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BLUE GATE CROSSING
Taiwan/France, 2001, de Chih-yan Yee, avec Bo-lin Chen, Lun-mei Guey, Shu-hui Liang...
Pitch : Kerou, 17 ans, est lycéenne. Comme d'autres jeunes filles de son âge, elle se cherche, doute d'elle-même. Shihao est un jeune garçon séduisant et un peu rebelle que les filles adorent. Yuezhen, la meilleure amie de Kerou, en est folle amoureuse et demande à lui de s’approcher du jeune homme pour elle. Si Shihao pense surtout à gagner les championnats de natation de l'école, il est aussi très attiré par Kerou, dont le comportement l'intrigue. Un jour, cette dernière le rejoint à l'entraînement et, là, elle se décide à parler. Ce qu'elle lui révèle va le bouleverser et les deux adolescents vont ensemble goûter à l'âge adulte...

 

La Jeunesse perdue de Taiwan

    Blue Gate Crossing ressemble de près aux productions coréennes ou taiwanaises qui fleurissent ici et là sur les écrans français. Avec des occurrences à Memento Mori, sans en posséder cependant l’atmosphère malsaine, le film de Chih-yen Yee raconte un chassé-croisé amoureux où les diverses sexualités sont exprimées avec une subtilité poétique mais conflictuelle. Dans cet environnement adolescent, le lycée devient le huis clos où prennent place les sempiternelles luttes de popularité. Montrer avec inventivité les rivalités inhérentes à cet univers pourtant uniformisé est sans doute le plus beau défi relevé par Yee. Au cœur de cet établissement grouillant d’élèves copiés/collés aux prétentions proches de l’absurde tant elles sont déjà tracées par ce destin qui les effraie, trois personnages viennent s’intercaler pour essayer de semer la zizanie dans un système immuable. Dans leur questionnement induit par l’âge et les préoccupations liées à la leur sexualité encore trouble, Kirou, Yuezhen et Zhang Shihao forment le triangle amoureux qui a été le ressort de nombreux films asiatiques ces dernières années.

    La situation sociale qui baigne leur entourage, les rapports ténus entre les générations et l’illusion effilochée d’un avenir brillant se mêlent au récit pour compliquer leur quête de réponses. Homosexualité et amours croisées, semblables à des aimants qui se chassent ou s’annulent, demeurent le lien continu du film. Malheureusement la confusion des genres se perd dans une lucidité effrayante. Taiwan est comme l’appendice fluet de la grande Chine et les personnages se perdent dans une amertume que rien ne vient sauver sinon quelques escapades sur la plage. Cette adolescence brisée est secouée entre l’acceptation d’un futur miroir de celui de leurs parents au même âge et l’envie de s’affranchir d’une tradition qui les asservit. Blue Gate Crossing est un film sur cette jeunesse perdue qui subit les effets de la transition fragile qui s’opère à Taiwan. Yee parvient à rendre son film très agréable à voir mais sans réussir à surpasser ceux qui l’ont précédé. Yannick Deplaedt

 

 

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

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