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LE CAS PINOCHET
Il ne faut pas sauver le soldat Pinochet Tout d’abord un peu d’histoire… en 1973 le général Pinochet soutenu par l’armée, les U.S.A. et la bourgeoisie chilienne met fin au gouvernement démocratiquement élu de Salvador Allende. S’en suit une période de répression militaire féroce qui ne prendra vraiment fin qu’avec un fragile retour à la démocratie en 1990. Même s’il avait officiellement quitté le pouvoir, Pinochet n’en restait pas moins très présent. Sénateur à vie, il bénéficiait du soutien de l’armée et d’une partie de la population. Avec ce bilan, il était peu probable qu'il dût un jour rendre des comptes devant la justice. Mais c'était sans compter sur l’immense soif de justice du peuple chilien, des exilés et surtout sur l'intelligence et la ténacité des juges espagnols qui attendaient un voyage de Pinochet à Londres pour le faire arrêter. Outre le plaisir de voir Pinochet arrêté, Le cas Pinochet est intéressant à plusieurs titres. Tout d’abord, il permet de faire le point sur cette affaire. Guzman montre comment un juge espagnol peut arrêter un dictateur chilien à Londres, mais surtout il nous permet de faire un rappel historique sur ce qu’a été la réalité de la dictature. Ce documentaire fonctionne dans le présent avec les péripéties judiciaires mais aussi dans le passé, avec la force des témoignages des victimes. Ici, le rappel du passé éclaire d’un jour nouveau le présent. C’est un film qui montre qu’une bataille n’est jamais perdue, l’obstination des familles à demander justice finit par payer, ce sont leurs témoignages qui vont permettre d’instruire l’affaire. Ces victimes qui ont vu leur vie brisée par la disparition - ici le mot disparition prend tout son sens car même les corps ont disparu - d’un mari, d’un frère, d’un père…Ces victimes nous rappellent que la souffrance et la barbarie n’ont pas d’âge ni de nationalité. Ce film permet aussi de voir le Chili d’aujourd’hui avec ses oppositions, la population qui manifeste contre le général et la bourgeoisie qui accueille Pinochet à l’aéroport, mais surtout les chiliens pouvant témoigner et demander des comptes. Ils osent maintenant interpeller publiquement les responsables des massacres qui ont encore aujourd’hui des responsabilités militaires. La vraie leçon de ce film est peut-être qu’aujourd’hui les chiliens n’ont plus peur. Frédéric Billion Bio-filmographie de Patricio Guzman
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