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BAD TASTE
De l'amateur très pro A l'âge de 8 ans, Peter Jackson mettait déjà en scène avec la caméra super 8 de son père des courts métrages. Et pas des moins complexes. Il se frotte notamment à l'animation image par image, et au vu du résultat, la maîtrise efficacement. Lorsqu'il se procure à 22 ans grâce à son salaire de photograveur une Bolex 16 mm, les choses sérieuses s'accélèrent. Avec une bande de potes, il commence le tournage de Rest of the Day. Initialement prévu comme un court métrage, Peter Jackson ne cesse de le filmer durant ses week-ends et, ainsi, de le transformer en véritable film intitulé Bad Taste. Du moins sous ces apparences, car en réalité il s'agit d'un film amateur de passionnés qui ont poussé leur énergie créatrice jusqu'au paroxysme pour combler un manque évident de moyens ,construisant avec du bois des rails de travelling, une dolly et même une grue pour les plongées. Quant à la steadycam, trois bouts de caoutchouc feront l'affaire, et ce n'est pas là les seules ingéniosités de l'entreprise. En effet, afin de finaliser Bad Taste, Peter Jackson ira demander une subvention à la Commission du Film Néo-zélandais, qui l'aidera à terminer son projet. Le budget final se monte à 150 000 dollars, et pas moins de 4 ans de tournage. En 1988, le film déboule à Cannes. Pari gagné pour Peter Jackson et reconnaissance méritée. Sur le film, il tenait le poste de scénariste, producteur, réalisateur et acteur, rien de moins. Cette façon de faire du cinéma à moindre frais l'aidera beaucoup pour la suite de sa carrière et sa future réputation hollywoodienne. Il créera d'ailleurs dans un souci d'indépendance totale Wingnut films. Bad Taste fait le tour des festivals fantastiques et obtient assez vite la renommée de film culte. Il permet aussi de dessiner les contours du style Jackson : caméra en mouvement, gros plans sur les visages, humour potache mais jamais ridicule (quoi que certaines scènes le manient avec brio), gore à l'excès. Revoir Bad Taste aujourd'hui permet de se rendre compte de l'incroyable parcours de Peter Jackson: qui aurait pensé un jour que l'homme qui dégommait un mouton au bazooka réaliserait le mythique Lord of the Rings (Seigneur des anneaux) de JRR Tolkien ? Il est vrai que si le film a perdu de sa force (esthétiquement la photo est sous-exploitée, on a l'impression que des scènes de jour se passent de nuit), le fun qu'il délivre est immédiat. Soulignons le fait que Peter Jackson n'a jamais fait d'école de
cinéma, ce qui caractérisera aussi son style formel jubilatoire. Cette farce de
bricoleurs permettra aux éléments narratifs de ses prochains films de se mettre
lentement en place, une maison source du mal (Braindead, The
Frighteners...),
des anti-héros maladroits. Jackson pouvait alors enfin sereinement se lancer dans la
réalisation de son premier film professionnel, qui sera un épouvantable cauchemar
technique : Meet The Feebles. L'histoire est en marche. Cédric
Gentaz PS : Bad Taste vient d'être édité en dvd zone 2 chez Columbia Picture. Vous y trouverez le film remixé en 5.1 (VF+VO et VOST), format 4/3 uniquement, le making of "Good Taste", la bio filmographie très complète de Peter Jackson ainsi qu'une bande annonce du Seigneur des anneaux. retour sommaire dossier Peter Jackson
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