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ATLANTIS : THE LOST EMPIRE (ATLANTIDE, L'EMPIRE PERDU) La tête et les jambes Ce qu’Atlantis comprend de plus intéressant – par rapport aux canons établis par Disney – se condense dans le personnage principal, et omniprésent, de l’histoire : Milo James Thatch (auquel l’acteur Michael J. Fox a prêté sa voix : le héros s’apparente d’ailleurs à une synthèse de Doc et Marty, les deux protagonistes de la série Retour vers le futur). Indiscutablement, Thatch se singularise dans la lignée des héros imposés par la firme. Il ne possède ni le sex appeal, ni les muscles ou la malice attendus et symbolise ce que les américains désignent par le terme " nerd ", soit le premier de la classe à lunettes incapable d’adresser la parole à une fille. Les concepteurs d’Atlantis ont donc choisi de faire passer sur le devant de la scène une figure dite ingrate. La deuxième séquence du film est révélatrice : elle montre Thatch dévoiler l’histoire de la cité avec enthousiasme mais aussi tous les tics du conférencier. Le héros fait face à la caméra, autant au spectateur qu’à son auditoire supposé dont on découvre, sitôt la lumière rallumée, qu’il ne se compose que de mannequins et d’un squelette. De même, durant l’expédition, Thatch a toutes les peines du monde à séduire ses comparses, à s’intégrer dans l’équipe. L’enjeu était modeste mais attachant : Thatch doit se faire une place au sein du groupe mais aussi dans l’esprit des spectateurs. A intervalles réguliers, le film évoque l’opposition entre deux mondes : d’un côté, celui des scientifiques représentant de l’intellect, de l’autre celui des militaires détenteur d’un contrôle douteux. Héritière de The Thing From Another World (La chose d’un autre monde, 1951) de Christian Nyby, cette problématique n’a rien de puissamment originale mais retient l’attention dans le cadre d’un dessin animé, surtout quand on sait que la figure de " l’intellectuel universitaire " est souvent tournée en dérision par le cinéma américain quand elle n’est pas supplantée au profit de l’homme de terrain. Aussi touchant que crédible, Thatch s’agite, fait avancer l’équipe et l’on a le sentiment que son animation se perfectionne encore, qu’enthousiasme et maladresse vont définitivement l’emporter sur le bulldozer et l’esprit belliciste. Gautier Denneulin
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