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KURENAI NO BUTA (PORCO ROSSO)
Japon, 1992, de Hayao Miyazaki,
une production du studio Ghibli, musique de Joe Hisaishi.
Pitch : 1929, durant l'entre-deux-guerres, quelque part en Italie, un pilote, Marco, aventurier solitaire touché par un sortilège qui a changé son visage en cochon, vit dans le repaire qu'il a établi sur une île déserte de l'Adriatique. A bord de son splendide hydravion rouge, il vient en aide aux personnes en difficulté...

 

Nostalgie, douce nostalgie...

    Au départ Porco Rosso était un petit projet d'une demi-heure qui devait être projeté sur les vols de la compagnie Japan Airlines. Mais l'enthousiasme de Miyazaki pour l'aéronautique (sa famille possédait une manufacture pendant la seconde guerre mondiale qui fabriquait des moteurs pour les zéros) et son admiration pour Saint-Exupéry allaient transformer le court-métrage en long. Porco Rosso est un film "coup de foudre" qui vous fait chavirer le cœur et ne vous lâche plus et dont on tombe immanquablement amoureux. N'ayons pas peur des mots, il s'agit du plus beau film européen des années 90, pourtant réalisé par un japonais. 

    Celui-ci met en scène un pilote marginal, Marco, qui préfère vivre reclus avec sa malédiction. Un homme qui a vu ses rêves basculer lorsqu'il a survécu à une terrible attaque et entraperçu une voie céleste, faite d'hydravions (une des plus belles scènes du film). Néanmoins ses convictions ne se sont pas totalement abolies, il refuse de se plier à l'autorité fasciste et aux lois, jouissant d'une liberté sans égale. Une nouvelle fois, l'identification entre le héros et son auteur devient évidente et si Miyazaki s'est détourné du communisme, il n'en a pas oublié ses convictions profondes ; tel un étendard idéologique fièrement tendu au vent, l'hydravion de Marco arbore la couleur rouge. Miyazaki a toujours été contre la dérive mercantile de nos sociétés modernes, il est donc normal que le film s'inscrive dans l'époque d'entre-deux-guerres, bien loin du consumérisme actuel, dernier vestige de valeurs morales passées. Il met en scène des héros révolus, des hommes prêts à se battre avec loyauté, honneur et par amour, ainsi que des femmes qui pouvaient enfin commencer à s'émanciper. A ce titre, les deux personnages féminins que sont Gina, figure romantique absolue, et Fio, jeune fille téméraire, sont superbes. Et l'on a envie de crier : "Ah quelle époque !!!" L'atmosphère baigne en effet dans un romantisme et une nostalgie qui donne des ailes, on ne peut s'empêcher de penser aux films hollywoodiens des années 40 dont le Casablanca de Michael Curtiz, avec un Marco copie quasi conforme d'Humphrey Bogart. Il est d'ailleurs amusant de constater comment le maître s'amuse à démonter le côté versatile et glamour du rêve américain avec Curtis, pilote amerloque brillant, qui ne pense qu'à la gloire. 

    Porco Rosso est donc bien un film personnel et d'auteur avant d'être un divertissement, car Miyazaki restera toujours cet éternel romantique et nostalgique. Quant à la partition de Joe Hisaishi, elle fait décoller l'ensemble et nous plonge dans des atmosphères lyriques rarement atteintes. Ainsi, Porco Rosso possède une scène clef qui pourrait bien être l'essence même du cinéma. Celle où Gina se précipite sur son balcon alors qu'elle est courtisée par Curtis et voit Marco en train de faire des prouesses aériennes. Elle se remémore alors en un sublime flash-back son baptême de l'air. Ce qui nous amène à cette conclusion : le cinéma est la mémoire émotionnelle et sensitive de l'homme. Tout comme un souvenir est amené à resurgir indéfiniment par simples stimuli émotifs, le cinéma est condamné à cette répétition de l'instant, à cette boucle à jamais imprimée sur pellicule. Cette mémoire si simple et si belle est inépuisable, elle est la richesse d'où découle toute nostalgie (en ce sens, il se rapproche du Quiet Man de John Ford qu'il admire ardemment). Porco Rosso ne raconte finalement rien de plus, mais ce trésor caché à jamais au fond du jardin de Gina, gravé dans le temps, dans l'espace, est un sanctuaire du souvenir et du vécu. Autant de traces que la carrière du plus grand réalisateur japonais en activité ne lassera pas de rappeler . Nostalgie, quand tu nous tiens. Cédric Gentaz

 

Porco Rosso est disponible en dvd zone 2, import du japon avec piste française, japonaise et anglaise. 2 DVD bourrés de bonus tous sous-titrés en anglais. L'édition française du film distribué par Canal + est quant à elle épuisée. Aucune raison donc de se priver du dvd zone 2 collector japonais qui comporte la VF.

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

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