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HOME ON THE RANGE (LA FERME SE REBELLE)
U.S.A., 2003, de Will Finn, John Sanford, avec les voix de, Claire Keim, Anthony Kavanagh, Jacques Frantz, Marie Vincent, Martine Meirhaege...
Pitch : Maggie, Mrs Calloway et Grace, trois rombières bovines, vivent paisiblement dans la ferme d’une vieille dame, au milieu du grand Ouest américain. Mais c’est la crise et l’exploitation est menacée : si la propriétaire ne trouve pas les fonds nécessaires, sa ferme sera vendue aux enchères. Les trois courageuses vaches décident alors de se mettre sur les traces d’Alameda Slim, un redoutable voleur de bétail qui terrorise les environs et dont la tête est mise à prix pour une grosse poignée de dollars. Si les vaches arrivent à le capturer et à le livrer au shérif, elles auront de quoi sauver la ferme...
La Ferme !!!
Il aurait été malvenu de ne pas parler du
nouveau Walt Disney, très mal distribué en cette période estivale, puisqu'il
s'agit ni plus ni moins du dernier dessin animé 2D réalisé par la firme. Une
page de l'histoire du cinéma se tourne, dans la discrétion, à croire que l'on
a tout fait pour ne pas ébruiter l'affaire. Une certaine idée de l'artisanat
s'éteint donc, et une nouvelle perspective d'animation s'ouvre. Il faut
cependant l'avouer, les américains n'ont jamais su contrairement aux japonais
combiner l'ancienne école avec le nouvelle (voir Metropolis
de Rin Taro, par exemple, fusion exemplaire des deux). La crise américaine ne
frapperait donc pas uniquement le documentaire qui se plie déjà à la sauce
real tv (Fahrenheit
9/11, Super
Size Me). En effet, les plus belles promesses de l'animé se
feront dorénavant à l'Est, du côté des Miyazaki, Oshii, Otomo (bientôt Steam
Boy) et bien d'autres. La ferme se
rebelle est mis en scène par la même équipe du survitanimé
Kuzco, l'empereur mégalo. Le style graphique est d'ailleurs immédiatement
identifiable. Les contours cubiques et l'esprit gentiment dingue permettent
d'identifier la chose en quelques secondes.
Et malgré la bonne volonté évidente qui parcourt ce trop
court chant du cygne (1h15), on ne peut que sentir les freins qui enrayent la
machine à chaque fois qu'elle menace de s'emballer. Quelques brides subsistent
dans ses intentions, proposer, par exemple, un véritable rollercoaster.
La séquence de poursuite en chariot dans les mines est à ce titre exemplaire
de précision, d'enchaînement et de retournements dingo propre au Chuck Jones
de la grande époque et aussi aux courts métrages élastiques de Roger
Rabbits (voir en bonus sur l'édition collector du film :
indispensable). Le reste s'appuie sur une formule qui fait depuis longtemps
recette, une chanson, une situation, un sidekick, ici parfaitement réussit
en la personne du cheval nommé Buck qui se fantasme en kung-fu star et qui nous
vaut une séquence dézinguée (soudainement en scope) tous azimuts.
On pourrait voir en sous texte les animateurs luttant comme
le trio de vaches pour sauvegareré leur parcelle de "terre" face à
ce grand impérialiste qui menace de les engloutir. On comprend alors peut-être
pourquoi le film est si souvent stoppé dans sa folie, car chez Disney la résistance,
on n'aime pas et on l'écrase donc. Le dernier département animation en Floride
a fermé ses portes mais les bougres qui en viennent semblent bien décidés à
reprendre le flambeau de façon indépendante. Il est dommage que le studio aux
grandes oreilles qui nous avait habitué à tant d'émerveillement constant
(surtout aux débuts des années 90 et ses classiques intemporels de l'âge d'or
: années 40 à 60) n'est pas conclu avec plus de démesure et d'ambition. Voilà
qui a tout l'air d'un enterrement pudique, mais à mauvaise odeur, fait dans l'indifférence.
Avouons que quelque part, cela fait bigrement mal. Cédric Gentaz
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