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SECRET WINDOW (FENÊTRE SECRÈTE)
Fenêtre sur cour David Koepp est un scénariste talentueux qui a toujours su se plier aux exigences des metteurs en scène avec qui il a collaboré par le passé. Tout d'abord sur Jurassic Park pour Steven Spielberg, Robert Zemeckis sur La mort vous va si bien, Brian De Palma pour l'Impasse, David Fincher sur Panic Room ou encore Sam Raimi pour Spider-Man. Bref, pas avec des tacherons ou débutants comme on peut en rencontrer, mais des artistes pleinement conscients de leurs capacités. Réactions en chaîne, son premier film, fut suivi en 2000 d'Hypnose qui se paya le luxe de remporter le Grand prix du festival de Gerardmer. Koepp était lancé. Non seulement, son nom devenait synonyme d'efficacité narrative, mais aussi d'emballage correct. Bien entendu, Hypnose n'a aucunement la trempe d'un Signs (Signes) ou de The Sixth Sense de M. Night Shyamalan mais est par exemple bien plus honnête que The Others (Les autres) d'Alejandro Amenabar . Voilà aujourd'hui à nouveau notre
réalisateur débouler avec son 3ème long métrage. Servi par Johnny Deep en tête
d'affiche, Secret Window (Fenêtre secrète)
est adapté d'une nouvelle de Stephen King intitulée Vue imprenable sur
jardin secret. Or, il faut se rendre à l'évidence, les transpositions
de King sur grand écran n'ont jamais été source de miracles. De récente mémoire,
Dreamcatcher d'ailleurs fait tâche. Il faut remonter jusqu'au Shining
de Stanley Kubrick pour trouver LE chef-d'œuvre. Le film conspué au plus au
point par King qui n'a jamais supporté le traitement clinique (mais génial) de
feu Stanley. Le reste, une suite de pantalonnades audiovisuelles aussi crétines
que mal faites, pas de quoi sauter au plafond (oui, oui, je sais, il y a aussi La
ligne verte de Darabont pour les Mickey). Belle démonstration de fusion sur la psyché de son héros, Secret Window (Fenêtre secrète) ne triche jamais. Tout y est limpide et clair dès le premier plan séquence qui ouvre, si l'on décrypte l'image, le sens précis de son mouvement jusqu'a sa chute. On ne vous en dira pas plus par politesse et pour ne pas vendre la mèche. Sachez seulement que Jean-Luc Godard avait parfaitement raison en affirmant que "Le travelling est une question de morale." Lancé sur ce parti pris métapsychique, tout s'enclenche à merveille pour peu qu'on ait un minimum de lucidité et de bon sens sur les névroses enfouies en chacun de nous (rupture affective, isolement, apathie). Pas de surprise donc, mais l'impression au moins que David Koepp maîtrise toujours aussi bien son talent de conteur sans chercher l'épate ou l'emphase des petits nouveaux pets culs d'Hollywood (Christopher Nolan ou Steven Soderbergh pour ne citer qu'eux). Secret Window (Fenêtre secrète), c'est le miroir mais en disant cela, l'on en dit déjà trop, le reste n'étant que symbolique de bazar. Son malaise (malgré quelques punchlines typique d'Hollywood) reste, lui, bien ancré au sortir de la salle. Cédric Gentaz
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