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BLACK HAWK DOWN (LA CHUTE DU FAUCON NOIR)
U.S.A., 2001, de Ridley Scott, avec Josh Hartnett, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Eric Bana, William Fichtner...
Pitch : Au début des années 90, la Somalie est engluée dans une guerre civile sans fin. Les clans se multiplient, le chaos politique devient total et, comme souvent, la population est la première victime. Le 3 octobre 1993, sous l’égide de l’O.N.U, les Etats-Unis décident d’organiser une opération commando afin de capturer les deux principaux lieutenants d’un chef de guerre local. Mais leur mission, qui devait ne durer que 45 minutes, tourne à la catastrophe. Deux hélicoptères sont abattus, et les soldats au sol se retrouvent prisonniers, pourchassés par une foule exaltée et révoltée. De son Q.G, le général William Garrison ne peut que constater les dégâts. Sur le terrain, le jeune sergent des rangers Matt Eversmann doit prendre le commandement d’un détachement...

 

Du chaos au K.O.

    En 1992, les États-Unis décidèrent d’envoyer des troupes armées en Somalie, sous l’égide de l’ONU, afin d’assurer la distribution de l’aide alimentaire dans un pays frappé par la guerre civile. Décision généreuse et désintéressée ? Pas vraiment : lorsque les soldats débarquèrent, on apprit que Siad Barré, ancien dictateur, avait cédé des concessions pour l’exploitation de pétrole aux compagnies d’Outre Atlantique qui, auparavant, avaient financé la campagne de George Bush. Si la distribution alimentaire s’effectua tant bien que mal, les troupes durent riposter face aux attaques lancées par le général Aïdid. Des combats éclatèrent à Mogadiscio et à l’aide initiale succéda une répression sans pitié. Selon les journalistes présents, l’armée américaine exécuta de nombreux civils et quand l’ONU quitta le terrain en 95, la paix n’avait pas été rétablie.

    Black Hawk Down (La chute du faucon noir) s’inspire d’un best-seller de Mark Bowden qui relate, entre autres, la journée noire du 3 Octobre 1993 au cours de laquelle l’armée fut mise en déroute par les somaliens. L’opération (la capture des lieutenants d’Aïdi) devait durer une heure. Elle se prolongea jusqu’au lendemain et dix-neuf soldats perdirent la vie.

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’adaptation laisse rêveur. En choisissant de n’adopter que le point de vue de l’armée américaine, Ridley Scott et le producteur Jerry Bruckheimer ont retiré à leur projet toute crédibilité historique. On ne connaît jamais l’identité des noirs qui affrontent les rangers. Les ennemis de Black Hawk Down surgissent comme des indiens anonymes, tout droit sortis d’un western des années trente. Les auteurs semblent parfois vouloir rendre un hommage à Alamo (1961) ; célèbre fresque sur l’échec, explicitement cité lorsque Ron Eldard, la jambe cassée, continue à se battre (mimant Richard Widmark dans le film réalisé par John Wayne).

    A aucun moment, Scott ne semble s’intéresser à ses personnages qui sont autant de clichés ambulants (" Tu diras à mes parents que je me suis bien battu " martèle une recrue agonisante) . Ce qui a en revanche stimulé le cinéaste, c’est le principe de rendre compte d’une déroute militaire, d’un fiasco total. Black Hawk Down tire sa force d’une mise en scène tendue, dépositaire d’une efficacité dont on ne le croyait plus capable. La ligne est droite, se met à onduler puis se transforme en une courbe incontrôlable. Cette quête du désordonné et du chaotique, incongrue dans Gladiator, possède par endroits un impact indéniable. Exercice de mise en scène donc mais dépourvu de cœur puisque rien n’est dit sur le drame somalien et les véritables enjeux du conflit. Black Hawk Down nous en apprend plus sur Jerry Bruckheimer qui ne voit ces derniers temps que deux thèmes moteurs à l’entertainment : le succès éclatant (Coyote Ugly, Remember the Titans) ou l’échec tout aussi cuisant (mais momentané !), témoins Pearl Harbor et ce film ci. Nul doute qu’enfant, notre homme devait apprécier les beaux jouets. Mais, curieusement, il devait aussi beaucoup aimer les casser. Gautier Denneulin

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

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