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SUNDAY
NIGHT FEVER Jacques Lémurien a publié sa chronique Sunday Night Fever, vouée corps et âme au référencement et à l'étude des films érotiques diffusés sur la chaîne M6 depuis plus de dix ans, pour la première fois en France dans une revue trimestrielle consacrée aux arts visuels, Tausend Augen, entre le printemps 1998 et janvier 2000. Il offre aujourd'hui au Site du Cinéphile la republication de cet imposant corpus (travail unique en son genre !) ainsi que sa poursuite. A franchement parler, vous êtes des petits veinards !
Quatorze ans de cul sur M6 La période de référence pour l’établissement de la liste s’étend du 16 septembre 1990 (diffusion de La Clé) à aujourd'hui. M6 programmait en fait sporadiquement des films érotiques le dimanche depuis le 28/09/89 (diffusion de Premiers désirs de David Hamilton), vraisemblablement pour concurrencer La Cinq qui diffusait des films de cul depuis octobre 1988. Avant la date de début, étaient passés, côté italien, Une histoire d’amour [Erotic Story] (Una storia d’amore, Michele Lupo, 1968, deux fois), La Vénus en fourrure (deux fois), La Dame de miel (deux fois) et La femme pervertie. A partir du 16/09/90, la formule érotique hebdomadaire se stabilise, cohabitant quelque temps avec la diffusion de films d’horreur (Sœurs de sang, Chromosome 3, des films d’Argento…) et n’étant, par la suite, interrompue que par les soirs d’élection et les fêtes de fin d’année. J’ai exclu du recensement Le diable au corps (Il diavolo in corpo, 1986) de Marco Bellochio, pas vraiment à sa place entre deux D’Amato malgré une célèbre scène de fellation non simulée, et deux films diffusés précédemment par M6 à 20h30, donc moins généreux en fesse malgré leurs superbes héroïnes : Défense de toucher (L’infirmiera, 1976), comédie lourdingue de Nello Rossati avec Ursula Andress et Jack Palance et La fille de Trieste (La ragazza di Trieste, 1982) du passionnant Pasquale Festa Campanile avec Ben Gazzara et Ornella Muti. A noter enfin que dix des films de la présente liste ont été diffusés sur la défunte Cinq et que trente d’entre eux sont passés (et sont donc susceptibles de repasser) sur RTL9 le vendredi soir à 22h30 — la chaîne câblée ayant dans son stock deux films italiens jamais programmés sur M6 : On l’appelle sœur Désir (La monacca del peccato, 1986), une adaptation relativement sage de La Religieuse de Diderot par Joe D’Amato (sous le pseudo de Dario Donati) et La maison du désir (?, 1988?) de Lucky Charleston. Préliminaires en guise d'introduction ! L’Italie s’impose par sa supériorité numérique : sur les 189 films de cul diffusés sur M6 en dix ans (du 16 septembre 1990 au 18 mars 2001, bornes temporelles de notre corpus), 66 sont transalpins et donnent inévitablement une vision partielle du bouillonnant érotisme italien. Les films appartiennent quasiment tous à ces genres tièdes que sont la comédie dramatique et le drame psychologique, alors que l’érotisme — qui est à l’origine moins un vrai genre qu’un ingrédient malléable — s’était infiltré dans d’autres genres : le film policier, le fantastique et l’horreur, la comédie plus ou moins fine (dont M6 avait programmé en 1989 quelques échantillons avec trois films de la série La toubib)… sans compter son exploration par des auteurs "prestigieux" (cf. la célèbre trilogie de Pasolini, mais aussi certains films de Mauro Bolognini ou Alberto Lattuada). Le corpus est également loin d’être homogène budgetairement et qualitativement : il y a ainsi des disparités flagrantes entre, par exemple, les films de Tinto Brass (La Clé, Miranda) et Salvatore Samperi (La Bonne), et ceux de Lorenzo Onorati (Chantage intime) ou Pasquale Fanetti (Délicieuse libertine) ; à l’intérieur même de la carrière de Joe D’Amato (le réalisateur le plus diffusé du dimanche soir avec 19 films), il semble y avoir un gouffre entre L’alcôve (1984) et Top Girl (1996). C’est sur la période allant de la fin des années 80 au début des années 90 (hélas artistiquement médiocre) que la programmation de M6 est la plus exhaustive. De 1987 à 1992 environ, le softcore semble être une affaire qui rapporte en Italie. Après 1993, le filon paraît épuisé et, significativement, c’est à cette époque que deux piliers du genre, le réalisateur Joe D’Amato et l’actrice Valentine Demy, passent au porno. Les seules productions érotiques viables actuellement sont d’ailleurs les versions soft de films X, utilisées comme produits d’appel par les chaînes du câble et du satellite. Mais, d’après ce qu’on en voit sur M6, ces films sont un peu au cinéma, à l’érotisme et à la pornographie ce que le Wizard sec chèvrefeuille est au Chanel n°5. Néanmoins, dans son ensemble, la programmation italienne de M6 n’est pas avare en bons moments et petits plaisirs pervers ; elle permet aussi de voir se préciser quelques tendances dictées par les succès du moment : on distingue l’après-Emmanuelle (avec les "Black Emanuelle" ou Chaleurs exotiques), la vogue rétro après La Clé, ou la recrudescence, après 9 semaines et demie, de l’esthétique pub et des jeux érotiques chichiteux (cf. Onze jours, onze nuits ; Jeux brûlants…). Là-dedans, il n’y a certes pas plus de dix bons films (en étant généreux). Mais, bon, les critères du spectateur du dimanche soir ne sont pas les mêmes que ceux qu’appliquent l’admirateur d’Ingmar Bergman ou de John Ford. La valeur d’un film présenté par le 08 36 69 00 68 Ulla s’établit moins par la qualité de sa mise en scène ou de ses dialogues que par la beauté de ses vedettes féminines, et la durée et la fréquence de leurs déshabillages... Que cette liste puisse être à la fois un bilan de dix ans de programmation, un guide du téléspectateur, une familiarisation avec certaines grandes figures du cul à l’italienne et, également, une première approche de l’immense territoire que constitue le cinéma de genre(s) italien. Jacques Lémurien
LES FILMS ÉROTIQUES ITALIENS du dimanche soir sur M6 :
LE SUPPLÉMENT :
PORTRAITS DE RÉALISATEURS :
AUTRES FILMS :
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