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CAVALE
Le bon, le brut et le très chiant De trois choses l'une, à quels commentaires peut-on se livrer après avoir assisté à la trilogie de Lucas Belvaux ? Indéniablement, le projet du réalisateur semblait, sur le papier, des plus intéressants dans le sens où il ne s'agissait nullement de réaliser trois fois le même film (ce qu'il n'a d'ailleurs pas fait) mais de l'élargir, chose à laquelle répond matériellement la notion de triptyque. Il faudrait donc tout d'abord arrêter, par respect envers le projet de Belvaux, de parler de trilogie. Les trois films enjoignent évidemment le spectateur à procéder à des comparaisons et à émettre, au sortir des différentes projections, un sentiment sur ce qu'il a vu, attend de voir ou ne verra plus. L'intérêt d'un tel procédé est de constater au sortir du premier ou deuxième long métrage, quels que soient les sentiments que l'on en retire, que les films et l'attente d'un dernier plaisir ne sont pas finis. Aurait-on cependant, une fois l'ultime générique achevé, trois fois plus de choses à penser ? Certes non et c'est bien là que le bas blesse. En effet, puisque les films sont traités différemment, Lucas Belvaux y a pris trois fois le soin (au niveau du cadrage, du rythme et du ton), l'envie de classement pointe son nez. Et force est de constater que si Cavale satisfait pleinement, Un couple épatant apparaît superflu ou lassant et Après la vie redondant voire inutile. En son système, le projet porterait donc ses limites. En excellant sur Cavale, Lucas Belvaux anéantit toute chance à son couple épatant (film où tout est faux, du jeu des acteurs au sujet de l'intrigue) et donne à Après la vie un goût de déjà vu mais en moins bien. Si on ne peut reprocher au réalisateur le bien-fondé de son projet, l'on finit par se demander si chaque film, au lieu d'enrichir les deux autres ne les anéantirait pas. Avec la force de ses silences, Cavale écrase les dialogues sans consistance d'Un couple épatant, assiège la douleur qui devrait émaner d'Après la vie et souligne finalement la caricature à laquelle conduit un tel procédé. Celle-là même qui réduit Ornella Mutti à une belle poitrine et un joli fessier mais achève son piètre jeu d'actrice (comprend-elle ce qu'elle a à dire d'ailleurs ?) ou ne semble pas vraiment en phase avec le vrai métier qu'est celui d'enseignant ; nos divers protagonistes féminins ressemblent d'ailleurs à tout sauf à des profs. De cette expérience, nous ne retiendrons donc que Cavale mais, ô outrage, nous devrons aussi nous apercevoir que nous n'aurons même pas été poussés à l'analyser. Le film le méritait pourtant mais à l'issue des trois projections, trop de personnages ont fini par nous en détourner. A force de trop vouloir en dire, l'on ne dit finalement rien et en voulant créer de l'espace (ne serait-ce pas là le vœu inavoué du cinéaste ?), l'on finit par étouffer le spectateur. Michel Marques
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