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5 février 2002
"La nostalgie n'est plus ce qu'elle était" (Simone Signoret)
La campagne électorale, qui n'a pas encore officiellement débuté en France, pointe pas à pas son nez sur les écrans tv. Son absence a tout d'abord été signalée à diverses reprises en janvier, les journalistes semblant la réclamer comme pour occuper leur emploi du temps en mal de nouvelles saignantes ou sordides. Les nouveaux courtisans s'ennuient facilement ? Ce qui est évident, c'est que l'on va très vite assister à un spectacle lassant, convenu, prévisible. Un jeu où la cravate succède aux vêtements branchés portés dans le loft et ailleurs (mais y a t'il une différence) ? Le pire, c'est que la France va s'enflammer comme s'il y avait encore une idéologie à défendre, un combat sincère à mener. Au final, il faudra bien tout un été pour se laver de la minable parade, quel que soit le résultat du scrutin. On peut déjà prédire que tout cela va finalement prendre l'allure d'une série tv française. Mauvaise donc. Rien d'autre. Et Dieu sait qu'en matière de série tv, la France ne brille pas par son inventivité. L'originalité en la matière se situant incontestablement du côté américain. Il suffit de regarder un épisode de séries comme Oz, The Sopranos ou Six Feet Under (articles en préparation sur le site), toutes trois diffusées aux États-Unis par la chaîne HBO, pour s'en convaincre. Signalons d'ailleurs la diffusion à partir du dimanche 17 février en France sur une chaîne hertzienne, M6, de Oz (hélas en version française), la série étant diffusée par la chaîne câblée Série Club depuis belle lurette (et en version originale). Ceux qui découvrirons, sans doute avec étonnement cette dernière, constaterons définitivement que nous sommes loin, dans l'hexagone, de ce savoir-faire. Montrer du doigt le cinéma américain en le taxant de conventionnel peut alors prêter à sourire, car si son système de production offre parfois le pire, il nous gratifie aussi régulièrement du meilleur. Quelques mois avant les échéances, le 21 février pour être exact, sortira également en France un documentaire (après avoir été diffusé la veille sur Arte), 1974, une partie de campagne, réalisé la même année par Raymond Depardon autour de la personne de Valéry Giscard d'Estaing en pleine campagne électorale. Film interdit par l'intéressé après l'avoir commandité. Mais l'on ne peut finalement échapper à son image et celle-ci va enfin pouvoir s'épanouir au grand jour après vingt-huit années de purgatoire ou se flétrir définitivement pour celles et ceux qui auraient encore besoin qu'on leur fasse un dessin, même si le temps aura réussi à atténuer les réactions qui auraient dû voir le jour en 1974 si le documentaire avait donné lieu à une diffusion. En même temps, celle-ci fera face, tel un miroir, à ces professionnels du discours, des promesses, et aujourd'hui de la communication qui vont se vendre sur l'autel de leur bonnes intentions et de leur dévouement jusqu'à un soir d'avril. Miroir, mon beau miroir, dis-moi si je serais élu ? Les mensonges vont pouvoir défiler sur la piste et les moutons passer dans l'isoloir. Heureusement que les cinémas ne sont pas fermés les soirs d'élections. Espérons que ce soir-là, M6 diffuse malgré tout un épisode de Oz. Jolie manière de montrer que la quête du pouvoir dans le milieu politique s'apparente largement aux règles internes édictées dans ce pénitencier pas comme les autres. Michel Marques
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