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HARRY POTTER AND THE SORCERER'S STONE (HARRY POTTER A L'ECOLE DES SORCIERS)
Harry mène l'enquête Qu'on se le dise, Harry Potter and the Sorcerer's Stone n'est pas un bon film, loin de là. Les effets spéciaux sont nombreux et peu convaincants (hormis les tableaux vivants et quelques autres), même si les décors sont somptueux. Mais le problème principal réside dans le scénario, mal dirigé. Ainsi, la véritable enquête menée par Harry et ses amis ne commence qu'une heure avant la fin, soit au bout d'une heure trente de film! Toute cette (longue) première partie est purement descriptive montrant un foisonnement de créatures fantastiques (licornes, gobelins, centaures, dragons et autres trolls) qui constitue une suite de scènes vite lassantes. Au milieu de tout ça, on pense évidemment à Star Wars (Episode 1), et à raison: les sorciers sont les jedi, Harry est Anakin enfant, et Voldemort est décrit littéralement comme un sorcier ayant plongé dans le "côté obscur". Le summum étant la partie de Quidditch, une sorte de base-ball sur balai volant, rappelant inévitablement la course de Pods, avec la victoire finale, et ce malgré les mauvais coups des méchants, du jeune héros. D'ailleurs, à l'instar d'Anakin, Harry réussit à contrecarrer les plans diaboliques sans jamais utiliser aucun pouvoir appris en cours. Et c'est de ce décalage par rapport à ce que l'on attend du film, c'est-à-dire des tours de magie toutes les 5 minutes, que provient l'un des éléments les plus intéressants du film. Paradoxalement donc, Harry Potter... est l'un des seuls films (avec Excalibur, de John Boorman) à montrer que la magie peut être quelque chose d'extrêmement puissant et dangereux. A travers les petits tours de passe-passe, on se rend compte d'une puissance latente et terrifiante. Hagrid allume un feu sans prononcer un mot, Harry fait disparaître une vitre sans le vouloir, et Ron maîtrise un troll (les puristes de créatures fantastiques auront remarqué qu'il s'agit en fait d'un ogre) avec un tour fraîchement appris. On imagine alors quelle doit être la puissance des Anciens, ce qui serait resté de ce troll après l'assaut d'un mage confirmé. Tandis que Donjons & Dragons flirte avec une puérilité inappropriée au film en matière de magie (entre autres), Harry Potter... montre une surprenante maturité, alors qu'il s'agit à la base d'une histoire pour enfants. Mais cette maturité ne concerne que l'approche de la magie (et donc du pouvoir). La morale ultra poussée du film le rend complètement manichéen : deux camps, le bien et le mal, représentés explicitement dans le film par la maison Griffondor, dans laquelle se trouve Harry, et la maison Serpentard, de son ennemi Draco Malefoy, et d'où proviennent tous les magiciens du côté obscur. Les deux autres maisons, représentantes d'une certaine neutralité, sont occultées par le film. Le film souffre également d'une trop grande fidélité au livre, qui le noie dans cette succession de scènes descriptives (véritable bestiaire fantastique), obligeant l'intrigue à être repoussée bien plus loin dans le film. Finalement, on pourrait dire que Harry Potter... est victime de son trop grand réalisme par rapport au livre, ce qui est assez rare, et surtout très dommage. Reste que les enfants seront émerveillés, mais qu'une adaptation comme celle-ci se révèle inutile. Mathieu Jaillet
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