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U.S.A., 2004, de David Gordon Green, avec Jamie Bell, Devon Alan, Josh Lucas, Dermot Mulroney, Shiri Appleby, Pat Healy, Bill McKinney... Pitch : Depuis la mort de leur mère, Chris et Tim vivent seuls et pauvrement avec leur père, John. Ils n'ont pas le droit de sortir. Chris vit mal de devoir s'occuper tout seul de la maison alors que son petit frère malade, passe ses journées à s'amuser et à manger tout ce qui lui passe sous la main. Chris rêve de partir. Les services de police locaux le connaissent bien, puisqu'ils l'ont arrêté plusieurs fois à la suite de petits larcins. Un jour, Deel, le frère de John, tout juste sorti de prison, débarque sans prévenir. Dans un premier temps, il apporte une bouffée d'air frais à l'atmosphère de la maison. Mais rapidement, Chris se méfie de lui. Deel est en fait venu pour récupérer des pièces d'or que John lui aurait volées.
La traversée imaginaire Attiré par l'odeur alléchée, un huis clos dans le fond du sac des États-Unis laissant par la suite place à l'errance de deux frères en fuite, nous espérions découvrir au travers de Undertow (L'autre rive) la première bonne surprise de cette nouvelle année. La séquence d'ouverture du film, emballant frénétiquement le rythme (bel exercice de montage utilisant le corps pour ce qu'il est, un matière première), laissait de plus présager le meilleur. Il ne faut pourtant jurer de rien d'avance. Durant les cinquante premières minutes du film, les personnages (une famille composée de deux fils, leur père et un oncle libéré de prison) s'observaient du coin de l'œil, laissant grandir dans l'ombre la remontée du refoulé ; quelques subtiles compositions de plans (l'arrivée de l"oncle, les premières discussions entre les deux adolescents). Pourtant, au moment où se précisait la tragédie (scène de meurtre, fuite des deux enfants), le film commençait à s'enliser, au point de fatiguer l'œil du spectateur, d'entamer sa patience et de caricaturer la situation qu'il avait pourtant pris soin d'installer, et enfin de se noyer. Que dire finalement d'un film qui avait tout pour séduire mais ne s'abandonnait finalement qu'à l'agacement ? David Gordon Green retombait dans les travers (jeu formel des ralentis et arrêts sur image) dont il avait déjà usé dans son précédent George Washinton (2001). En d'autres termes, Undertow laissera une trace fugace dans la mémoire du spectateur et s'oubliera aussi vite qu'il est venu. Dans la thématique tournant autour de la place (ou la trace) du père, autant revoir en dvd le remarquable Retour de Andreï Zvyagintsev qui nous avait, un an auparavant, glacé les sangs et rempli d'admiration. Anne Ségolène
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