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... The Fifth Element.

BLADE RUNNER
1982, U.S.A., de Ridley Scott, avec Harrison Ford, Rutger Hauer, Sean Young, Edward James Olmos, M. Emmet Walsh, Daryl Hannah, William Sanderson, Brion James, Joanna Cassidy...
Pitch: En 2019, à Los Angeles devenue mégapole polluée où règne le chaos, Deckard, un ancien policier, est chargé d'éliminer quatre "répliquants", des créatures artificielles ayant le physique d'êtres humains, qui se sont échappés de leur espace réservé...

 

Remise en question

    De nombreux cinéphiles amateurs de science fiction considèrent aujourd'hui Blade Runner comme un chef d'œuvre du genre. Pourtant, lors de sa sortie en salles en 1982, ce troisième long métrage de Ridley Scott ne remporta guère de succès. Le réalisateur d'Alien et de Gladiator s'inspira du roman de Philip K. Dick publié en France sous le titre "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" (1968) qui présentait déjà une vision bien pessimiste du futur, la Terre ayant été désertée par bon nombre d'humains à cause de la pollution et les espèces animales ayant toutes disparues. Hommes et androïdes créés par ces derniers se disputaient la suprématie dans cet univers décadent. Scott reconstitua avec un soin remarquable cette atmosphère répugnante dans le Los Angeles de 2019, rappelant par certains aspects l'excellent Soylent Green (Soleil vert) de Richard Fleischer (1973) : une grande métropole rendue infecte par la pollution, bruyante, gangrenée par la corruption, et tellement sombre si les nombreux néons des immeubles et autres éclairages des magasins n'assuraient la luminosité de la ville. 

    Les êtres humains, entassés dans leur misère, semblent être sous l'emprise des nouvelles technologies qui dominent le monde du vingt-et-unième siècle, au détriment de la Nature qui affiche donc sa colère par la pluie incessante dans les rues et l'absence de Soleil. A l'instar du film de Fleischer, Blade Runner présente dans ce contexte une intrigue policière menée par Deckard (Harrison Ford) contre quatre "répliquants" qui sont à la recherche de leur créateur, Tyrell, afin d'en savoir plus sur eux-mêmes et tenter de prolonger leur courte durée de vie déjà pré-déterminée par leur généticien. Une interrogation métaphysique, une recherche de soi qui ne touche pas seulement Batty, le chef des androïdes à la force démesurée (Rutger Hauer) accompagné de Pris (Daryl Hannah), Leon (Brion James) et Zhora (Joanna Cassidy) : le personnage de Rachel (Sean Young) étant lui-même un "répliquant" malgré une apparence humaine tant émotionnelle que physique, Deckard, le "gentil" dans l'histoire, finit par douter s'il n'est pas l'une de ces créatures qu'il traque. Ainsi les progrès réalisés par l'homme en génétique installent-ils l'illusion totale dans les esprits et une remise en question des origines des êtres, de leur destin, de leur but dans la vie. Qui sont réellement les bons et les méchants dans cette société ? Le film laisse de nombreuses questions sans réponse et la réflexion se poursuit au-delà de la trop mystérieuse fin du film... 

    Ridley Scott a d'ailleurs sorti en 1992 "sa" vraie version de Blade Runner avec une conclusion dramatique. Pour ceux qui n'en peuvent plus de ne pas savoir qui est réellement Deckard dans le film, rendez-vous dans le numéro 38 de Ciné Live (sept. 2000) à la page 14 pour y trouver des révélations du cinéaste... Mais en attendant, partez à la (re)découverte de ce film d'action très rythmé, à l'ambiance visuelle et musicale (thème signé Vangelis) prenantes et à la distribution solide. Thriller futuriste et philosophique dont l'intrigue ambiguë dérangea puis fascina les spectateurs, l'œuvre mérite d'être vue plusieurs fois pour en saisir tout le sens. Du grand Ridley Scott dont la reconnaissance tardive rappelle le Metropolis de Fritz Lang (1927), film d'anticipation au budget considérable pour l'époque et devenu l'un des sommets de l' "expressionnisme" allemand. Emmanuel Coll  

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

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