CINÉMA

FILMS TV SÉRIES TV NANARS DOSSIERS BRÈVES de comtoir
                         INTERVIEWS DVD AUTOPSIE ABÉCÉDAIRE RÉDACTION PAGE d'ACCUEIL

■   ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■  

 

FEAR X (INSIDE JOB) 
U.S.A., 2004, de Nicolas Winding Refn, avec John Turturro, Deborah Kara Unger, James Remar, Stephen Mcintyre...
Pitch : Harry Cain, vigile de supermarché, est traumatisé depuis la mort de son épouse, assassinée dans un parking par un inconnu. Depuis, Harry visionne en boucle les vidéos des caméras de surveillance pour déceler un indice qui puisse le mettre sur la piste du meurtrier...

 

Plagiat non avoué n'est pas pardonné

    On entre au cinéma découvrir Inside Job (titre « français » de Fear X- sic) sur la fois de son co-scénariste, qui n’est autre que le regretté Hubert Selby, jr. C’est la première fois que l’auteur du Démon ou de Last exit to Brooklyn écrit un scénario original pour le cinéma (1). Comme dans tous ses romans, le héros de ce thriller mental se prénomme Harry. Il enquête sur le meurtre aux circonstances non élucidées de son épouse, assassinée en même temps qu’un policier dans le parking de la grande surface où travaille son vigile de mari. Les obsessions de Selby sont bien là, avec paranoïa galopante et vision cauchemardesque d’un univers en sursis. 

    Malheureusement, Selby échoue à donner vie à cet univers et sombre dans un thriller anémique d’une vacuité sidérale. Premier responsable de cette catastrophe, le réalisateur/scénariste qui semble avoir trop vu Lost Highway de David Lynch et cherche à tout prix à remaker sa première partie. Trompant le spectateur sur le régime des images (Réalité ? Simulacre ? Visions mentales ?), Nicolas Winding Refn  se complait à multiplier les longs et lents mouvements de caméra comme si quelque chose allait finir par advenir devant l’objectif à force d’une auto-persuasion très méthode Coué. 

    Hélas, ce n’est pas en se regardant filmer qu’on instaure le moindre trouble. On vous épargnera donc le catalogue exhaustif des citations lynchiennes : hôtel rougeoyant, apparitions mystérieuses d’individus semblant vivre dans un univers parallèle (cf. la scène où les flics discutent de leurs forfaits), ascenseur interlope, fin indécidable où la raison se perd quelque part sur les rivages de la folie ou de la schizophrénie… Ces références deviennent rapidement, de phare éclairant la nuit cinématographique, bouée de sauvetage pour cinéaste en déroute. 

    La prétention du cinéaste ne s’arrête pas là si l’on en juge la liste des collaborateurs haut de gamme entraînés dans cette galère : John « Barton Fink » Turturro en vedette, Deborah « Crash » Unger (5 minutes de présence seulement, hélas) Larry Smith, le chef opérateur de Eyes Wide Shut à la photo, Brian Eno à la musique (forcément planante)… Mais ce n’est certainement pas en convoquant les Dieux du cinéma (et de la musique) qu’on acquiert soi-même des pouvoirs divins. A fuir. Nicolas Rioult

 

(1) Inside Job n’est pas pour autant sa première incursion cinématographique, puisqu’il co-écrivit avec Darren Aronofsky l’adaptation de son ouvrage Retour à Brooklyn, qui engendra le génial Requiem for a Dream.

 

 

■   ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■

Copyright © 2004 - Tous droits réservés : Siteducinephile@aol.com   

 

quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches