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MAN ON FIRE
U.S.A., 2004, de Tony Scott, avec Denzel
Washington, Dakota Fanning, Christopher Walken, Giacario Giannini, Radha
Mitchell...
Pitch : John Creasy est un ex-agent
liquidateur de la CIA. Son vieux pote Rayburn lui trouve un boulot plutôt pépère
: être le garde du corps de la petite Pita Ramos, 9 ans, fille d'un
industriel mexicain. Or, à Mexico, les enlèvements d'enfants sont monnaie
courante. Creasy et Pita deviennent vite amis : il l'aide à s'affirmer, elle
lui redonne son humanité perdue. Mais il ne peut éviter l'inévitable : Pita
est enlevée devant ses yeux. Grièvement blessé, il entreprend de se venger
et d'éliminer tous les auteurs et complices du crime. Pita est sans doute déjà
morte, mais personne n'arrêtera John Creasy dans sa vendetta. Il est prêt à
tout, surtout au pire. Ce n'est pas une descente en enfer : il y est déjà.
Le Punisher
Sous l'ère reaganienne, Tony Scott était
ce parfait maverick boy scott du système politique républicain vendant la
soupe à grande louche (sous leur vernis branchouille) dans d'insondables B
movies qui ont pourtant fait succès : Top Gun,
Le flic de Beverly Hills 2, Le
dernier Samaritain (exception faite, très réussi cependant).
Quentin Tarantino lui confie quand même en 1993 un de ses scénarios, True
Romance, assez surfait mais dans l'esprit underground se son
auteur. Il se mesure en 1995 au périlleux exercice du film claustro sous-marinier
USS Alabama. Plus récemment, Ennemi
d'État (toujours surfait) et Spy Game
(bien meilleur) avait laissé un goût partagé sur le bonhomme. Qu'en est t'il
aujourd'hui de Man on Fire, remake
éponyme de celui d'Elie Chouraqui ?
S'épanouissant pleinement sous l'aile
providentiel du bourrin révisionniste (voir Pearl
Harbor) Jerry Bruckheimer durant toute ses années, il
n'est pas étonnant que le petit Tony Scott (l'aîné, c'est le très
surestimé Ridley Scott) ait fini par creuser un style propre et reconnaissable.
Hyperbole du maniérisme, noyé par un déluge d'effets clipesques pas
totalement justifiés mais s'employant à nous faire toucher la déchéance
mentale de son héros joué par Denzel Washington, l'homme qui court après
les statuettes dorées. Absolument toutes les images passent au broyeur, se
hachent, se déstructurent, semblant se fondre en un point mouvant déhiérarchisé.
Montage ultra nerveux (jump cut, ralentis, accélérés, zoom), Scott atteint
la limite de distorsion de ses surfaces. Il a de l'idée comme celle des sous-titres
se fondant au vecteur emotionnel du découpage.
En plus de cela, le réalisateur ne se vend
pas au film de vengeur consensuel et démago comme Jonathan Hensleigh et son
triste Punisher.
Non, Tony Scott est ce vrai jusqu'au-boutiste qui fait un bras d'honneur à la
morale pour mieux nous faire jubiler en transformant de ce Man
on Fire cuvée 2004 en un polar hard boiled fataliste et extrémiste
tel que les années 80 à la Bronson en enfournaient à tour de bras. La
compilation de tous ces ingrédients réunis font de Man
on Fire une agréable surprise, ne reniant jamais ses
intentions mais les poussant au contraire aux limites des logiques rompues au
genre. La fin atteint même une surprenante plénitude parfois touchante.
Finalement, nous l'avons eu notre Punisher
sans scrupule. Alors, heureux ? Cédric Gentaz
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