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SECRET WINDOW (FENÊTRE SECRÈTE)
U.S.A., 2000, de David Koepp, avec Johnny Depp, John Turturro, Maria Bello, Timothy Hutton, Charles S. Dutton...
Pitch : Mort Rainey, écrivain de polars de seconde zone, s’est isolé dans sa maison de campagne. Il n’a pas vraiment le moral : sa femme demande le divorce et il a de grandes difficultés à terminer son dernier livre. Un homme bizarre frappe alors à sa porte : John Shooter. Ils ne se connaissent pas, mais Shooter accuse Rainey de l’avoir plagié dans un de ses livres. Il demande réparation. Rainey nie : s’il a par le passé déjà fait cela une fois, ce n’est pas le cas pour cette nouvelle-ci. Shooter semble bien le connaître et commence à le faire chanter, mais Mort ne veut pas se laisser faire. Il tente aussi de réparer les erreurs de son passé, plus trouble qu’il n’y parait... 

 

Fenêtre sur cour

    David Koepp est un scénariste talentueux qui a toujours su se plier aux exigences des metteurs en scène avec qui il a collaboré par le passé. Tout d'abord sur Jurassic Park pour Steven Spielberg, Robert Zemeckis sur La mort vous va si bien, Brian De Palma pour l'Impasse, David Fincher sur Panic Room ou encore Sam Raimi pour Spider-Man. Bref, pas avec des tacherons ou débutants comme on peut en rencontrer, mais des artistes pleinement conscients de leurs capacités. Réactions en chaîne, son premier film, fut suivi en 2000 d'Hypnose qui se paya le luxe de remporter le Grand prix du festival de Gerardmer. Koepp était lancé. Non seulement, son nom devenait synonyme d'efficacité narrative, mais aussi d'emballage correct. Bien entendu, Hypnose n'a aucunement la trempe d'un Signs (Signes) ou de The Sixth Sense de M. Night Shyamalan mais est par exemple bien plus honnête que The Others (Les autres) d'Alejandro Amenabar . 

    Voilà aujourd'hui à nouveau notre réalisateur débouler avec son 3ème long métrage. Servi par Johnny Deep en tête d'affiche, Secret Window (Fenêtre secrète) est adapté d'une nouvelle de Stephen King intitulée Vue imprenable sur jardin secret. Or, il faut se rendre à l'évidence, les transpositions de King sur grand écran n'ont jamais été source de miracles. De récente mémoire, Dreamcatcher d'ailleurs fait tâche. Il faut remonter jusqu'au Shining de Stanley Kubrick pour trouver LE chef-d'œuvre. Le film conspué au plus au point par King qui n'a jamais supporté le traitement clinique (mais génial) de feu Stanley. Le reste, une suite de pantalonnades audiovisuelles aussi crétines que mal faites, pas de quoi sauter au plafond (oui, oui, je sais, il y a aussi La ligne verte de Darabont pour les Mickey). 

    C'est dire si l'appréhension de découvrir Secret Window (Fenêtre secrète) était grande. Mais entre les mains de Koepp "le scribouillard", le sujet se transforme vite en analyse psychanalytique au point que même sa mise en scène use d'introspection, afin de comprendre le malaise de Mort Rainey (Johnny Deep, épatant comme à son habitude). Si un final twist a bien lieu (attention, il serait malvenu de vendre le film sur cela), il est d'un prévisible effarant tant Koepp nous donne tous les repères pour faire bas les masques en deux minutes de projection chrono. Il faut le dire une fois pour toute, une histoire aussi bonne soit elle ne peut être lucrative que si la forme n'en réduit pas sciemment par roublardise ses enjeux, ses mécanismes (en pensant qu'avec un bon script le meilleur est déjà acquis, l'on a rapidement tout faux). 

    Belle démonstration de fusion sur la psyché de son héros, Secret Window (Fenêtre secrète) ne triche jamais. Tout y est limpide et clair dès le premier plan séquence qui ouvre, si l'on décrypte l'image, le sens précis de son mouvement jusqu'a sa chute. On ne vous en dira pas plus par politesse et pour ne pas vendre la mèche. Sachez seulement que Jean-Luc Godard avait parfaitement raison en affirmant  que "Le travelling est une question de morale." Lancé sur ce parti pris métapsychique, tout s'enclenche à merveille pour peu qu'on ait un minimum de lucidité et de bon sens sur les névroses enfouies en chacun de nous (rupture affective, isolement, apathie). Pas de surprise donc, mais l'impression au moins que David Koepp maîtrise toujours aussi bien son talent de conteur sans chercher l'épate ou l'emphase des petits nouveaux pets culs d'Hollywood (Christopher Nolan ou Steven Soderbergh pour ne citer qu'eux). Secret Window (Fenêtre secrète), c'est le miroir mais en disant cela, l'on en dit déjà trop, le reste n'étant que symbolique de bazar. Son malaise (malgré quelques punchlines typique d'Hollywood) reste, lui, bien ancré au sortir de la salle. Cédric Gentaz

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

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