CINÉMA

FILMS TV SÉRIES TV NANARS DOSSIERS BRÈVES de comtoir
                         INTERVIEWS DVD AUTOPSIE ABÉCÉDAIRE RÉDACTION PAGE d'ACCUEIL

■   ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■  

 

COLLATERAL 
U.S.A., 2004, de Michael Mann, avec Tom Cruise, Jamie Foxx, Jada Pinkett Smith, Mark Ruffalo, Peter Berg, Bruce Mcgill, Irma P Hall...
Pitch : Max est chauffeur de taxi à Los Angeles. Il travaille la nuit. Lors d'une course, il sympathise avec Annie Farrell, une jeune femme procureur, tirée à quatre épingles. Elle est stressée mais grâce à la bonhomie de Max, elle se calme. Le taxi lui offre une carte postale d'une île paradisiaque pour qu'elle puisse s'évader dans la journée. En échange, elle lui donne sa carte de visite. Après l'avoir déposée, Max embarque un homme d'une grande allure, costume et cheveux gris. Il dit être à L.A pour affaires et propose à Max de l'accompagner toute la nuit à ses différentes réunions, en échange d'un bon paquet de dollars. Le chauffeur accepte après quelques hésitations et dépose Vincent au pied d'un immeuble pour son premier rendez-vous. Mais quand un homme est défenestré de son appartement et s'écrase sur son taxi, Max comprend que Vincent a des choses à cacher...

 

Le malaise de la civilisation
 
    Loin de Ali (son précédent film), Michael Mann a accepté de porter à l'écran une commande, à la ligne narrative simple mais efficace. Série B malicieuse mais sans grande envergure sur le papier, le souffle de la roublardise aurait semblé évident entre les mains de n'importe quel opportuniste (un Ridely Scott par exemple ?). Chez Mann, cependant, naît une nouvelle fois l'envie d'explorer un peu plus loin le terrain vertigineux du polar urbain, avec une plongée intraveineuse dans les entrailles cartilagineux de la cité des anges, Los Angeles. Inutile de dire que le cinéaste ne s'est refusé aucun moyen, comme celui de tourner Collateral à 80% en support vidéo HD avec des caméras sensibles et très encombrantes, la Sony CineAlta et la Thomson Grass Valley Viper FilmStream. Qu'en saisit alors Michael Mann ? Une ville en flottement qui semble dévitalisée dans un quotidien grisâtre et industriel.
 
    Il se penche alors sur la rencontre de deux hommes - Max (Jamie Foxx) et Vincent (Tom Cruise) - que tout semble opposer idéologiquement,  Nous rappelant le thème moteur de son plus grand film, Révélations, ou comment l'industrie corporatiste broie la notion d'individu par la marchandise aliénante de l'information de masse, les deux héros se débattent au cœur d'un système voulant les placer en marge. Metteur en scène des surfaces (vitres, reflets, lumières engloutis par la nuit et relief cartographique), Mann peut être considéré comme un artiste qui n'a jamais cessé de faire des films de genre à la manière d'un intellect en mouvement (comme John McTiernan d'ailleurs), dépassant le postulat basique de la trame pour passer du figuratif vers l'abstrait. Mann s'y impose comme un post moderne éthéré mais au style sien, qui fait quasi figure de résistance à Hollywood. Il nous y propose une double lecture sans l'imposer, fait du divertissement avec l'esprit en alternative complémentaire du physique ; la fusillade de la boite de nuit ou l'exténuante course poursuite finale dans l'immeuble puis dans le métro en sont l'expression vivante.
 
    Car Vincent, ce vieux loup fatigué (symbole repris à l'image), aura au moins fait prendre conscience à Max de la désillusion d'une vie (ambitions réduites face à l'envergure du néant) et l'aura aussi aiguiller sans le savoir vers une relation sentimentale durable. Quant à lui, il moura dans l'indifférence générale, rien de plus qu'un homme seul dans un train en bout de course dont personne ne se souciera. La collision antinomique de ces deux êtres aura pris place d'une certaine mesure au cœur de l'immensité (assez paradoxale puisque tout se passe dans l'étroitesse d'un taxi). Comme quoi, le malaise des grandes villes a toujours su pointer avec plus ou moins de justesse l'insignifiante place de l'humanité dans son environnement. Comme l'a si bien dit Ernest Renan, "L'homme est désespéré de faire partie d'un monde infini, où il compte pour zéro." Cédric Gentaz
 
 
 

 

 

■   ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■

Copyright © 2004 - Tous droits réservés : Siteducinephile@aol.com   

 

quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches