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HELLBOY
U.S.A., 2003, de Guillermo del Toro, avec Ron Perlman, Doug Jones, Selma Blair, John Hurt, Rupert Evans, Corey Johnson, Karel Roden...
Pitch : Au crépuscule de la Seconde Guerre mondiale, les nazis tentent l’ultime recours : la magie noire. Mais la cérémonie est stoppée par l’arrivée in extremis des Alliés. Un démon muni d’un bras en pierre a néanmoins été appelé : Hellboy. Encore enfant, élevé par le Professeur Broom, il rejoint les forces du Bien. Devenu adulte, il intègre le BPRD, un bureau secret spécialisé dans le paranormal, formant une équipe improbable avec le télépathe Abe Sapien ainsi que Liz Sherman, qui a le pouvoir de contrôler le feu, et dont les charmes ne le laissent pas insensible. Ensemble, ils vont s’évertuer à lutter contre le Mal, et notamment le mystérieux Rasputine, qui cherche à raviver le côté démoniaque d'Hellboy...

 

Hell ? No !

    Le réalisateur mexicain Guillermo Del Toro n'a jamais caché sa boulimique cinéphilie, emportant avec lui pas moins de 500 dvd sur le tournage de Hellboy. Si son cinéma a toujours puisé des influences diverses, la grosse série B qu'est Blade 2, boursouflée mais néanmoins détergente grâce à ses envolées prélevées du Ninja Scroll de Yoshiaki Kawajiri, invitait à la confiance pour l'adaptation du comics de Mike Mignola. D'autant que l'on savait l'importance accordée au sujet puisque Del Toro en avait lui-même signé le scénario.

    Au vu du métrage, on ne peut contester que le cœur et la passion y soient. Déployant un bestiaire purement lovecraftien, un graphisme gothique et une volonté affichée d'approfondir intimement ses personnages, rien n'y fait pourtant exploser le niveau ou espérer toucher celui qu'on nous avait promis. Si les acteurs, Ron Perlman en tête (son meilleur rôle), ne sont pas à remettre en cause, le scénario archi prévisible l'est quant à lui totalement. N'importe quel néophyte de l'univers de Mignola sera capable avec dix minutes d'avance de deviner les rebondissements à venir. Un exemple type : Hellboy est un démon de l'enfer mais il sert le bien. Si au final, il est de nouveau confronté au dilemme bien/mal, on ne ressent pourtant aucunement les questions qui l'assaillent. A vrai dire, on frôle parfois la caricature de bazar (la morale s'affichant texto dans la question/réponse suivante : qu'est-ce qui fait qu'un homme est un homme ? Les choix qu'il fait), lorsque ce n'est pas le kitch grotesque qui l'emporte (décors toc). 

    Le bad guy nazi Kronen est l'un des meilleurs ingrédients du film, il faut pourtant voir comment Del Toro s'en débarrasse dans une séquence d'action réduite et pauvre en ambition sur la fin, alors qu'il aurait pu s'agir du climax furieux et bourrin. Manque de budget peut-être (réduit dès le départ de la production), intrigue traînant en longueur, c'est dur à dire mais Hellboy est un peu le X-Men du pauvre. Recyclant des élans de mise en scène déjà utilisée sur Blade 2, rien ne brille d'un éclat nouveau et le feu aux poudres ne prend définitivement pas. Hell ? No !!!. Cédric Gentaz

 

 

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