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STARSKY & HUTCH
U.S.A., 2003, de Todd Phillips, avec Ben Stiller, Owen Wilson, Vince Vaughn, Juliette Lewis, Snoop Dogg...
Pitch : Bay City, Californie, 1975. Acharné du combat contre le crime, le détective David Starsky a épuisé tous ses équipiers. Même s’il est un bon flic, le détective Ken « Hutch » Hutchinson est un peu trop cool pour son job et son attirance pour l’argent facile lui fait parfois franchir la ligne blanche. Pour le capitaine Dobey, leur supérieur, il n’y a qu’une seule chose à faire : les associer. Contraints de faire équipe ensemble, Starsky et Hutch découvrent un cadavre sur la côte de Bay City. Avec l’aide de l’informateur de Hutch, Huggy les bons tuyaux, les deux policiers se plongent dans une enquête qui va les conduire tout droit à un richissime et intouchable homme d’affaires...

 

Où sont les hommes ?

    Le transfert de la série tv des seventies Starsky & Hutch, devenue culte par la force de l'âge et par un phénomène de génération, en long métrage ne pouvait qu'attirer l'attention d'une rédaction de trentenaires ou en passe de le devenir. Le travail fut lui-même confié à un réalisateur né en 1970 à Brooklyn, le peu connu Todd Phillips qui a pourtant commencé sa carrière dès 1994 à travers la production et réalisation d'un documentaire (Hated) sur une figure de la scène punk américaine, G.G. Allin.

    Ce qui est caractéristique avec ce Starsky & Hutch, c'est qu'il enjoint au départ à divaguer et parler de tout à l'exception de son contenu narratif. On pourrait d'ailleurs même se demander si son réalisateur ne cherchait pas à donner naissance à un produit ouvertement médiocre. La sortie du film de Phillips surgit au moment où l'on rappelle à grands cris que les séries tv sont mortes et que les sitcoms fredonnent déjà le chant du signe (Friends vient de déposer les armes) pour laisser la place libre à la tv reality. L'occasion était donc ouverte pour jouer la carte de la nostalgie. L'époque s'ouvre d'ailleurs abondamment à la citation, prétexte de fainéantise qui permet d'attirer l'attention et "de faire du fric". Commençant à faire leur trou auprès d'un public massif, certains groupes de rock utilisent par exemple ce procédé ; le groupe new-yorkais Nada Surf affiche ses références eighties en reprenant à la virgule et note près L'aventurier d'Indochine et si Brian Molko copie de la même manière le chef-d'œuvre des Pixies - Where is my mind ? (années 90) - il ne renie pas le chemin ouvert par Depeche Mode. La nostalgie joue donc ici un rôle publicitaire et souligne un manque d'inventivité, même si Nada Surf et Placebo n'en manquent pas dans leurs propres titres. 

    L'on pouvait penser que Phillips chercherait aussi de son côté à copier littéralement la série des années soixante-dix à laquelle il comptait donner une forme cinématographique. S'il en plagie le principe, il caricature surtout à outrance ses personnages sans jouer pourtant la parodie. Ben Stiller (Starsky) campe un laborieux et gentil benêt  pendant qu'Owen Wilson (Hutch) offre à son personnage le caractère de la suffisance et de la malhonnêteté patentée. Cette opposition, qui pouvait apporter un sens nouveau à la série, est pourtant rapidement contrebalancée par un refoulement homosexuel qui unit finalement le duo. Cependant, on est loin du sous-texte filmique et l'on atteint de manière flagrante le poncif. 

    Le film n'avait finalement pas à faire ses preuves en supplantant la série tv. Il se contente donc principalement de s'appuyer sur un narcissisme générationnel. Celles et ceux qui vont voir Starsky et Hutch sont déjà conquis d'avance et chercherons à retrouver dans des détails plus ou moins importants leur madeleine de Proust (habillement, décors - la Ford Torino au premier plan -, attitudes). L'on ne peut pourtant considérer qu'une série tout juste potable puisse se sentir flouée par une adaptation cinématographique. Jusqu'au bout, Phillips joue la carte bien pensante, nous offrant au final un symbolique échange de témoin entre le couple Paul Michael Glaser/Ben Stiller et Owen Wilson/David Soul. Reposant donc pleinement sur l'anecdotique, Starsky & Hutch n'enjoint pas à raisonner sur son contenu cinématographique. Il faut espérer que le prochain long métrage de Phillips, The Six Million Dollar Man avec Jim Carrey, se présentera lui comme un film. Michel Marques

 


 

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quelques sites pour poursuivre la route

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