CINÉMA

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CHANGING LANES (DERAPAGES INCONTRÔLÉS)
U.S.A., 2001, de Roger Michell, avec Ben Affleck, Samuel L. Jackson, Toni Collette, Sydney Pollack, William Hurt, Kim Staunton, Amanda Pe...
Pitch : Y'a des matins comme ça... Gavin Banek et Doyle Gipson doivent se rendre au plus vite au tribunal de New York ; Banek, en jeune avocat ambitieux, doit plaider une affaire de successions, tandis que Gipson, récemment divorcé, doit se battre pour avoir la garde de ses enfants. Le hasard les fait se croiser sur l’autoroute, et c’est l’accrochage. La voiture de Gipson est la plus touchée, le voilà immobilisé. Banek le laisse avec un chèque en blanc et n’accepte pas de l’emmener au tribunal. A cause de ce contretemps, Gipson rate l’audience. Sa vie est fichue, et il tient à se venger sur Banek : ce dernier a en effet oublié sur le lieu du crash un document important pour son affaire. Entre ces deux hommes, c’est désormais la guerre... 

 

Revers de fortune

    La fragilité qui émane de Changing Lanes (Dérapages incontrôlés) repose autant sur la teneur de son propos que sur la minceur de son postulat. Le mac guffin (rarement le terme aura été aussi approprié) – un dossier perdu suite à une collision – introduit l’alternance, qui fait fluctuer de l’avocat dépossédé du bien (Ben Affleck) à son détenteur accidentel (Samuel L. Jackson).
    Tout un pan du film, en pleine bassesse et mesquinerie quotidienne, décortique les efforts du juriste pour récupérer le dossier. L’effet boule de neige est l’arme secrète du script : s’accumulent les fausses résolutions qui font glisser de l’anecdote banale – le choc entre deux voitures – à une hargne envers l’autre. Dans la politique du " chacun pour soi ", le retard d’un arrangement conduit à un antagonisme primaire.

    Malheureusement, le second programme de Changing Lanes tend à amoindrir le rôle de l’incident. Le destin s’accomplit pour deux hommes dont la trajectoire est toute tracée, l’une dans la réussite, l’autre dans l’échec. A l’apologue moral boursouflé, on retient le climat new-yorkais très noir, qui tranche avec le tout venant hollywoodien. Hors d’un genre pré-établi, les protagonistes seraient sortis des meilleurs feuilletons américains comme NYPD Blues ou The Practice dont la mise en scène-éponge a absorbé les effets (montage cut, mouvement incessant, jeu sur la netteté).
    Dans un contexte inégalitaire, Changing Lanes pointe un moment de bascule où tous les plans d’avenir s’effilochent. Croisement entre Rock Hudson et le jeune James Caan, Ben Affleck finit par émouvoir par sa manière de légitimer ses actes puis de sentir les remords prendre le dessus, une fois l’abominable accompli. Gautier Denneulin

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches