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nuit du 31 juillet au 1er août 2002
Vous aurez de nos nouvelles ! "Je ne crois pas avoir raté une seule occasion d'être triste. (Ma vocation d'homme.)" (Cioran) Cela se déroulerait dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2002. L'heure n'aurait guère d'intérêt. Il ferait chaud, la radio serait allumée ou alors il s'agirait peut-être du son presque muet de la télé. Une télévision que l'on aurait délaissée dès qu'un film aurait affiché The End. Un bon film dont on éprouverait immédiatement l'envie de parler autour d'une tasse de thé. La porte-fenêtre serait ouverte, on entendrait parfois le pas de quelques promeneurs nocturnes caresser le bitume. Les lumières de la ville apparaîtraient comme une aimable présence. Pourtant, la Droite, celle que l'on dit douce, serait revenue au pouvoir quelques mois auparavant. Les français se seraient livrés à un spectacle navrant, auraient orgueilleusement réagi, certes, mais entre la peste et le choléra auraient-ils eu le choix, le mal aurait été fait. Les vacances seraient entamées depuis un mois. Un temps capricieux en juillet. On aurait espéré mieux. On espère toujours mieux mais on se résout à prendre ce qui vient. Soudain, l'on aurait coupé la discussion au milieu d'une phrase parce qu'indirectement l'on aurait tendu l'oreille vers la voix d'un journaliste qui aurait souligné que les ministres se seraient plaints d'être moins bien payés que les parlementaires. Ces mêmes ministres, qui joueraient à se comporter comme des gens de Gauche tout en refusant l'augmentation du Smic, ne pourraient finalement s'empêcher de penser à leur enrichissement personnel. Dégoûtés et sans la moindre envie de commenter l'information, l'on serait allé fermer la radio ou la tv. L'on aurait alors pensé à Cioran qui aurait su réduire en une phrase cinglante et désespérée ce lamentable comportement de la nature humaine. Souvent, dans le pire, la chose la plus insupportable, c'est qu'il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre. On en serait alors venu au désir d'en toucher un mot dans l'édito que l'on devait écrire. Écrire pour qui ? Pour le site internet auquel l'on participerait avec ardeur, en compagnie de celles et ceux que l'on aurait réussi à réunir autour de la même passion, la cinéphilie. Un site simple, artisanal, qui ne ressemblerait pas à un arbre de Noël avec toutes ces publicités clignotantes. Un site où les relations entre rédacteurs se développeraient avec une immense courtoisie, un site où les lecteurs enverraient de plus en plus de messages et d'encouragements avec une gentillesse gratuite, sincère. Un site où la sympathie existeraient même si la plupart des rédacteurs ne se seraient encore jamais vus. L'idée ferait pourtant son chemin. Un rendez-vous finirait bien un jour par être fixé sur Paris ou sur Lille. Le week-end précédent, on aurait déjà fait la rencontre physique d'un rédacteur (Cédric Gentaz) de la première heure. Sous le soleil écrasant de Vienne, ville par laquelle on serait passé sur le chemin du retour des vacances, il nous aurait fait visiter son superbe temple gallo-romain (celui d'Auguste et de Livie) et son théâtre antique. On aurait beaucoup discuté, contemplé le parcours accompli depuis le lancement du site (un an et demi), on aurait simplement vécu un moment précieux. La rencontre des autres rédacteurs devrait bientôt suivre, c'était certain, une simple question de temps. L'on saurait désormais pour quelle raison l'on préférait avoir opté pour l'internet plutôt que pour le fanzinat ou une revue semi-professionnelle : simplement avoir le plaisir de défendre instantanément, en un clic, sa cinéphilie au quotidien, n'attendant pas des mois pour voir la publication de ses papiers, mais développer aussi autour de cette aventure des amitiés sincères, semaine après semaine. L'on se dirait alors que ce bilan là, au moins, était des plus positifs et que l'on aurait aimé voir tous les rédacteurs du site participer au scénario que l'on était en train d'écrire s'il aboutissait à un tournage. L'on y croirait. L'on ferait tout pour y arriver. Et, pourquoi pas, le site s'appellerait peut-être Le Site du Cinéphile. Michel Marques
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