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SUPER SIZE ME
U.S.A., 2004, de et avec Morgan Spurlock...
Pitch : Le réalisateur Morgan Spurlock est parti d’un constat très simple : les Américains sont beaucoup trop gros. Ils se nourrissent n’importe comment et ingèrent n’importe quoi : pizzas, hamburgers, pots de glace taille XXL. Dans un but pédagogique et afin de capter un public toujours plus « large », il décide de rentrer dans la peau d’un cobaye. Son programme : un mois entier chez McDonald’s, matin, midi et soir, sans aucune activité physique en parallèle. Surveillé par trois docteurs, une nutritionniste, un prof de gym et sous l’œil inquiet de sa petite amie végétalienne, il entreprend cette opération jusqu’au-boutiste, au nom de code évocateur : SUPER SIZE ME, littéralement, « grossissez-moi ! », du nom des menus géants proposés dans les McDonald’s américains...

 

Avoir ou ne pas avoir la frite

    La méthode "Michael Moore" (Fahrenheit 9/11) a donc fait des adeptes. Morgan Spurlock endosse à son tour avec  Super Size Me le costume de Robin des bois comme si nous étions trop stupides pour comprendre les choses sans lui. Michael Moore nous explique déjà à longueur de films que l'Amérique est corrompue (on ne s'en rendait presque pas compte), remplie d'imbéciles (sans blague ?), Morgan Spurlock expérimente et prouve, lui, que l'on y a développé un comportement alimentaire proche du gavage. 

    Avec ce type de film moralisateur et enfonceur de portes ouvertes, l'on se croirait finalement revenu à l'époque de la guerre froide où Hollywood mettait en scène les dangereux russes sous l'allure d'extraterrestres patibulaires. La théorie du complot n'a finalement pas beaucoup changé et Michael Moore, aujourd'hui épaulé de Morgan Spurlock s'érigent en super héros pour combattre le malin. L'on est bien loin des documentaires de Wiseman qui laissent advenir les choses sans les manipuler ou les imposer. 

    Morgan Spurlock s'insinue donc dans cette brèche d'un cinéma réalité sans même s'apercevoir que le ver est déjà dans le fruit depuis très longtemps. La musique de son film (refrain facilement mémorisable et polluant l'esprit un bon moment) fonctionne d'ailleurs lui-même comme une publicité. Mais si elle nous parle d'une nourriture pour la dénoncer, celle des McDo, le film s'apparente lui aussi à un produit qui se regarde et s'oublie aussi vite. Avec ce type de film, l'école du documentaire américain est bien loin de signer ses lettres de noblesse. Et c'est une végétarienne qui vous le dit.

 

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches