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5 décembre 2001

 

Les 8 mercenaires !

 

    Depuis le 1er décembre, le Site du Cinéphile est accessible via un URL plus court : www.lesiteducinephile.net. Cette étape est logique dans l'évolution du site. Fort aujourd'hui de 8 mercenaires prêts à défendre et servir leur passion et celle de ceux qui la partagent, la cinéphilie, le site met en place depuis septembre de nouvelles ambitions (une actualité mieux couverte, des interviews et bientôt des dossiers, etc.). L'année 2002 permettra de poursuivre ce fécond virage et, croyez-nous, les surprises seront de taille.

    Au mois de novembre, la surprise aurait pu venir du film Battle Royale de Kinji Fukasaku. Celui-ci soulevait un problème majeur évoluant au sein du système éducatif de maints pays et, plus largement, dans le monde occidental : la place (droits et devoirs) des adolescents au sein de la société. Une société qui va mal implique des révoltes, à défaut de révolutions. Mai 68 fut, en France, l'expression de l'une d'entre elles. Mais l'époque a fait long feu et, aujourd'hui, il serait tout au plus question d'une nostalgie de la révolte. Que son dernier mode d'expression pût revêtir ce que le film de Bertrand Bonello, Le pornographe, proposait n'est pas innocent : " Se taire, c'est ça l'ultime protestation. " Mais une fois encore, cela nous conduit à un constat d'échec. 

    ent. Si l'adolescence va mal, c'est donc que l'autorité ou la permissivité des adultes est en crise. Cette crise s'exprime d'ailleurs à travers la surprotection dont bénéficie l'adolescence. Surprotection sans doute liée au poids économique que représente chaque enfant. Sans parler de la psychose autour de la pédophilie (comme si le sujet était récent !). Penchons-nous sur un exemple télévisuel qui démontre bien ce souci aveugle de la protection de l'enfance dans notre société. L'un des numéros de L'hebdo du médiateur (émission diffusée chaque samedi vers 13 h 15 sur France 2), fin octobre 2001, revenait sur la violence trop présente à l'écran (gratuite selon les critiques) prenant à témoin deux reportages montrant des images diffusées en prime time : des individus se jetant des fenêtres de l'une de tour du World Trade Center, le 11 septembre dernier, et l'exécution (décapitation en plein jour dans un stade) par les Taliban d'une femme ayant tué son mari. Trop de violence nous disait-on déposée devant les yeux des enfants. Que faudrait-il faire alors ? Nier la réalité ? La masquer ? Leur présenter un monde faux, édulcoré ? Pourquoi ce désir de leur présenter une fausse réalité ? Si, de plus,  toucher les cheveux de l'un d'entre eux revient à revêtir la peau du coupable, il n'y a même plus à discuter mais à décréter notre démission devant le problème. Soulever l'impuissance des adultes dans leur pratique éducative est une des vertus de Battle Royale. Si le film n'offre aucune solution, il fantasme néanmoins un désir, celui de ne plus être mené en bateau (économiquement et autoritairement) par ce rêve devant lequel le monde s'est endormi : son amour pernicieux pour l'enfance. Mais aimer l'adolescence, c'est vouloir s'aimer soi-même à travers elle (puisque ce sont les adultes qui offrent aux enfants leurs droits). Cela sent la vanité à plein tube. Et regarder Battle Royale permet dans ce cas d'ouvrir les yeux. Mais le film n'a t-il pas déjà été censuré à travers sa distribution ? Si au XXIème siècle, l'ennemi n'est plus un pays, une société, un mode de vie, il se cachera peut-être en nous ou s'y dissimule sans doute déjà. Engendrerons-nous des Aliens ? Il y a fort à parier. Michel Marques

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches