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6 novembre 2001

 

Série A vicious série B

"Hier à Ibiza, nous allions sous la lune. Alors j'ai dit : c'est loin, bien loin l'Afghanistan." (Jean Guidoni) 

 

   Depuis plusieurs semaines, les bombardements quotidiens de l'armée américaine (cautionnés par la transparente conscience occidentale) sur les forces Taliban s'écrivent comme un film. Chaque soir, il faut poursuivre le tournage. Si les scènes sont mauvaises (les buts non atteints), on les efface et on retourne la même chose le lendemain. Ces rafles quotidiennes peuvent d'autant plus être comparées au tournage d'un film que l'on ne nous montre aucune image comme s'il fallait prendre son mal en patience jusqu'à la sortie du produit fini. Et comme la fiction appelle la fiction, on ne distingue plus le vrai du faux et ne parvenons plus à concevoir qu'un ben Laden (cet invisible docteur Mabuse qui maîtrise l'image, voire l'icône) puisse autant incarner le rôle du mal absolu pendant que l'Amérique se plaît à jouer les victimes (mais comment un pays aussi protectionniste et surprotégé peut-il se plaindre devant sa lamentable inefficacité du 11 septembre dernier ?). Le souvenir de ce jour insolite où l'Amérique, cachée derrière ses certitudes, son chapeau et ses bottes a plié l'échine nous rappelle d'un coup que n'importe quel film d'action produit par sa machinerie fut surpassé durant quelques heures. Et l'on se prend à nouveau à établir une comparaison faisant référence à l'industrie cinématographique entre l'Amérique et les Taliban : d'un côté les forces dignes d'une méga production, de l'autre des pratiques sans moyen (mais avec beaucoup d'idées insidieuses) relevant quasiment de la série B. Il plane sur cette confrontation, à la fois malsaine et humiliante quand on se situe du côté de l'Homme, c'est-à-dire en dehors de tout sens national ou religieux (ces opiums), un goût de film vide, du genre de ceux qui ne produisent aucun sens mais font beaucoup d'entrées au box-office. Et dire que cela ouvre le vingt-et-unième siècle. Chercherait-on à concurrencer les horreurs du précédent ? Nous y parviendrons, c'est certain ! 

    D'aucuns renforcent symboliquement et en pratique leur hégémonie militaire et morale (leçon de moralité dont on se passerait bien) sur le monde. Le Site du Cinéphile poursuit, lui, son travail et renforce ses positions. Après l'arrivée d'Olivier Belouin qui se charge de près de la rubrique News (et de ses à-côtés : Tournages, Box-office...), le site s'enrichit d'une autre nouvelle recrue en la personne de Frédéric Billion qui nous livre pour son entrée une passionnante interview du cinéaste Patricio Guzman (Le cas Pinochet) et inaugure par la même occasion une nouvelle rubrique. Signalons, de plus, que vous pouvez retrouver sur le net la voix de Frédéric chaque jeudi entre 22 et 23 heures dans l'émission de radio 35 millimètres (sur Radio campus Toulouse 94 fm) qu'il co-anime à Toulouse avec de vaillantes cinéphiles. Gautier Denneulin rejoint lui aussi la rédaction et vous offrira, quant à lui, des critiques de films en avant-première. La famille s'agrandit donc et poursuit avec dévotion et passion une ambition simple mais essentielle : vous donner envie d'entrer en contact, d'aimer ou d'approfondir le monde de la culture cinématographique. Si des bombes vengeresses peuvent changer définitivement la vie d'êtres humains, un film peut avoir le même effet, mais cette fois dans le bon sens. Seule et importante différence, ce dernier crée, lui, du SENS, chose dont ne peut se vanter l'assassinat ! Michel Marques

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches