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I, ROBOT
U.S.A., 2003, de Alex Proyas, avec Will Smith, Bridget Moynahan, Alan Tudyk, James Cromwell...
Pitch : 2035, Chicago. Le professeur Miles Hogenmiller, chercheur en robotique, vient d’être assassiné. Le détective Del Spooner est chargé de l’affaire. Son enquête le conduit à suspecter Sonny, un androïde. Dans ce monde où les robots assistent les humains, l’implication de Sonny dans ce meurtre paraît aberrante, car les droïdes, selon les lois de la robotique, ne sont pas programmés pour tuer. Sonny aurait été le premier à violer cette règle sacrée, exposant alors l’humanité à la crainte des machines. Del Spooner, lui, a toujours détesté les robots. Aidé d’une psychologue qui se plonge dans l’esprit de ces derniers, le tandem devra dénouer les fils de l’affaire et répondre à l’angoissante question : Sonny est-il le premier à avoir contourné cette règle inviolable ?

 

Le soulèvement des machines

"On ne pourra dire qu'on a créé une intelligence artificielle 
ou une conscience artificielle que le jour où elle sera capable 
de faire le mal. C'est aussi simple que ça..."

Maurice G. DANTEC

    Nul n'est censé ignorer les évolutions grandissantes dans le domaine de la robotique. En 1997 le célèbre champion d'échec Garry Kasparov est vaincu après 6 tours par le super ordinateur Deep Blue. Bien entendu, la machine n'est pas encore évoluée au point de pouvoir raisonner de façon autonome, mais elle peut anticiper dans la cas présent les coups de son adversaire grâce à des bases de données et des calculs analytiques démentiels. Mais peut-on vraiment parler d'intelligence si la machine n'est pas capable de développer une fonction cognitive propre à son environnement ? Néanmoins, le chercheur Hugo de Garis, qui mène le projet Robokoneko du laboratoire ATR de Kyoto, estime que d'ici 50 ans naîtront des intelligences artificielles nommées "artilects" qui nous seront si supérieures qu'elles pourraient bien nous considérer comme des animaux stupides, voire nuisibles. C'est exactement le sujet traité (donc pas si surréaliste) du nouveau film d'Alex Proyas, I, Robot,adapté librement du visionnaire écrivain russe Isaac Asimov et de son Cycle des robots (disponible en poche chez "J'ai lu").

   
Asimov, qui a toujours été fasciné par le roman Frankenstein de Mary Shelley, souhaitait créer une nouvelle référence en matière de "monstre", répondant à l'humain en évitant l'écueil de la création qui se retourne contre son maître. Quoi de mieux alors que des androïdes ? La nouvelle de l'auteur apporte à la fois une évolution pointue et crédible en inventant les 3 lois de la robotique qui influenceront d'éminents scientifiques dans ce domaine, ainsi qu'une réflexion transversale sur la place de l'i.a (amical, main d'œuvre, politique) face à l'homme dans un futur proche. La transposition sur grand écran d'I, Robot posait certains problèmes, dus aux nombreuses questions techniques et philosophiques dilués au fil des pages. La Fox, productrice, eut alors l'idée de le combiner à un projet policier, depuis longtemps sur la touche, appelé Hardwired. Le script fut plié par le studio à l'univers d'Asimov, et Alex Proyas embauché pour en tenir les commandes avec confiance. Le réalisateur avait déjà su s'exprimer auparavant au sein d'un univers visuellement riche (The Crow, Dark City).

    En visionnant
I, Robot, l'impression d'assister à une synthèse entre Intelligence Artificielle et Minority Report de Steven Spielberg se fait constamment sentir. A.I. de par son sujet traité, et M.R. pour son côté policier futuriste (Chicago remplace ici Washington) avec un homme seul face à une machination. Du traitement d'origine, plusieurs personnages subsistent comme les Nector 4 et 5 dont "l'humanisé" Sonny, le Dr. Alfred Lanning (James Cromwell) et Susan Calvin (Bridget Moynahan), psychologue en robotique cognitive, témoin central du récit chez Asimov qui passe ici second couteaux au profit de l'athlétique Will Smith à la démarche à peine dégagé de Bad Boys. Avec cette tête d'affiche, l'assurance d'attirer un public jeune n'ayant pas forcément envie de se prendre la tête en cette période estivale semble prendre le dessus. D'où la nécessité de caser de l'action au milieu d'un récit plutôt bien structuré, à la voûte réflexive présente pour peu que l'on n'éteigne pas son cerveau en cours de route (ce qui serait un comble au milieu d'un film qui ne parle que d'intelligence). Bien entendu, sur le terrain métaphysique, inutile d'espérer égaler ou dépasser le chef-d'œuvre de Spielberg A.I., qui posait la question "Qu'est-ce qu'être humain ?", en prenant soin d'y répondre par une somme métatextuel et visuelle introspective.

    I, Robot est, lui, un blockbuster tourné vers le divertissement détergeant, l'immédiatement consommable, ce qui n'a rien de péjoratif, bien au contraire puisqu'il a été pensé et conçu comme tel. Poursuites, gunfights (risible lorsque Will Smith prend une pose à la John Woo sur sa moto), retournements de situations, tout y passe avec une facilité presque déconcertante. Graphiquement, l'environnement futuriste mais surtout les robots sont exemplaires. Les animateurs ont réellement su insufflé une part de "vie" aux androïdes. Cette astucieuse iconographie permet de conserver tout du long un miroir tendu entre l'homme et la machine, la responsabilité face à nos créations, la frontière qui délimite la conscience du programme dès lors de l'éveil d'un libre arbitre résonné instinctivement (argument mainte fois prouvé scientifiquement en recherche cognitive). Le soulèvement final des i.a rapproche le film de Proyas vers le Metropolis de Fritz Lang mais surtout de l'autre Metropolis, de Rin Taro celui-là. I, Robot est non seulement la première bonne surprise de cet été et ne manque pas de traiter son public avec respect en lui donnant ce qu'il est venu chercher (l'attaque des "méchas" sur la tour d'US Robotics est monstrueuse de complexité, la caméra devenant un outil mimétique), mais en lui offrant aussi la synthèse succincte de plus d'un demi siècle de science fiction robotisée. Damn right Alex ! Cédric Gentaz

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

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