CINÉMA

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SPY GAME (SPY GAME, JEU D'ESPIONS)
U.S.A., 2001, de Tony Scott, avec Robert Redford, Brad Pitt, Catherine McCormack, Stephen Dillane, Larry Bryggman...
Pitch : C’est la dernière journée de Nathan Muir à la C.I.A., avant la retraite. Un bonjour à la secrétaire, les affaires à ranger dans un carton, rien que de très ordinaire. Mais Muir va devoir se la jouer finaud. Tom Bishop, un de ses anciens partenaires, vient d’être fait prisonnier en Chine au cours d’une opération secrète. Si rien n’est fait, il sera exécuté dans les 24 heures pour espionnage. Malheureusement, les pontes de la C.I.A. ne semblent pas disposés à le couvrir. Pour eux, la vie d’un homme ne vaut pas le risque d’un incident diplomatique. Nathan Muir va devoir réactiver ses contacts pour sauver la vie de ce jeune loup à qui il a tout appris. Dans cette course contre la montre, ses meilleures armes seront son expérience, son bagou et un goût prononcé pour la manipulation...

 

BEHIND ENEMY LINES (EN TERRITOIRE ENNEMI)
U.S.A., 2001, de John Moore, avec Owen Wilson, Gene Hackman, Gabriel Macht, Charles Malik Whitfield, Joaquim de Almeida...
Pitch : Le lieutenant Chris Burnett envisage sérieusement de démissionner après une brillante carrière en tant que navigateur d’avion de chasse. Il ne comprend pas la position de la Navy américaine qui surveille les territoires de l’ex-Yougoslavie. Lui qui attendait de vrais conflits clairs où les bons et les méchants seraient reconnaissables, le voici réduit à jouer les observateurs. Survolant une dernière fois en jet une zone démilitarisée, Burnett et son pilote, Stackhouse, relèvent des signes suspects d’activité aux abords d’une forêt. Burnett a tout juste le temps de prendre une dizaine de clichés, avant que l’avion ne soit détruit par des tirs de DCA. Les troupes serbes se mettent à la recherche du lieutenant et le veulent mort. Son supérieur, l’amiral Reigart, ne peut l’aider sans troubler les fragiles accords de paix. Burnett est livré à lui-même...

 

Les pieds dans le plat

    Hasard du calendrier : Behind Enemy Lines (En territoire ennemi), à l'affiche le 16 Janvier, possède un tracé scénaristique identique à celui de Spy Game, sorti en France une semaine plus tôt. Dans les deux films, un agent juvénile (élément de la C.I.A. pour Spy Game, un pilote pour Behind Enemy Lines) ,en situation d’échec et coincé dans un pays étranger, se voit secouru par un généreux aîné, qui n’hésite pas à enfreindre les règles dans le but d’aider son " poulain ". Ponctués de vues aériennes et dotés d’un montage frénétique, ces blockbusters ont un projet commun : fuir la nuance et en mettre plein la vue.

    L’intérêt épisodique de Spy Game réside ainsi moins dans le transfert d’un savoir, de méthodes entre deux générations d’agents (et, à un niveau autre, entre les deux vedettes Robert Redford et Brad Pitt) que dans le climat paranoïaque qui s’instaure lorsque le personnage incarné par Redford doit affronter les questions de ses collègues, membres de la C.I.A. comme lui, qui filtrent aussi bien faits et gestes qu’appels. Toutes proportions gardées, Spy Game fonctionne à rebours dans la mesure où la morale du blockbuster impose à l’organisation (police, F.B.I., C.I.A. ...) un mauvais fils ; fruit pourri qu’il faudra éliminer pour assainir le système. A contrario, ici, c’est la C.I.A. qui est présentée comme une unité cynique, inhumaine que l’agent retraité (Redford) quittera sans tristesse, en parfait gentleman car lui seul se soucie du devenir de l’homme en difficulté.

    Malgré les approximations politico-historiques, ce regard inquiet et désabusé injecte une originalité relative à Spy Game surtout si on l’oppose au film de guerre cyber techno de John Moore, Behind Enemy Lines. Situé pendant le conflit en ex-Yougoslavie, il retrace les efforts d’un amiral bourru (Gene Hackman) pour récupérer un pilote (Owen Wilson) abattu alors que son avion quittait la trajectoire initiale. On reste assez stupéfait devant la vision offerte par ce film et le discours belliciste qui s’y dessine séquence après séquence. Les ennemis du titre ne sont pas les hommes de Milosevic – qui, somme toute, n’a jamais gêné les USA – mais une bande de serbes " dissidents et incontrôlables " qu’on éliminera au passage puisqu’ils en veulent au pilote yankee. Quant aux officiers qui s’embarrassent du sort des habitants, du respect des traités internationaux, on aurait bien tort de s’en soucier si l’on croit les concepteurs du film. Toutes les ethnies, victimes de la purification, ne méritent pas une scène à part entière, elles ne valent pas un brave soldat amateur de coca et de football. Message reçu. Ce discours douteux achèverait donc de faire de Behind Enemy Lines l’un des films les plus nauséabonds vus depuis longtemps si l’absence totale d’idées ne venait heureusement freiner ses ambitions propagandistes. Gautier Denneulin

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches