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ATANARJUAT THE FAST RUNNER (ATANARJUAT, LA LEGENDE DE L'HOMME RAPIDE)
Nunavut/Canada, 2001, de Zacharias Kunuk, avec Natar Ungalaaq, Peter Arnatiaq, Sylvia Ivalu, Lucy Tulugarjuk, Paul Qulitalik, Madeline Ivalu
Pitch : Dans une petite communauté d’Inuits nomades, deux frères s’imposent pour défier le mal qui divise le groupe depuis 20 ans : Amaqjuaq, l’homme fort, et Atanarjuat, l’homme rapide. Atanarjuat gagne la main de la belle Atuat au détriment d’Oki, le fils du chef, qui jure de se venger. Oki tend une embuscade aux deux frères dans leur sommeil et tue Amaqjuaq. Atanarjuat, lui, s’échappe miraculeusement en courant nu vers l’horizon qui surplombe la banquise. Afin de retrouver le fil de son destin, Atanarjuat devra s'engager dans une quête spirituelle et apprendre à affronter ses ennemis tant humains que surhumains.

 

Plein feu sur la banquise

    Voilà un film que l’on attendait avec impatience, premier film inuit de l’Histoire du cinéma, remarqué au dernier festival de Cannes avec une caméra d’or. Beaucoup d’impatience et beaucoup de surprises autour de ce film. Il faut avouer que j’attendais naïvement un film sur les grands espaces, les solitudes glacées, beaucoup d’exotisme et un peu de contemplatif, alors que ce film se situe tout à fait ailleurs.

    C’est un grand film d’aventures ou se mêlent tous les sentiments humains. Il y a de l’amour, de la haine, des héros, des traîtres, des drames, tous les ingrédients d’un bon western ou d’un grand film d’aventures. Il ne faut pas se laisser impressionner par la durée du film (2h50), on ne s’ennuie jamais car il y a un réel suspense et l’action tient le spectateur en éveil, et même si le début du film est un peu obscur, très vite on se passionne pour le destin d’Atanarjuat.

    Tout commence dans un Igloo où toute la communauté est réunie, on sent qu’il y a un mauvais esprit, un chaman, perturbe celle-ci. Le père d'Atanarjuat est rejeté par toute la communauté, piètre chasseur, il peine à nourrir sa femme et ses deux enfants (Amaqjuaq et Atanarjuat) et les autres membres de la communauté lui donnent les restes de leurs repas pour mieux les humilier. Nous retrouvons cette communauté quelques années plus tard, les deux frères s'imposent pour défier le mal qui divise le groupe : Amaqjuaq, l'homme fort, et Atanarjuat, l'homme rapide. Atanarjuat gagne la main de Atuat, une jeune fille qui va se marier, au détriment d'Oki, le fils du chef, qui jure de se venger. Cette rivalité va alors réveiller les vieux démons de la tribu.

    Ce qui est remarquable dans ce film, c'est que nous sommes loin d’un exotisme pour Européens en mal d’aventures. Les protagonistes du film, même si les conditions de vie sont différentes, ont les mêmes soucis que partout ailleurs dans le monde : il faut manger, s’habiller (dans cet environnement hostile ces deux activités se révèlent primordiales), être aimé, diriger, travailler, etc. Bref, mener une vie moderne. Malheureusement la vie des Inuits telle qu’elle nous est montrée dans ce film n’existe plus. Dans les années 1960 le gouvernement canadien a donné aux Inuits la possibilité de rejoindre les villes et le monde occidental.

    Et c’est en cela que ce film est important : premier film inuit, c’est surtout un retour sur une civilisation disparue, retour effectué par les enfants de cette civilisation disparue. Zacharias Kunuk, le metteur en scène, et Paul Apak Angilirq le scénariste, ont écrit ce scénario à partir d’une légende de la tradition orale Inuit. Et il est frappant de voir à quel point cette histoire a des point communs avec les tragédies antiques ou même encore Dallas. Partout dans le monde, les hommes se sont battus et se battent encore pour le pouvoir ou pour les femmes. Partout il y a des J.R. et des Bobby, des bons et des méchants, et c’est en cela qu’Atanarjuat est une histoire moderne .

    Ce film est aussi une prouesse technique car tourner dans la neige et le froid n’est pas chose facile, dans un pays où la lumière est rare et changeante et où les raccords lumière deviennent donc un véritable casse-tête. Même si les paysages magnifient les plans, le réalisateur passe très facilement des plans serrés sur les visages aux plans très larges sur la banquise. Sans se laisser impressionner par la majesté des paysages, il filme avec l’œil de ceux qui connaissent et aiment leur décor, il nous montre une histoire à la hauteur de cette civilisation en partie disparue. Frédéric Billion

 

 


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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches