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LE RÔLE DE SA VIE
Le triste milieu Le rôle de sa vie est le premier long métrage de François Favrat après Mon meilleur amour, un cm réalisé en 2001. Le réalisateur en a aussi signé les scénarios tout comme ceux de Elle est des nôtre (de Siegrid Alnoy, 2003) et Bord de mer (de Julie Lopes-Curval, 2002). C'est dire si François Favrat est parfaitement implanté dans le petit monde du jeune cinéma français, si prévisible, si fade. Entre humoristes venus de la télé et abreuvant les écrans de l'hexagone de leurs fadaises et cinéastes réalisant des films franco-français, l'on est loin de la vivacité et du talent du cinéma actuel coréen (Memories of Murder, Printemps, été, automne, hiver... et printemps), espagnol (Te Doy Mis Ojos), israélien (Broken Wings) ou encore marocain (Mille mois, Les yeux secs). Il ne s'agit pas de prétendre ici que Le rôle de sa vie est un mauvais film. Son casting est même de qualité, Karin Viard et Jonathan Zaccaï s'opposant remarquablement par leur retenu face à l'habituelle mauvaise humeur des personnages qui poursuivent comme une malédiction Agnès Jaoui. Non, Le rôle de sa vie n'est pas à fuir. Il s'oublie pourtant très rapidement au sortir de la salle. Le jeune cinéma français actuel atteint un tel degré d'indifférence face aux réalisateurs installés (Raymond Depardon et son récent 10E Chambre, instant d'audience pour ne citer que lui), qu'il devient difficile de se convaincre de rejoindre un cinéma pour en découvrir un. Ce constat ne rejoindrait-il pas celui fait récemment autour du court métrage français ? Le rôle de sa vie laisse donc dernière lui un souvenir moyen, se situant au milieu des choses. Admirative d'une star française, le personnage de Claire la rencontre par hasard et finit par travailler pour elle. Elle finit par se départir de sa soumission face à son idole pour voler de ses propres ailes, publiant un premier roman. Le film montre du doigt l'égocentrisme du milieu artistique, récompensé au final comme il se doit par l'isolement, avant de rejoindre l'indifférence. L'on est finalement bien loin du remarquable premier film réalisé l'an dernier par Julie Berticelli (Depuis qu'Otar est parti). Ce dernier se regardait sans aucun doute beaucoup moins le nombril. Au final, que dire du rôle de sa vie si ce n'est "passez votre chemin". Ce film ravira peut-être les vendeurs de la Fnac qui devraient en écouler facilement le dvd durant les prochaines fêtes de Noël. Michel Marques
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