (ou presque) de l'intégrité et de l'honnêteté. Sergio Leone put ainsi réaliser un vieux rêve (diriger Fonda) et rompre avec beaucoup d'éclat avec une vision traditionnelle de l'Ouest évoquée d'innombrables fois Outre-Atlantique. Pour Fonda, cette parenthèse dans sa carrière sera aussi marquante qu'éphémère : après deux rôles de méchant en 1968 dans Firecreek (Les cinq hors-la-loi) de Vincent McEveety et dans le film de Leone, il revint vers des personnages "positifs" et fidèles à son image, non sans avoir apprécié sans doute le rôle de Frank. Pour Bronson, déjà présent sur les écrans depuis près de vingt ans, c'était la consécration européenne dans des rôles de premier plan avec l'impassible et taciturne "homme à l'harmonica", qui reprend les principaux traits du personnage d'Eastwood dans les précédents westerns de Leone. L'instrument dont il ne se sépare jamais, en plus de sa signification dans l'histoire, souligne les instants de calme et de silence avant les affrontements accompagnés d'un déploiement subit d'énergie et de violence. Le film démarre à ce propos par un célèbre morceau d'anthologie : la longue scène de la gare où, pendant plusieurs minutes, les seuls bruits perçus proviennent d'une pancarte et d'une mouche qui importune l'un des tueurs qui patientent jusqu'à l'arrivée du train. Le silence et l'attente prolongée deviennent assez insoutenables, jusqu'à l'apparition d'Harmonica jouant de son instrument et la brève fusillade qui s'ensuit. Souvenons-nous également du duel tout aussi mémorable entre Harmonica et Frank, soutenu par la musique culte de Morricone. Et comme nous sommes dans un vrai western à l'italienne, la violence peut s'exprimer crûment (le massacre du fermier McBain et de toute sa famille par Frank et ses complices, un exemple frappant de cruauté gratuite).

    C'era una volta il West multiplie les seconds rôles marquants car joués par des acteurs internationaux réputés de la trempe de Jason Robards, Gabriele Ferzetti ou encore, dans la seule scène du prologue, les célèbres seconds couteaux Jack Elam et Woody Strode. N'oublions pas l'impact érotique lié à la présence lumineuse de Claudia Cardinale, le principal maillon féminin au milieu d'une belle brochette de durs. Quant au prodigieux musicien Ennio Morricone, indissociable du succès de ce film, son talent n'a jamais été aussi bien rendu que dans les oeuvres de Leone pour lesquelles il composait des mélodies souvent mélancoliques et toujours superbes. C'era una volta il West, ou bienvenue dans un grand spectacle au cœur de l'Ouest violent et tragique tel que le revisitera Eastwood réalisateur et acteur pour son brillant Unforgiven (Impitoyable) en 1992, dédié notamment à... Sergio Leone, forcément. Emmanuel Coll



N.B. Le 15 juillet 2002, diffusion de "Et pour quelques dollars de plus" du même réalisateur à 20h50 sur M6.

bio-filmographie de Sergio Leone

 

 

■   ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■

Copyright © 2004 - Tous droits réservés : Siteducinephile@aol.com   

 

quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches