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BATTLE ROYALE
Japon, 2001, de Kinji Fukasaku, avec Takeshi Kitano, Fujiwara Tatsuya, Maeda Aki...
Pitch : Rien ne va plus en contrée nippone. Principal problème : la jeunesse ne respecte plus les anciens, se contrefiche des études, bafoue les règles et pratique au quotidien une violence dangereuse. Pour remédier à ce problème, une loi a été créée : la Battle Royale. Tous les ans, une classe de dernière année est tirée au sort, et les collégiens la composant doivent s’affronter trois jours durant sur une île déserte, sous la houlette d’un professeur passé maître de cérémonie. Sont fournis aux élèves armes, cartes et boussoles. Pour le reste, tous les coups sont permis. A l’issue des trois jours, ne restera qu’un survivant, qui pourra rentrer chez lui. Le jeu commence...

 

Là où ça fait mal !

    Le début, tout comme la première partie du film de Kenji Fukasaku sont à couper le souffle. C'est à la limite si l'on arrive à croire qu'une telle idée ait pu être développée au cinéma. Elle n'aurait sans aucun doute pu voir le jour en France où toucher un cheveux d'un adolescent (d'autant plus appartenant à la middle class) revient en fin de compte à emballer ces chers parents, eux aussi spectateurs. Il était d'ailleurs paradoxalement stupide qu'un film dont le thème semble ouvrir la discussion entre adultes et adolescents fût interdit, sur notre territoire, aux moins de seize ans ! Censure, quand tu nous tiens !

    Battle Royale, lui, annonce d'entrée la couleur : la jeunesse nippone est devenue désinvolte, bafoue les traditions et le respect envers les adultes. Le taureau doit donc être pris par les cornes. De manière radicale, on traite alors le mal par le mal. Non seulement, l'on va jouer avec ceux qui s'amusaient à maltraiter les codes de bonne conduite mais, en plus, on va sadiquement observer ces rebelles émanant d'une classe sociale bourgeoise s'entretuer jusqu'au dernier. Et tout cela en étalant la jouissance du spectacle sur trois journée (le temps de la partie). 

    Dès le début, l'on a donc l'impression d'assister à un film subversif qui prendrait à rebrousse-poil la nonchalance d'une société assistant, muette, à sa propre décadence. Cependant, un doute s'immisce rapidement et l'on se demande alors si le film brandira le glaive levé vers le ciel jusqu'à la fin. Mais si Battle Royale est un film qui fonctionne sur le mode de l'exemple, détaillé en long et en large (vous allez voir ce dont on est capable, bande de petits cons !), il n'est pas un film exemplaire. En effet, à l'intérieur même de son principe, Battle Royale est à lui seul le symbole d'un échec, celui d'une société. Société qui fantasme peut-être la réaction qu'elle devrait avoir pour s'en remettre en fin de compte à l'autodestruction ou au suicide (la présence de Kitano incarnant un personnage sous son propre nom est très révélatrice de cet état d'esprit). Avoir recours à une fiction caricaturale pour stigmatiser les limites d'une société dépassée par ce qu'elle a elle-même créé ou plutôt élevé indique combien Battle Royale soulève un problème sans vraiment chercher à le régler.

    Pourtant, cette reconnaissance de l'échec est bien présente dans les dernières minutes du film où Kitano (le personnage comme l'acteur) ne tire aucune morale de ce qui vient d'être traité. Il s'efface, avoue en cela son renoncement et celui du réalisateur comme si la lutte était finalement vaine. On s'est battu pour l'exemple mais les choses vont reprendre leur place et l'adolescence poursuivre sa destruction d'un monde qu'elle vomit. Seul problème, une question de taille n'a pas été posée : comment adolescents et adultes auraient-ils pu se retrouver sur un terrain de discussion (à défaut d'entente) ? Cela aurait pourtant pu être le sujet du film. Reconduisant, perplexe, le spectateur au seuil de la salle, Battle Royale s'est alors contenté d'offrir un défoulement à défaut d'une catharsis. Michel Marques

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

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